En français:
Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II: Message de Noël
Regard et propos sur la vie de l'Eglise suite à l'appel lancé par le Patriarche Alexis II pour la création d'une métropole autonome
Auf Deutsch:
Patriarch von Moskau und der ganzen Rus' Aleksij II.: Weihnachtsbotschaft
Bischof Hilarion von Wien und Österreich: Die Orthodoxie im Neuen Europa
In English:
Patriarch Alexy II of Moscow and All Russia: An Appeal to Metropolitan Laurus and the Bishops' Council of the Russian Church Outside Russia
President Vladimir Putin Met Religious Leaders of Azerbaijan, Armenia, Georgia and Russia
In memory of Metropolitan Pitirim of Volokolamsk and Yuriev
German Lutherans Reject the Sale of Disused Churches to Muslims
Letters to the Editor / Lettres à l'éditeur
Message de Noël du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II aux hiérarques, aux pasteurs, aux moines et à tous les fidèles enfants de l'Eglise Orthodoxe Russe (2003/2004)
Le ciel et la terre se réunissent aujourd’hui, le Christ naît;
En ce jour Dieu vient sur terre, et l’homme est élevé au Ciel.
Stichère de la litie de la Nativité du Christ
Bien-aimés en Christ, vénérables hiérarques, pasteurs aimant Dieu, honorables moines et moniales, chers frères et soeurs!
Le Seigneur, dans Sa grâce infinie, nous accorde à nouveau la joie de célébrer la Nativité du Christ. Notre Eglise se réjouit de l’Enfant-Dieu Jésus avec le monde angélique, avec l’Eglise céleste où les saints et les bienheureux, les martyrs et les justes glorifient le Fils de Dieu Incarné.
Le mystère de l’Incarnation est grand et impénétrable. Silencieusement et humblement, le Dieu-homme est entré dans notre monde de péché, mais avec Sa Venue, ce monde a changé pour toujours. L’amour divin, incarné, élevé sur la Croix, a accordé à toute l’humanité la transfiguration et le salut. «Je vois un enfant, je reconnais mon Dieu, dit saint Cyrille de Jérusalem. Un enfant buvant du lait, mais nourrissant le monde. Un enfant pleurant, mais donnant au monde la vie et la joie. Un enfant emmailloté, mais me libérant des liens du péché. Un enfant dans les bras de sa mère – véritablement et effectivement sur terre – et le Même dans le sein de son Père, véritablement et effectivement aux Cieux.»
L’étoile de Bethléem luit pour l’humanité depuis plus de deux mille ans. Elle a indiqué le chemin vers le Christ à de nombreux peuples. Il y a dix siècles, l’ont également suivie nos ancêtres, confiant les destinées de la Russie entre les mains de Dieu. La foi en le Seigneur, «conçu de l’Esprit Saint et de la Vierge Marie, et incarné» est devenue pour toujours le fondement de la vie de millions de gens, peuplant notre patrie et appartenant à notre tradition spirituelle.
La présente fête ravive avec une nouvelle force notre foi, notre espérance et notre amour. Car l’Incarnation est le «grand mystère de la piété» (1 Tim. 3, 16), qui nous ouvre le chemin vers la Vie éternelle, vers le triomphe de la vérité et du bien. L’Incarnation, c’est un don de Dieu à l’humanité: accueillant le Christ, celle-ci participe à Sa grâce, Sa force, Sa gloire, Sa vérité et Son amour.
Renaissant dans la Christ, l’homme, «fruit de la colère de Dieu, devient enfant bien-aimé de Dieu» – selon l’expression de saint Tikhon, patriarche de toute la Russie –. Rendons donc grâce à Dieu pour Sa miséricorde envers nous, pour le miracle incessant du salut, pour le fait qu’aujourd’hui encore, nous sommes conduits par l’étoile de Bethléem par les chemins épineux de ce monde vers le Royaume éternel de Dieu.
Chers frères et soeurs en Christ! L’année écoulée nous a apporté beaucoup d’événements heureux. L’Eglise et la société ont commémoré le 700e anniversaire de la naissance au ciel du saint prince Daniel de Moscou. Des célébrations religieuses ont marqué le 300e anniversaire de Saint-Pétersbourg. Avec un élan spirituel particulier, nous avons célébré le grand jubilé de la canonisation de saint Séraphim de Sarov. Les solennités à Sarov et Divéévo, que j’ai présidées, resteront à jamais dans les mémoires, par leur affluence sans précédent de pèlerins, la présence de délégations de toutes les Eglises Orthodoxes locales, la participation du Président de Russie et de nombreux responsables politiques et sociaux. Comme il y a cent ans, les solennités de Sarov ont rassemblé l’Eglise, le peuple et les autorités. Je crois que par les prières du fondateur de Moscou, le saint prince Daniel, et du staretz de toute la Russie, le bienheureux Séraphim, notre Eglise et notre peuple seront irréductibles.
Les habitants de nombreuses villes de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, ont pu vénérer les saintes reliques du saint Apôtre André le Premier-appelé, amenées depuis la Sainte Montagne de l’Athos. Elles ont aussi été reçues avec joie par les marins, qui vénèrent le premier disciple du Christ comme protecteur céleste de la Flotte. A Ekaterinbourg, une église «sur le sang versé» fut consacrée lors du 85e anniversaire du meurtre inique des saints membres de la Famille impériale «ayant souffert la passion».
En septembre dernier le Seigneur m’a permis de visiter la terre, chère à mon coeur, d’Estonie, pays où je suis né, où j’ai grandi dans la foi et le service de l’Eglise, et dont j’ai ensuite longtemps été l’évêque diocésain.
Notre Eglise vit un temps bienheureux de renaissance. Des églises et des monastères se construisent et se restaurent. De plus en plus d’enfants et d’adultes s’instruisent des vérités de la foi. Les missionnaires orthodoxes sortent des églises pour aller à la rencontre des gens, atteignant les endroits les plus reculés de notre terre. Beaucoup d’actes de charité sont accomplis. Les valeurs morales chrétiennes ont commencé à influencer visiblement la vie de la société, grâce notamment aux efforts de millions de fidèles. La voix de la Sainte Eglise est de plus en plus fréquemment écoutée par le monde laïc. Le partenariat de l’Eglise, de l’Etat et des différentes associations civiles acquiert des bases solides. Nous menons un dialogue délicat mais productif avec les chrétiens hétérodoxes, les personnes d’autres religions et convictions.
En même temps, la vie nous apporte des souffrances. En beaucoup d’endroits du monde, y compris sur notre terre, le sang a coulé cette année, et la terreur a touché nos fidèles. Les ennemis de l’Eglise Orthodoxe ont calomnié celle-ci, ont outragé les trésors les plus sacrés du peuple. Tout cela a meurtri mon cœur. Mais en même temps, je me suis réjoui, voyant avec quelle dignité nos hiérarques, pasteurs et fidèles réagissent à ces défis du prince de ce monde. Rappelons-nous: rien ni personne ne peut nous ébranler, si nous sommes fermes dans la foi et fidèles à la volonté de Dieu.
Bien-aimés! Saint Innocent de Chersonèse dit: pour accueillir dignement la Nativité du Seigneur et Sauveur, il faut «s’unir à Lui de tout notre être, Lui permettre de S’installer dans notre esprit et notre coeur, et commencer à vivre de Sa sainte vie.» La foi doit devenir le centre de tout notre être. La grâce divine, offerte dans la véritable Eglise, est la principale source des forces nécessaires au combat spirituel contre le péché et le vice, combat qui, selon saint Théophane le Reclus, «exige de l’énergie, du courage et de la patience».
Illuminés par l’Esprit du Christ, nous pouvons transfigurer le monde environnant. Que nos prières, nos paroles et nos actes aident à la renaissance spirituelle des peuples, apportent la paix et la joie à tous les hommes que nous côtoyons. Annonçons la vérité du Christ à nos proches et aux personnes plus éloignées. Accomplissons le commandement du saint Apôtre Pierre: «Mettez-vous au service les uns des autres, chacun selon la grâce reçue, comme de bons intendants de la grâce multiple de Dieu» (1 Pi. 4, 10).
Entrant dans cette nouvelle année 2004, prions pour que l’année nouvelle par la grâce de Dieu soit paisible, créatrice et fructueuse pour la Sainte Eglise du Christ, notre patrie et pour nous tous.
Je félicite de tout coeur chacun de vous, mes très chers, à l’occasion de la grande fête de la Nativité du Christ. Que le Seigneur vous envoie la joie parfaite, qu’Il vous accorde la paix, la santé, la prospérité et Son aide toute-puissante. A la suite de saint Basile, je vous appelle: «Venez, adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers et réjouissons-nous avec les anges». Amen.
Traduction française du diacre Serge Model
Regard et propos sur la vie de l'Eglise suite à l'appel lancé par le Patriarche Alexis II pour la création d'une métropole autonome
Contribution au débat sur l’avenir de l’Exarchat des paroisses d’origine russe en Europe occidentale et la création d’une Église Orthodoxe locale en Europe occidentale
Séraphin Rehbinder
L’appel récemment lancé par le patriarche de Moscou, pour la création d’une Métropole autonome par la réunion des trois juridictions issues de l’émigration russe, a provoqué un débat qui, jusqu’à présent, ne m’a pas paru aller au fond des choses.
Aussi en tant que membre de l’Exarchat et, plus généralement, orthodoxe d’origine russe, vivant en Europe occidentale, je me risquerais à apporter ma contribution. Il me semble que pour faire avancer le débat nous devons: reconnaître notre héritage et lui rester fidèles, être biens conscients de notre situation actuelle, examiner jusqu’au bout les propositions du patriarche de Moscou, imaginer un chemin possible vers l’Église locale.
Nous devons assumer l’héritage que nous avons reçu de nos pères
Nous avons reçu de l’Eglise russe, qui nourrissait nos pères, et de nos prédécesseurs dans l’émigration, un immense héritage: la foi tout d’abord, mais aussi une vénération particulière pour nos saints, Saint Serge, Saint Séraphin, puis Saint Jean de Cronstadt, Saint Tikhon…, une certaine façon de célébrer la liturgie, des mélodies issues de vieilles traditions (et malheureusement aussi de chants d’opéra italiens), un renouveau théologique et bien d’autres choses encore, parmi lesquelles de belles églises comme celle de la rue Daru, la cathédrale de Nice, les églises de Biarritz et de Florence, etc.… Nous avons largement ouvert cet héritage à qui voulait bien s’y intéresser. Mais nous sommes, tout de même, comptables de cet héritage, et tous ceux qui y participent avec nous, le sont aussi.
Dans l’état actuel des choses, qu’on le veuille ou non, l’organisation de l’Eglise Orthodoxe en Europe Occidentale est fondée sur des diocèses ethniques, rattachés à différentes Eglises autocéphales (pire, ces Eglises semblent se satisfaire pleinement de cette situation et aucun véritable progrès vers une organisation canonique ne peut être observé. L’assemblée des évêques est certainement une bonne chose, mais elle n’est en rien une instance ecclésiale. Et tous les efforts de la Fraternité, pour louables qu’ils soient, n’ont pas fait bouger d’un pouce la position des Eglise mères).
Dans ces conditions, le passage du Métropolite Euloge sous la juridiction du siège de Constantinople n’était légitime, que parce qu’il était dans l’impossibilité de faire autrement. Mais ne pas reconsidérer ce passage quand la dite impossibilité a disparu, c’est changer de juridiction pour convenance personnelle, attitude que j’ai toujours trouvée condamnable. Cet argument est paradoxal et peut être difficile à expliquer, mais pour ma part, je pense qu’il mérite mûre réflexion.
Certes, bien des chose ont changés, mais l’avenir de notre diocèse ne peut être réglé qu’en accord avec l’Eglise russe (et aussi d’ailleurs avec l’Eglise de Constantinople), si nous voulons être fidèles à notre héritage.
Quelle est exactement notre situation actuelle?
À écouter les arguments des uns et des autres, on finit par avoir l’impression que, rester dans notre situation actuelle, serait canoniquement juste et, répondre positivement à la proposition du patriarcat de Moscou, serait verser gravement dans l’hérésie ethno-phylétisme.
Mais quelle est donc notre situation actuelle? Nous sommes un diocèse (exarchat) ethnique (paroisses d’origine russe) en Europe occidentale, rattaché à un patriarcat, qui entretient par ailleurs, sur la même étendue géographique, des diocèses non moins ethniques (grecs) selon le principe territorial. On ne saurait trouver situation plus absurde au regard de la logique canonique, si l’on n’admet pas que cette situation est provisoire, et ne saurait se prolonger. Et le fait que nous ne soyons, peut-être, plus majoritairement russes ne change rien à l’affaire, il suffit de remplacer paroisses d’origine russe par paroisses «non grecques».
Par ailleurs, il est tenu pour acquis que nous jouissons, vis-à-vis de Constantinople, d’une parfaite autonomie. C’est faux; récemment, le synode de Constantinople a interdit à feu l’archevêque Serge (Konovaloff) tout contact avec l’Eglise russe. Par ailleurs, l’histoire récente a montré que la politique du patriarcat de Constantinople, à notre égard, était surtout déterminée par ses propres relations avec le patriarcat de Moscou. Naguère, le patriarcat de Constantinople nous a retiré son omophore et nous a engagé à retourner dans la juridiction de Moscou, à un moment où cela était encore tout à fait impossible. Nous avons alors erré, sans aucun rattachement, pendant plusieurs années. Puis Constantinople nous a repris dans sa métropole de France, sans aucune autonomie, tout en laissant croire, à l’intérieur de l’archiépiscopie, que cette autonomie était maintenue, dans une parfaite hypocrisie, entretenue des deux côtés d’ailleurs. Enfin, récemment, l’exarchat a été rétabli, sans doute, cette fois, dans le souci de s’opposer à des velléités de retour à Moscou.
Enfin, je crois observer que le patriarcat de Constantinople, auquel nous appartenons actuellement, est plutôt opposé l’idée de la création d’Églises locales dans la diaspora. La déposition de Métropolite Iakovos aux USA me confirme dans cette opinion (de l’avis général, son remplacement était motivé par son action en faveur du regroupement de toutes les juridictions existant en Amérique en une seule Eglise). Je comprends néanmoins parfaitement que ce patriarcat estime mieux assurer sa survie face à la pression des Turcs en gardant les diocèses de la diaspora grecque.
Au total donc notre situation actuelle n’apparaît satisfaisante ni sur le plan de la conformité aux canons, ni sur celui de notre stabilité, ni même sur celui de notre autonomie ou de notre avancée vers l’Église locale.
Quelles sont exactement les propositions du Patriarche de Moscou?
J’ai dit, tout à l’heure, que pour rester fidèles à notre héritage nous ne pouvions envisager notre avenir qu’avec l’accord de l’Eglise russe. Ceci serait très certainement douloureux, si cette dernière nous appelait purement et simplement à la rejoindre comme un diocèse ordinaire de cette Eglise, ainsi que semblent l’avoir compris beaucoup de membres de notre exarchat. J’avoue qu’une telle solution ne m’aurait pas paru souhaitable. Mais, heureusement, Moscou semble avoir parfaitement compris que nous avions maintenant notre propre vie, très différente de la réalité russe actuelle (au passage il faut noter que, aussi bien le diocèse de Souroge – diocèse du patriarcat de Moscou en Grande Bretagne – que ceux de l’Eglise Russe Hors Frontière, du moins en Europe occidentale, paraissent avoir connu des évolutions peu ou prou semblables à celle que nous avons nous-même connu et vivent dans des problématiques voisines).
Si j’ai bien lu le texte émanant du Patriarche, celui-ci propose de créer, à partir des trois juridictions russes, une métropole autonome, fonctionnant suivant ses règles propres, autrement dit, sans changer nos règles de fonctionnement actuelles (au passage, quelle joie ce serait que de surmonter enfin le problème de l’existence des trois juridictions issues des russes qui a empoisonné toute notre vie!). Comble de bonheur, le Patriarche situe expressément cette démarche dans l’optique de l’Eglise locale.
J’analyse, pour ma part, cette proposition comme un évènement historique, dans ce sens que c’est la première action concrète d’une Eglise traditionnelle vers l’établissement d’une Eglise locale en Europe occidentale.
Mais beaucoup disent que cette prétendue autonomie n’est que de la poudre aux yeux, qu’en réalité le patriarcat de Moscou veut faire main basse sur notre diocèse, avec l’aide certainement du KGB, avec lequel la hiérarchie est pour le moins très proche, etc.… Bref, on ne peut absolument pas faire confiance à l’Eglise russe qui est arriérée et liée a un état voyou (j’exagère à peine). À ce sujet je peux faire deux remarques.
La première est que la démarche actuelle du Patriarche est en parfaite harmonie avec la tradition historique de l’Eglise russe. Les grands missionnaires russes, maintenant souvent canonisés, ont commencé par traduire les textes dans les langues locales (parfois les plus invraisemblables) puis ont semé les germes de véritables Églises locales. Par la suite, en Amérique, l’OCA (l’Eglise Orthodoxe d’Amérique) a reçu l’autocéphalie, sans drames ni ruptures (il est vrai que le maintien d’une juridiction russe en Amérique constitue une entorse grave à la logique canonique), et l’autonomie a été conférée à l’Église du Japon. Nous serions donc les troisièmes (ou énièmes) sur la liste.
La deuxième est que la confiance ne se décrète pas mais, qu’en l’occurrence, il n’est nul besoin de faire confiance à l’Eglise russe. La création de la métropole autonome ne pourrait se faire que par un accord public, dûment négocié, qui préciserait le contenu de l’autonomie et stipulerait qu’en cas de non observation des termes de l’accord, la métropole retrouverait sa liberté. Cet accord devrait préciser en outre que la métropole s’engagerait à répondre aux besoins des nouveaux émigrés russes, éventuellement avec l’aide de clercs, détachés du patriarcat de Moscou.
Imaginer un chemin possible vers l’Eglise locale
Comme je l’ai déjà dit, je considère que cette proposition est la première action concrète, d’une Eglise traditionnelle, vers la création d’une Église locale en Europe occidentale. A partir de là, rêvons un peu.
Si chaque Eglise traditionnelle, qui entretient un ou des diocèses en Europe occidentale, accordait l’autonomie à ces derniers, alors l’assemblée des évêques, qui ne serait toujours pas une instance ecclésiale, pourrait élaborer un projet à soumettre à la conscience de l’Eglise universelle. Ce projet pourrait prévoir un découpage de l’Europe occidentale en diocèses, qui seraient attribués à ses différents évêques. De plus, chacun d’eux, ou seulement certains, seraient investis d’une mission transversale, qui consisterait, sous l’autorité des évêques locaux, de s’occuper des paroisses ethniques issues de son église d’origine ainsi que des relations avec ladite Eglise. Ainsi, l’assemblée des évêques deviendrait le concile de l’Eglise locale qui élirait un Primat.
Concrètement, par exemple, l’évêque résident à Lyon serait grec, issu du patriarcat de Constan¬tinople. Il gouvernerait son diocèse, le sud de la France, composé de paroisses de toutes origines: russes, grecques, serbes, roumaines, françaises, mixtes, etc.… Par ailleurs, il s’occuperait, de façon fonctionnelle, des problèmes spécifiques de toutes les paroisses restées grecques de l’Eglise Orthodoxe en Europe Occidentale et des relations de cette dernière avec Constantinople.
Ce serait une organisation pleinement cano¬nique et, de façon originale, pleinement adaptée au caractère multiethnique de cette nouvelle Eglise, ce qui lui permettrait de naître et d’exister, en pleine harmonie avec les Églises traditionnelles.
Bien sûr, tout cela est un rêve, mais si l’on pouvait obtenir un consensus sur quelque chose de semblable, il serait beaucoup plus facile d’agir. Car il est plus facile d’avancer sur un chemin balisé, vers un objectif identifié, que de progresser vers un but flou par on ne sait quelle voie. Et surtout, le premier pas, serait fait.
Voilà, quels espoirs fous a déclenché, chez moi, l’initiative du Patriarche. On peut donc comprendre combien j’ai été étonné des réactions fades et pauvres de beaucoup de personnes. J’ai l’impression que les réactions sont purement émotionnelles, habillées a posteriori, d’arguments théologiques peu convaincants ou que beaucoup n’ont pas compris toutes les perspectives que pouvait ouvrir cette lettre. J’ai aussi l’impression que beaucoup de réactions sont déterminées par un rejet viscéral, et non rationnel, de l’Eglise russe, rejet dont il faudrait analyser les raisons profondes. Il serait dommage que tout cela occulte la perspective nouvelle qui s’offre à nous.
Weihnachtsbotschaft des Patriarchen von Moskau und der ganzen Rus' Aleksij II. an die Bischöfe, den Seelsorgeklerus, die Angehörigen des monastischen Standes und alle treuen Kinder der Russischen Orthodoxen Kirche (2003/2004)
Himmel und Erde sind heute vereint, da Christus geboren wurde:
Heute kam Gott auf die Erde, und der Mensch stieg zum Himmel empor.
Litia-Stichira zum Fest Christi Geburt
In Christo geliebte hochgeweihte Bischöfe, gottgeliebte Priester, ehrwürdige Mönche und Nonnen, liebe Brüder und Schwestern!
Der Herr schenkt uns in Seiner großen Güte wiederum die Freude der Feier der Geburt Christi. Unsere Kirche jubelt über das Göttliche Kind Jesus – sie jubelt gemeinsam mit der Welt der Engel, zusammen mit der Himmlischen Kirche, in der Hierarchen, ehrwürdige Mönche und Nonnen, Märtyrer und Gerechte den Mensch gewordenen Sohn Gottes verherrlichen.
Groß und tiefgründig ist das Geheimnis der Menschwerdung Gottes. Still und demütig trat der Gottmensch in unsere sündige Welt ein, aber durch Sein Kommen veränderte sich diese Welt für immer. Die Göttliche Liebe, die im Fleisch erschien und auf das Kreuz stieg, hat der gesamten Menschheit Verklärung und Heil geschenkt. „Ein Kind sehe ich – meinen Gott erkenne ich“, sagt der heilige Kyrillos von Jerusalem, „ein Kind, das Milch trinkt und die Welt nährt. Ein Kind, das weint und der Welt Leben und Freude schenkt. Ein Kind, das in Windeln gewickelt ist und mich von den Banden der Sünde befreit. Ein Kind in den Armen der Mutter, das im Fleisch wahrhaft und untrennbar auf Erden ist, und Denselben im Schoß des Vaters, wahrhaft und untrennbar im Himmel.“
Der Stern von Bethlehem leuchtet der Menschheit schon mehr als zweitausend Jahre. Er zeigte vielen Völkern den Weg zu Christus. Ihm folgten vor zehn Jahrhunderten auch unsere Vorfahren und legten das Geschick der Rus' in die Hände Gottes. Der Glaube an den Herrn, der „Fleisch angenommen hat vom Heiligen Geist und der Jungfrau Maria und Mensch geworden ist“, wurde für immer zur Lebensgrundlage von Millionen Menschen, die unser Vaterland bewohnen und zu unserer geistlichen Tradition gehören.
Das heutige Fest lässt in uns mit neuer Kraft Glaube, Hoffnung und Liebe wachsen. Denn die Menschwerdung Gottes ist das „große Geheimnis der Frömmigkeit“ (1 Tim 3,16), das uns den Weg ins Ewige Leben eröffnet hat, zum Triumph der Wahrheit und des Guten. Die Inkarnation Gottes ist das Geschenk Gottes an die Menschheit: Indem sie Christus aufnimmt, wird sie Seiner Gnade, Seiner Kraft, Seiner Herrlichkeit und Seiner Wahrheit und Liebe teilhaftig.
Wenn der Mensch in Christus neu geboren wird, wird er entsprechend dem Denken des heiligen Allrussischen Patriarchen Tichon „von einem Kind des Zornes Gottes zu einem von Gott geliebten Kind“. Wir wollen Gott für Sein Erbarmen uns gegenüber danken, für das unaufhörliche Wunder des Heils und dafür, dass wir auch heute durch den Stern von Bethlehem über die dornenreichen Wege dieser Welt zum ewigen Reich Gottes geführt werden.
Im Herrn geliebte Brüder und Schwestern! Das vergangene Jahr hat uns viele erfreuliche Ereignisse gebracht. Die Kirche und die Gesellschaft feierten den 700. Jahrestag des Heimganges des heiligen rechtgläubigen Fürsten Daniil von Moskau. Es fanden die kirchlichen Feierlichkeiten anlässlich des 300-jährigen Bestehens der Stadt St. Petersburg statt. Mit besonderer Begeisterung begingen wir die Feier des 100-jährigen Jubiläums der Kanonisierung des ehrwürdigen Serafim von Sarov. Die Festlichkeiten in Sarov und Diveevo, denen ich vorstand, werden uns durch den noch nie da gewesenen Pilgerstrom, durch die Anwesenheit von Delegationen aus allen Orthodoxen Landeskirchen und durch die Teilnahme des Präsidenten Russlands und vieler staatlicher und gesellschaftlicher Persönlichkeiten immer in Erinnerung bleiben. So wie vor einhundert Jahren haben die Feierlichkeiten von Sarov die Kirche, das Volk und die Staatsmacht vereint. Ich glaube, dass durch die Gebete des Errichters Moskaus, des rechtgläubigen Fürsten Daniil, und des allrussischen Starzen, des ehrwürdigen Serafim, unsere Kirche und unser Volk unüberwindlich bestehen werden.
Die Bewohner vieler Städte Russlands, der Ukraine und Belorusslands hatten die Möglichkeit, die ehrwürdigen Reliquien des heiligen Apostels Andreas des Erstberufenen zu verehren. Mit Freude wurden sie durch die Marinesoldaten empfangen, die den ersten Jünger Christi als den himmlischen Schutzherrn der Flotte verehren. In Ekaterinburg wurde zum 85. Jahrestag der gesetzlosen Ermordung der heiligen Dulder aus der Zarenfamilie eine Kirche „auf dem Blut“ geweiht.
Im September des vergangenen Jahres ließ mich der Herr das meinem Herzen teure Estland besuchen – das Land, in dem ich geboren wurde, im Glauben und kirchlichen Dienst aufwuchs und danach viele Jahre als Diözesanbischof wirkte.
Unsere Kirche erlebt eine erfreuliche Zeit der Wiedergeburt. Kirchen und heilige Klöster werden gebaut und wiederhergestellt. Immer mehr Kinder und Erwachsene lernen die Wahrheiten des Glaubens. Orthodoxe Missionare verlassen die Kirchen und gehen den Menschen entgegen, wobei sie die entlegensten Winkel unseres Landes erreichen. Viele Werke der Barmherzigkeit werden vollbracht. Die christlichen moralischen Werte begannen das Leben der Gesellschaft merklich zu beeinflussen, auch dank der Bemühungen von Millionen Laien. Immer häufiger hört die säkulare Welt auf die Stimme der Heiligen Kirche. Die Partnerschaft von Kirche, Staat und verschiedenen bürgerlichen Institutionen gewinnt ein festes Fundament. Wir führen einen nicht leichten, aber fruchtbringenden Dialog mit andersgläubigen Christen und mit Menschen anderer Religionen und Überzeugungen.
Zur selben Zeit bringt uns das Leben aber auch Betrübliches. An vielen Orten der Welt – einschließlich unseres Landes – floss im vergangenen Jahr Blut, das Übel des Terrors hat auch meine Herde nicht verschont. Gegner der Orthodoxen Kirche haben diese geschmäht und Heiligtümer des Volkes entweiht. All das hat meinem Herzen Schmerz bereitet. Aber gleichzeitig freute ich mich, da ich sah, wie würdig unsere Bischöfe, Priester und Laien auf die Herausforderungen dieser bösen Welt reagieren. Wir wollen uns erinnern: Nichts und niemand wird uns erschüttern, wenn wir stark im Glauben sind und uns dem Willen Gottes anvertrauen.
Geliebte! Der heilige Erzbischof Innokentij von Cherson sagt: Um die Geburt des Herrn und Erlösers würdig feiern zu können, müssen wir uns „mit Ihm mit unserem ganzen Wesen vereinen, Ihm Wohnung in unserem Geist und Herzen geben und Sein allheiliges Leben zu leben beginnen“. Der Glaube muss der Mittelpunkt unserer gesamten Existenz werden. Die Gnade Gottes, die in der wahren Kirche gegeben wird, ist die Hauptquelle der Kraft für den geistlichen Kampf gegen Sünde und Laster, der entsprechend dem Denken des heiligen Bischofs Feofoan des Klausners „Energie, Mut und Geduld erfordert“.
Durch den Geist Christi erleuchtet, können wir die uns umgebende Welt verklären. Mögen unsere Gebete, Worte und Taten der geistlichen Wiedergeburt der Völker förderlich sein, mögen sie allen Menschen, die mit uns in Berührung kommen, Friede und Freude bringen! Wir werden die Wahrheit Christi den Nahen und Fernen verkünden. Wir wollen das Vermächtnis des heiligen Apostels Petrus erfüllen: „Dient einander als gute Verwalter der vielfältigen Gnade Gottes, jeder mit der Gabe, die er empfangen hat“ (1 Petr 4, 10).
An der Schwelle ins neue Jahr 2004 wollen wir beten, dass das kommende Jahr der Güte Gottes friedvoll und für die Heilige Kirche Christi, unser Vaterland und für uns alle kreativ und glücklich sein möge.
Von Herzen beglückwünsche ich jeden von euch, meine Lieben, zum großen Fest der Geburt Christi. Der Herr möge euch vollkommene Freude herabsenden, Er möge euch mit Frieden, Gesundheit, Wohlergehen und Seiner machtvollen Hilfe segnen. Zusammen mit dem heiligen Basilios dem Großen rufe ich euch jetzt zu: „Kommt, beten wir an zusammen mit den Weisen, verehren wir zusammen mit den Hirten und jubeln wir zusammen mit den Engeln!“ Amen.
Übersetzung aus dem Russischen: DDr. Johann Krammer
Die Orthodoxie im Neuen Europa: Probleme und Perspektiven
Vortrag des Bischofs von Wien und Österreich Hilarion im Stift St. Peter in Salzburg am 11.Dezember 2003
Im Bewusstsein vieler Menschen ist Europa vorzugsweise mit katholischen und protestantischen Traditionen verbunden. Im letzter Zeit kam auch der Islam dazu, der in den Massenmedien ein Objekt genauester Betrachtungen wurde, denn diese versuchen die Folgen eines Wachsens der Zahl der Gläubigen dieser Religion in den Ländern Europas vorauszusagen. Über die Orthodoxie und ihre Rolle bei der Herausbildung einer Europäischen Identität wird wenig nachgedacht und noch weniger gesprochen. Sogar der Begriff „Orthodox“ wird von vielen eher mit dem Judentum assoziiert als mit dem Christentum.
Das orthodoxe Christentum war jedoch im Verlauf vieler Jahrhunderte und ist immer noch ein unabdingbarer Bestandteil der europäischen Identität. Dies wird nicht nur untermauert durch die Zahl der orthodoxen Gläubigen, die in den Ländern der Alten Welt leben, sondern auch durch den Beitrag, den das orthodoxe Christentum bei der Entwicklung der Europäischen Kultur und des europäischen Geisteslebens geleistet hat und weiterhin leistet.
Statistische Angaben
Es gibt insgesamt auf der Welt fünfzehn autokephale Orthodoxe Landeskirchen, die Gesamtzahl ihrer Mitglieder beträgt, nach verschiedenen Angaben, etwa 226.500.000.
(Diese und die folgenden statischen Daten wurden dem Buch „L'Ortodossia nella nuova Europa. Dinamiche storiche e prospecctive“. A cura di Andrea Pacini. Roma: Fondazione Giovanni Agnelli, 2003 entnommen).
| Patriarcat de Constantinople |
7 000 000 |
Türkei, Thrakien, Agäische Inseln, Teile der Diaspora |
|
Patriarchat von Alexandria |
350 000 |
Ägypten und ganz Afrika |
|
Patriarchat von Antiochia |
1 500 000 |
Syrien, Libanon,Irak, Teile der Diaspora |
|
Patriarchat von Jerusalem |
156 000 |
Palästina, Israel, Jordanien |
|
Russisch Orthodoxe Kirche (Moskauer Patriarchat) |
160 000 000 |
Russland, Belarus, Ukraine, Moldawien, Baltische Staaten, die Länder Mittelasiens, Teile der Diaspora |
|
Serbische Orthodoxe Kirche |
8 000 000 |
Serbien und Montenegro, Slowenien, Kroatien |
|
Rumänische Orthodoxe Kirche |
20 000 000 |
Rumänien, Teile der Diaspora |
|
Bulgarische Orthodoxe Kirche |
8 000 000 |
Bulgarien |
|
Georgische Orthodoxe Kirche |
3 000 000 |
Georgien |
|
Zypriotische Orthodoxe Kirche |
500 000 |
Zypern |
|
Griechische Orthodoxe Kirche |
10 000 000 |
Griechenland |
|
Polnische Orthodoxe Kirche |
1 000 000 |
Polen |
|
Albanische Orthodoxe Kirche |
700 000 |
Albanien |
|
Orthodoxe Kirche Tschechiens und der Slowakei |
74 000 |
Tschechien, Slowakei |
| Orthodoxe Kirche in Amerika |
1 000 000 |
USA |
Von den oben angeführten Kirchen sind drei (jene von Alexandria, Jerusalem und von den Vereinigten Staaten nicht auf dem Gebiet Europas vertreten. Allerdings umfassen sie nur 6 Prozent der Gesamtzahl aller orthodoxen Gläubigen auf der Welt. Die übrigen 94 Prozent, das sind 209.000.000, leben in Europa. Zur orthodoxen Tradition gehört die Mehrzahl der Gläubigen in elf europäischen Staaten: in Russland, der Ukraine, in Weißrussland/Belarus, in Moldawien, Rumänien, Serbien und Montenegro, in Griechenland, Zypern, Mazedonien und in Georgien. In vielen anderen Staaten Europas, insbesondere in Polen, Lettland, Litauen, Estland und Albanien sind die Orthodoxen eine zahlenmäßig bedeutende Minderheit.
Die überwiegende Zahl der orthodoxen Gläubigen lebt in Osteuropa. Von den westeuropäischen Ländern sind nur zwei orthodox: Griechenland und Zypern. Außerdem leben in den Ländern Westeuropas, die nicht zur orthodoxen Tradition gehören, nicht weniger als zwei Millionen orthodoxe Gläubige. Was die Zahl der Orthodoxen in den wichtigsten Ländern Westeuropas betrifft, beträgt diese: in Deutschland 800.000; in Großbritannien 350.000; in Frankreich 250.000; in Österreich 150.000; in Schweden 100.000; in der Schweiz 80.000; in Spanien 20.000; in Belgien 40.000; in Italien 250.000; in den Niederlanden 10.000.
Die Struktur der Orthodoxen Kirche
In Westen herrscht die Meinung, dass die Orthodoxe Kirche in ihrer Struktur in gewisser Weise analog zur Katholischen Kirche sei. Dementsprechend wird der Patriarch von Konstantinopel analog zum Papst von Rom gesehen, als eine Art „Papst des Ostens“. Die Orthodoxe Kirche hatte niemals ein einheitliches Oberhaupt, sie bestand seit jeher aus autokephalen Landeskirchen, die sich im Gebets- und kanonischen Verbund miteinander befanden, nicht aber in irgendeiner Art von gegenseitiger administrativer Abhängigkeit. Der Patriarch von Konstantinopel gilt traditionsgemäß als „primus inter pares“ in der Zahl der 15 Oberhäupter der autokephalen Landeskirchen. Bis zum Jahre 1054 hatte das Recht des „Primus“ der Gesamtkirche der Bischof von Rom, während damals der Bischof des „Zweiten Rom“ (Konstantinopel) den zweiten Rang im Diptychon einnahm. Nach der Kirchenspaltung ging der erste Platz in der orthodoxen Welt an den Patriarchen von Konstantinopel über, der seit byzantinischer Zeit den Titel eines „Ökumenischen Patriarchen“ trägt, was allerdings keinerlei administrative Implikationen in sich birgt und in keiner Weise auf eine ökumenische Jurisdiktion hinweist.
Das Fehlen eines einheitlichen administrativen Zentrums hat in der Orthodoxen Kirche sowohl historische als auch theologische Gründe. Historisch ist dies zum Teil damit verbunden, dass kein Leiter einer Landeskirche weder in byzantinischer noch in nachbyzantinischer Zeit über jene Rechte verfügte, wie sie im Westen der Papst von Rom hatte. Theologisch wird das Fehlen eines einheitlichen Oberhauptes durch das Prinzip der „Sobornost“ oder Konziliarität erklärt, das in der orthodoxen Kirche auf allen Ebenen wirksam ist. Dieses Prinzip bedeutet insbesondere, dass jeder Bischof seine Diözese nicht selbstherrlich (alleine) leitet, sondern in Abstimmung mit dem Klerus und den Laien. In Übereinstimung mit demselben Prinzip leitet das Oberhaupt einer Landeskirche, der in der Regel auch der Vorsitzende der Bischofssynode ist, die Kirche nicht alleine, sondern in Zusammenarbeit mit der Synode.
Allerdings hat das Fehlen eines einheitlichen administrativen Systems in der Orthodoxen Kirche auch seine negativen Seiten. Eines der sich daraus ergebenden Probleme ist die Unmöglichkeit der Berufung an eine höhere Instanz in allen jenen Fällen, in denen ein Konflikt zwischen zwei Landeskirchen entsteht.
Ein anderes Problem, das durch das Fehlen eines einheitlichen administrativen Zentrums in der Orthodoxen Kirche entsteht, ist die Unmöglichkeit der Regulierung von Differenzen zwischen den Kirchen in der Frage der pastoralen Betreuung der sogenannten „Diaspora“, der überall verstreuten Orthodoxen. Der Kern dieser Frage ist Folgender. Indem er sich auf die 28. Regel des Konzils von Chalcedon beruft, das dem Bischof des „Neuen Rom“ das Recht einräumt Bischöfe für die „Länder der Barbaren“ zu ernennen, beansprucht das Patriarchat von Konstantinopel das Recht der kirchlichen Jurisdiktion über alle jene Länder, die nicht innerhalb des orthodoxen Traditionsbereiches liegen. Andere Landeskirchen haben allerdings ihre Diaspora in Europa und über seine Grenzen hinaus. So umfasst die russische Diaspora Hunderttausende orthodoxe Gläubige, die größtenteils zum Moskauer Patriarchat gehören. Außer der russischen und griechischen, gibt es in Europa noch die serbische, rumänische und bulgarische Diaspora, die alle von Bischöfen und Priestern ihrer Landeskirchen betreut werden.
Die Frage der pastoralen Versorgung der Diaspora könnte nur durch ein Panorthodoxes Konzil gelöst werden. Die Vorbereitung eines solchen Konzils wurde in Verlauf von 30 Jahren intensiv geführt, beginnend in den Sechziger Jahren bis zu Beginn der Neunziger Jahre. Doch derzeit ist dieser Prozess gestoppt wegen der Differenzen zwischen den Kirchen. Wir wollen hoffen, dass das Panorthodoxe Konzil trotz alledem zustande kommen wird und die Frage der seelsorgerischen Betreuung der Diaspora in gegenseitiger Harmonie der Orthodoxen Kirchen gelöst werden kann.
Die Kirchenspaltungen
Zugleich mit der kanonischen orthodoxen Kirche, gibt es auf der Welt noch zahlreiche alternative Strukturen, die sich orthodox nennen. In der Kirchensprache nennt man solche Strukturen, „Raskolniki“ – Abweichler. Heute sind die zahlenmäßig größten alternativen Strukturen zur kanonischen Orthodoxen Kirche die sogenannten „Altkalendarier“ in Griechenland und die „Filaretowzy“ (Anhänger Philarets) in der Ukraine. Weniger zahlreich sind die ukrainischen „Autokephalen“. Besondere Erwähnung verdient die Kirchenspaltung in Bulgarien und die schon 80 Jahre dauernde Spaltung der Gläubigen der Russisch Orthodoxen Kirche in der Diaspora.
Der Begriff „Rasskol“ – Spaltung –, fehlt im heutigen politischen Wörterbuch ebenso wie die Begriffe „kanonisch“ oder „nicht-kanonisch“ für diese oder jene Kirche nicht mehr gebraucht werden. Der laizistische Staat (und das sind alle Staaten Europas) macht in der Mehrzahl der Fälle keinen Unterschied zwischen kanonischen und nicht-kanonischen Kirchen, er gibt diesen und jenen die gleichen Rechte auf ihre Existenz und gewährt den Kirchen selbst die Möglichkeit ihre inneren Probleme zu lösen.
Gleichzeitig gibt es in der neuesten Geschichte Europas Fälle der offenen Unterstützung von Spaltungsbewegungen durch die weltlichen Mächte. So wurde die „Filaretsche Kirchenspaltung“ in der Ukraine durch den damaligen Präsidenten der Republik, L. Krawtschuk, unterstützt, was den Abgespaltenen erhebliche Vorteile brachte. Die Abweichler in Bulgarien zu Beginn der Neunziger Jahre wurden ebenfalls durch die damaligen Regierenden in Bulgarien unterstützt. In beiden Fällen führte die Unterstützung der weltlichen Mächte für die Kirchenspalter zu äußerst negativen Folgen für die Entwicklung des religiösen Lebens. In der Ukraine bleibt die Lage weiter sehr angespannt. In Bulgarien dagegen wurde die Spaltung in der Tat überwunden. Erstens weil die weltlichen Mächte ihre Unterstützung einstellten, und zweitens durch das flexible Handeln der Orthodoxen Landeskirchen, deren Vertreter auf dem Konzil von Sofia im Jahre 1998 die Abgespaltenen dazu brachten Reue zu zeigen und in den Schoß der Landeskirche zurückzukehren.
Erweist sich die direkte Einmischung des Staates in die inneren Probleme der Kirchen als schädlich und besonders katastrophal wenn der Staat die eine oder andere abgespaltene Richtung unterstützt, so kann andererseits seine Mitwirkung in der Rolle eines unabhängigen und unparteiischen Mittlers zwischen zwei Parteien eines kirchlichen Konfliktes auch segensreich sein.
So hat zum Beispiel während seines Staatsbesuches in den USA im Oktober 2003 der Präsident Russlands, V. Putin, dem Oberhaupt der Russisch-Orthodoxen Auslandskirche, Metropolit Lavr, die Einladung des Allerheiligsten Patriarchen von Moskau und Ganz Russland, Alexij II. zum Besuch Russlands überreicht, wo die Frage der Überwindung der Kirchenspaltung, die in den Zwanziger Jahren aufgrund der damaligen besonderen politischen Bedingungen erfolgte, besprochen werden sollte. Ähnliche Einladungen zum Dialog waren bereits einige Male an die Führung der Russisch Orthodoxen Auslandskirche ergangen, blieben aber bis dato unbeantwortet. In diesem Fall aber wurde die Einladung dankbar angenommen. Am 18. und 19. November 2003 besuchte eine offizielle Delegation der Auslandskirche Moskau. Es fand ein Treffen mit dem Allerheiligsten Patriarchen sowie mit anderen führenden Hierarchen des Moskauer Patriarchates statt. Zu Beginn des Jahres 2004 wird das Oberhaupt der Auslandskirche, Metropolit Lavr, zu offiziellen Gesprächen über die Wiedervereinigung der beiden Kirchen nach Moskau kommen. Vor einigen Jahren noch wäre ein solcher Progress undenkbar gewesen. Wir hoffen, dass die Gespräche zu einer vollständigen Wiederherstellung der eucharistischen Einheit zwischen den beiden Zweigen der Russischen Kirche führen werden.
Die Orthodoxie und die Erweiterung der Europäischen Union
Derzeit eröffnen sich neue Möglichkeiten für die Orthodoxe Kirche in Verbindung mit der Erweiterung der Europäischen Union. Bis heute gab es im Verband der Union nur einen einzigen orthodoxen Staat, Griechenland, den S. Huntington in seinem viel Staub aufwirbelndem Buch „Konflikt der Zivilisationen“ („The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order“, New York, 1996, p. 162 ) als eine Anomalie charakterisiert hatte, als „orthodoxen Outsider unter westlichen Organisationen“. Mit der Erweiterung der Europäischen Union wird die Orthodoxie aufhören ein „Outsider“ zu sein, da ja weitere drei Staaten mit orthodoxer Tradition Mitglieder der Union werden sollen: Rumänien, Bulgarien und Zypern.
Weiters kommen andere Staaten mit einer bedeutenden orthodoxen Diaspora zur Europäischen Union, wie Polen Estland, Litauen, Lettland und die Slowakei. All dies wird die Position der Orthodoxie auf dem Gebiet der Europäischen Union festigen und die Möglichkeiten eines Bekennens des orthodoxen Glaubens im neuen Europa vergrößern. Nach dem Beitritt der genannten Staaten zur Europäischen Union wird die Zahl der orthodoxen Gemeinden, die sich auf dem Territorium der Union befinden etliche Zehntausend betragen und die Zahl der Gläubigen Dutzende Millionen. In einer weiteren (vielleicht nicht gar zu fernen) Perspektive scheint ein Beitritt zur Europäischen Union einer Reihe weiterer orthodoxer Staaten möglich, wie die Ukraine, Moldawien, Georgien, Armenien, Serbien und Albanien.
Es scheint wichtig, dass bereits jetzt, während die Identität des neuen Europa noch im Stadium der Ausformung ist, während die gesetzlichen Grundlagen geschaffen werden, die das Antlitz der Europäischen Union formen sollen, die Orthodoxen aktiven Anteil nehmen am Dialog mit den europäischen politischen Strukturen. Es ist wichtig, das Monopol eines einzigen weltanschaulichen Systems zu vermeiden, das seine Bedingungen allen Einwohnern der EU diktieren will, darunter auch jenen, die den traditionellen religiösen Konfessionen angehören.
Heute besteht die reale Bedrohung, dass die westliche liberale Ideologie im vereinigten Europa als das einzige legitime Modell einer Gesellschaftsstruktur erklärt wird. Diese Ideologie sieht keine aktive Beteiligung der Kirchen und religiösen Vereinigungen am gesellschaftlichen und politischen Leben vor. Die Religion wird von ihr als zutiefst private Angelegenheit der einzelnen Individuen wahrgenommen, die sich in keiner Weise auf ihr Betragen in der Gesellschaft auswirken sollte. Ein solches Verständnis allerdings widerspricht dem missionarischen Imperativ der Mehrzahl der Religionen, darunter auch selbstverständlich dem des Christentums. Christus schuf die Kirche nicht nur „zum Gebrauch in stillen Kämmerlein“, sondern dafür, dass ihre Gläubigen aktive Mitglieder in der Gesellschaft sein sollten, in der sie die traditionellen geistlich-moralischen Werte zu verteidigen haben. Daher ist ein ständiger Dialog zwischen den Religionen und der säkularen Welt unerlässlich. In diesem Dialog kann die Orthodoxe Kirche eine nicht unwesentliche Rolle spielen.
Von besonderer Wichtigkeit ist, dass den Kirchen und religiösen Vereinigungen das Recht zugestanden wird, ihr Leben in Übereinstimmung mit ihren Traditionen und Statuten zu gestalten, auch wenn diese in Widerspruch zu den liberalen Normen des Westens stehen. Es ist unzulässig, religiösen Gemeinden weltliche Normen aufzuzwingen. Zum Beispiel, wenn die eine oder andere Kirche eine Priesterschaft von Frauen nicht anerkennt, können ihr gegenüber nicht irgendwelche Sanktionen verhängt werden, die das Ziel haben diese traditionelle Position zu verändern. Wenn die Kirche die „eingeschlechtliche Ehe“ als Sünde und im Widerspruch zur Heiligen Schrift verurteilt, darf man diese Kirche nicht der mangelnder Toleranz und der Verhetzung beschuldigen.
Wenn die Kirche gegen Abtreibung und Euthanasie auftritt, darf man sie nicht der Obstruktion beschuldigen, als nicht zeitgemäß und jeden Fortschritt bekämpfend. Es gibt noch zahlreiche andere Bereiche, wo die Positionen der traditionellen Kirchen (in erster Linie die Orthodoxe und die Katholische Kirche) sich von den westlichen, liberalen Standards unterscheiden, und in allen diesen Bereichen muss das Recht der Kirchen auf Bewahrung und Verkündigung ihrer traditionellen Werte gewährleistet sein.
Um hier keine leeren Worte zu sprechen, möchte ich als Beispiel die Diskussion nenne, die sich in der orthodoxen Welt entzündete, nachdem im Jänner 2003 das Europäische Parlament dafür stimmte, dass das Verbot für Frauen den Heiligen Berg Athos zu betreten, aufgehoben werde – eine halbautonome Mönchsrepublik im Norden Griechenlands, auf die über ein Jahrtausend lang keine Frau ihren Fuß gesetzt hatte. Dieses Verbot bricht, entsprechend einer Resolution des Europäischen Parlaments, das „universell anerkannte Prinzip der Gleichheit der Geschlechter“, und ebenso Gesetzte, die den freien Personenverkehr aller Bürger er EU auf deren Territorium betreffen. In seinem Kommentar zur Position des Europäischen Parlaments sagte der Griechische Kulturminister E. Weniselos, wobei er den Status des Athos mit dem Status des Vatikans verglich, dass letzterer, als Mitglied der Europäischen Union, in dieser ausschließlich durch Männer vertreten sei. „Das Verbot für Frauen den Athos zu betreten und die Verwaltungsregeln der Katholischen Kirche, wie auch die Regeln anderer Kirchen und alle anderen ähnlichen Fragen sind Elemente einer Tradition, die die EU mit jener Toleranz und in der pluralistischer Haltung anzunehmen hat, wie sie für die europäische Zivilisation charakteristisch ist,“ betonte Weniselos.
Die Russisch Orthodoxe Kirche beobachtet mit Interessen die Entwicklung des „Europäischen Projektes“ und nimmt durch ihre Brüsseler Vertretung bei der EU daran aktiv teil. Da sie eine supranationale Kirche ist, die auf dem Gebiet der Europäischen Union mit mehreren Diözesen vertreten ist, mit Hunderten Kirchengemeinden und Hunderttausenden Gläubigen, misst das Moskauer Patriarchat den Prozess der Europäischen Integration große Bedeutung bei. Ein Prozess, der unserer Meinung nach zur Schaffung eines multipolaren Europas führen sollte, wo man die Recht der religiösen Gemeinden achtet. Nur in einem solchen Fall wird Europa ein echtes Haus für die Kirchen und religiösen Vereinigungen werden, darunter auch eine Heimstatt für die Orthodoxe Kirche.
Der Beitrag der Orthodoxie zur geistig-kulturellen Identität Europas
Trotz der Jahrhunderte langen politischen Trennung in Okzident (katholisch, protestantisch) und Orient (orthodox) haben sich die beiden Kulturen nicht in totaler gegenseitiger Unkenntnis entwickelt. Es gab eine Epoche in der die Zivilisation des Westens, hier sprechen wir von der glänzenden Ära der Renaissance und der Aufklärung, die auch Erschütterungen in der orthodoxen Welt bewirkte. In anderen Perioden, besonders in der ersten Hälfte des zwanzigsten Jahrhunderts war es an der Orthodoxie sich Gehör zu verschaffen, mit Hilfe der sich vergrößernden Diaspora innerhalb des Okzidents.
In der Tat sind mit dem Namen des Instituts des Heiligen Sergius, das zur „Schule der Orthodoxie von Paris“ wurde, die Sternstunden der orthodoxen Emigration, zuerst die der russischen Emigration und später eine gesamt slawische verbunden. Diese hohe Schule mit ihren großen orthodoxen Theologen, Philosophen und Historikern wie Sergej Bulgakow, Nikolai Berdjajew, Georgij Florovskij, Cyprian Kern, Wladimir Lossky und Nikolas Affaniasieff, um nur einige von ihnen zu nennen, ließ den Glanz der Orthodoxie in Westeuropa erstrahlen.
Dieses Leuchten war nicht beschränkt auf die Theologie und Philosophie, es umfasste ebenso die Kunst, die Ikonographie und die orthodoxe Musik. Insbesondere waren und sind es die Ikonen und die Liturgie die der Orthodoxie ein so großes Interesse von Seiten der gebildeten Europäer entgegengebracht haben. Nicht selten erblickt man byzantinische und russische Ikonen in katholischen Kirchen und in der lateinischen Liturgie kann man ab dem Zweiten Vatikanum einige Melodien wiedererkennen, die aus orthodoxen Ländern stammen.
Die Orthodoxie ist interessant wegen ihrer Mystik in der Lehre, wegen des Inhaltsreichtums der Schriften östlicher Asketen und Eremiten. Wer von den zahllosen intellektuellen und religiösen Menschen im heutigen Europa kennt nicht den Mönch Siluan vom Berg Athos, die „Erzählungen eines russischen Pilgers“, die zu Herzen gehenden Gespräche des Serafim von Sarov mit seinen Schülern, und zuletzt den berühmten Starez Sosima aus dem Werk Dostojewskijs?
Die orthodoxen Kirchen Europas besitzen noch vieles, was sie ihren westlichen Brüdern and Schwester erschließen könnten. In ihnen verbirgt sich ein hohes menschliches und intellektuelles Potential, das sich gerade jetzt entfalten könnte, wo die politischen Widrigkeiten der Vergangenheit angehören. Auf ihrem Bischofskonzil im Jahre 2000 hat die Russisch-Orthodoxe Kirche sich die Aufgabe gestellt, eine Antwort auf die Probleme der heutigen modernen Welt zu finden, und hat ihre „Prinzipien im Umgang mit nicht-orthodoxen Christen“ publiziert und ihre „Sozialkonzeption“. Wir glauben, dass dies der Beginn einer Reflexion ist, die sind in den kommenden Jahrzehnten fortsetzen wird.
Übersetzung aus dem Russischen: Barbara Hermann
Patriarch Alexy II of Moscow and All Russia: An Appeal to Metropolitan Laurus and the Bishops' Council of the Russian Orthodox Church Outside of Russia
Your Eminence, Metropolitan Laurus, The Most Reverend Archpastors of the Russian Orthodox Church Outside of Russia!
On the eve of the Bishops' Council of the Russian Orthodox Church Outside of Russia, we again make a brotherly appeal to you to combine efforts so that with God's help we may overcome the division still existing in the Holy Russian Church.
This division was generated by the tragic consequences of the 1917 Revolution and the bloody civil war. The Orthodox people suffered incalculable sufferings in their homeland. The godless power mounted severe prosecution against the Church of Christ, entering into struggle with all those who keep the commandments of God and have the testimony of Jesus Christ (Rev. 12:17). And Russian refugees who found themselves in foreign lands also suffered in their exile. Our Lord knows their works, and tribulation, and poverty (Rev. 2:9).
Reflecting on the causes of the collapse of old Russia, we realise that the entire Russian Church bears the burden of responsibility for what happened to our beloved country and our people who proved to have had insufficient immunity against the pernicious false teachings of the godless. The events of the 20th century are a severe lesson for us all. The Holy Church is called to cherish the liberty wherewith Christ hath made us free (Gal. 5:1); even under the hardest circumstances the Church has no right to withdraw from the spiritual assessment of the developments around her, for the consequences of such withdrawal may be disastrous for whole nations.
In the spirit of repentance, the Russian Church is called by the Lord to heal the wounds and divisions inflicted on her people and to bear witness to the healing which is found in the radiance of the Sun of righteousness (Mal. 4:2).
We should admit however that the words and actions of church representatives both inside and outside the homeland did not always answer to this lofty calling. Many words and deeds of members and hierarchs of the Church were conditioned in many ways by the external circumstances of church life and sometimes by the direct pressure from non-church forces. Living in a world divided by an ‘iron curtain', we, on either side of it, were, each in our own way, subject to opposing self-interested political systems. And neither system was Christian or Orthodox, neither was concerned for the reunification of our people or allocated a proper place to the Church in the people's life. The confrontation penetrated also into the awareness of church people, prompting church suspensions and strong mutual reproaches.
At the same time, pastoral work, the preaching of the word of God and celebration of the Holy Sacraments continued in the Church both inside and outside Russia. The Lord has safeguarded His Church from a deviation into heresy and preserved the dogmatic unity and apostolic succession of the ordinations. It was the external robe of the Church that was torn apart, while the Body of Christ preserved its inherent unity. Coming to the cup of the Holy Eucharist, the people of God inside and outside Russia have partaken of one source of life-giving grace.
Affirming this common foundation of ours, we can examine anew, freely and jointly, and overcome the remaining difference in understanding particular aspects of the Church's relations with the external world, including her relations with state and society. It is our profound conviction that already at present the Russian Orthodox Church in Russia and the Russian Orthodox Church Outside of Russia share and advocate before their whole world essentially the same perception of spiritual and moral values embodied in our common Holy Tradition.
We have been entrusted with a common message to be given to the present-day humanity. This makes us feel ever stronger the need to restore our unity. The continued division becomes increasingly difficult to explain to our people as we overcome other consequences of the 20th century revolution and civil war. Almost all that used to divide our people has passed into history. Only one wound has remained, giving us an especially severe pain. The priority of its healing is realised both in church and non-church circles. The Church can and must give to reviving Russia an example of unity and ability to overcome differences.
We believe therefore that the visit to our country expected to be made soon by His Eminence Metropolitan Laurus and the recent visit to Russia by a delegation of our fellow bishops and pastors of the Church Outside of Russia are very timely. We are grateful to this delegation and consider our meetings in Moscow to have been fruitful. We have seen that there are real premises for developing the dialogue in the special commissions of the Russian Orthodox Church of the Moscow Patriarchate and the Russian Orthodox Church Outside of Russia. We were very much moved by the repentant words of our brothers in Christ. And through this letter we, too, make our repentance for all the words and deeds which did not contribute to reconciliation.
Strengthened by the prayerful intercession of Russia 's holy martyrs and confessors and putting the great cause of the restoration of church unity into the hands of God, we will do everything that depends on us to bring nearer the day when our full communion will become possible at last despite all the obstacles to be invariably encountered on the way.
President Vladimir Putin Met Religious Leaders of Azerbaijan, Armenia, Georgia and Russia
On 26 November 2003 President Vladimir V. Putin of the Russian Federation received in the Novo-Ogarevo residence His Holiness Patriarch Alexy II of Moscow and All Russia, His Holiness and Beatitude Catholicos-Patriarch Iliya II of All Georgia, His Holiness Supreme Patriarch and Catholicos of All Armenians Garegin II and Sheikh Ul-Islam Allahshukyur Pasha-Zade, head of the Administration of the Muslims of the Caucasus and spiritual leader of the Muslims in Transcaucasia. The religious leaders took part in the quadrilateral peace meeting in Moscow on the settlement in the North Caucasus. Also taking part in the meeting was S. E. Prikhodko, deputy head of the Administration of the President of the Russian Federation and chief of the Administration of the President of the Russian Federation on foreign policy.
The Russian President greeted the religious leaders of four countries and underlined that it was for the first time that he had an opportunity to meet at one and the same time religious leaders of Azerbaijan, Armenia, Georgia and Russia. He noted that the recent years were a time of difficult economic and political trials for the Caucasian people. 'Peacemaking efforts of religious leaders deserve respect as they create the spiritual basis on which alone a political solution to the problems of the region is possible', the Russian President emphasized.
His Holiness Patriarch Alexy II of Moscow and All Russia thanked Mr Putin for the personal meeting and exchange of opinions with the leaders of traditional religious communities of four neighbouring countries. 'Such interreligious meetings of religious leaders on the problems of peaceful settlement in the North Caucasus have been held since 1989, yet is was for the first time that we had an enlarged meeting of the ‘four', His Holiness Patriarch Alexy said. ‘We understand that the problems of the people of the Caucasus can be resolved only in a peaceful way. This vision was stated in our joint appeal signed today in St Daniel's Monastery in Moscow. We are one in our conviction that the loss of moral orientation leads to armed confrontations and bloodshed. The text of the document is being given to the head of the Russian state'. His Holiness Patriarch Alexy noted with appreciation the beneficial role played by the Primate of the Georgian Orthodox Church His Holiness Patriarch Iliya II in the peaceful settlement of the explosive situation in Georgia.
Referring to the recent dramatic events in Tbilisi, His Holiness Patriarch Iliya II of Georgia noted: 'We have experienced a very uneasy time'. He thanked the President of the Russian Federation for the mediatory mission undertaken by the Minister of Foreign Affairs of Russia I. S. Ivanov in the most crucial moment of civil confrontation in Georgia. 'The Russian Minister has done a lot for my country to avoid fratricide. I myself have repeatedly called to peace. Praise be to God that blood has not been shed and that no single shot was fired, though the number of the opposing parties reached up to 40 thousand persons in the square in Tbilisi, which was the area of confrontation'. His Holiness Patriarch Iliya assured President Putin that the leaders of his country are prepared to establish good neighbourly relations with Russia.
While speaking about the interreligious peace meeting in Moscow, the head of the Armenian Apostolic Church Garegin II, emphasized: 'I hope that our voice will be heard and find response in the hearts of the sons and daughters of our nations and will promote the finding of peaceful ways for the solution of political problems'. His Holiness Catholicos Garegin conveyed cordial greetings to Mr.Putin from the Armenian believers and noted in particular that he considered fraternal relations between the Armenian and Russian people as a pledge of the solution of the problems of the Caucasian region at the table of negotiations.
The spiritual leader of the Muslims in Transcaucasia Sheikh-Ul-Islam Allahshukyur Pasha-zade noted that the time of holding the quadrilateral peace meeting in Moscow coincided with the Muslim feast of Uraza-Bairam and said: 'Maybe, the efforts of religious leaders are not enough for the solution of the problem of war and peace, but it within their power to help politicians to find the way to the settlement of the problems'. Sheikh-Ul-Islam Allahshukyur Pasha-zade expressed his appreciation to the efforts of the Russian leadreship aimed at the settlement of the situation in Chechnya and said that the election of the President of the Republic gives hope for the stabilization of the situation.
The Primate of the Georgian Orthodox Church, the head of the Armenian Apostolic Church and the spiritual leader of the Muslims in Transcaucasia conveyed to the President and people of Russia the wishes of well-being and success on behalf of the political leaders of Georgia, Armenia and Azerbaijan.
President Vladimir V. Putin assured the participants in the meeting that 'on his part Russia will continue its efforts and will do anything possible so that the people of the Caucasus could live in peace, accord and economic prosperity'.
In memory of Metropolitan Pitirim of Volokolamsk and Yuriev
Metropolitan Pitirim of Volokolamsk and Yuriev passed away in the Lord on November 4, 2003, at the age of 78.
Metropolitan Pitirim (his secular name was Konstantin Vladimirovich Nechayev) was born on January 8, 1926, at the town of Michurinsk to the family of a priest. After finishing school, he entered the Moscow State Institute of Communications.
In 1945, he became a senior sub-deacon to His Holiness Patriarch Alexy I of Moscow and All Russia. In 1947, he graduated from the Moscow Theological Seminary and in 1951 from the Moscow Theological Academy with the degree of Candidate of Theology.
He was ordained deacon in 1952 and four years later became priest. In 1959 he took monastic vows with the name of Pitirim in honour of St Pitirim of Tambov. The same year he was appointed inspector of the Moscow Theological Schools.
He taught the History of Western Confessions at the Moscow Theological Seminary and Academy for nearly 30 years and since 1957 he also taught the New Testament.
In 1963, he was consecrated Bishop of Volokolamsk, Assistant Bishop of the Moscow Diocese. In 1971 he was elevated to the rank of archbishop and in 1986 he was made Metropolitan of Volokolamsk and Yuriev.
From 1963 to 1994, His Eminence Pitirim directed the Publishing Department of the Moscow Patriarchate and edited the Journal of the Moscow Patriarchate. For several years he also acted as chairman of the editorial board of Bogoslovskiye Trudy (Theological Works). As head of the Publishing Department, he formed a highly professional editorial and journalistic team, raising the church publishing work to a new level.
Metropolitan Pitirim is the author of several books and over 70 theological articles. Under his leadership, several documentaries were shot about the life of the Russian Orthodox Church and Orthodox art.
A hierarch who gave much attention to the revival and development of church singing traditions, Metropolitan Pitirim created several choirs which not only sang in churches but also gave recitals of Orthodox music at concert halls both inside and outside Russia. Metropolitan Pitirim was a person of many gifts and profound church culture. He was well versed in old church life and concerned about the preservation of its traditions, liturgical, pastoral, theological, literary, and the continuity of church practice.
The deceased archpastor exerted great efforts for education of new generations of pastors and church workers. In the hard years of prosecution and restriction, His Eminence Pitirim guided many church intellectuals, including young people, who worked at the Publishing department, studied at Theological Schools, practised monasticism or served as priests.
Metropolitan Pitirim was actively involved in the external work of the Russian Orthodox Church. He led and participated in many delegations which attended inter-Orthodox, inter-Christian and church-public events abroad. Through his efforts, exhibitions and other cultural and educational actions were arranged to introduce the public in other countries to the life and heritage of the Russian Orthodox Church. He also took an active part in organizing church-public events and programs in Russia. His Eminence was always closely connected with scholarly, cultural and public circles and artistic intelligentsia and was held in high respect and esteem among them.
Metropolitan Pitirim was Doctor of Theology, professor, member of the Russian Academy of Natural Sciences, head of the Department of Theology at the Moscow Institute of Transport Engineering, Doctor honoris causa of the Department of Theology of Prague University, professor at the UNESCO Chair of Russia's Golden Heritage.
Metropolitan Pitirim was awarded high church and state decorations for his work. Among them the church Orders of St. Vladimir Equal-to-the-Apostles, St. Sergius of Radonezh, the Holy Prince Daniel of Moscow, the state Order of Friendship of Nations and the Champion of Peace golden medal. For his comprehensive educational and missionary work and on the occasion of his 75th birthday in 2001, he was decorated by His Holiness Patriarch Alexy II of Moscow and All Russia with the Order of St. Innocent of Moscow.
Metropolitan Pitirim of Volokolamsk and Yuriev died in Moscow after a prolonged and serious disease. May the Lord give rest to the soul of the departed Metropolitan Pitirim in the dwellings of the righteous! May his memory be eternal!
German Lutherans Reject the Sale of Disused Churches to Muslims
By Frauke Brauns
Church sanctuaries that have fallen into disuse should not be sold to Muslim groups, Germany 's main Lutheran grouping has said in a set of guidelines on what to do with churches that are no longer needed.
“The symbolic value of the exterior is still linked to the Christian church but inside a different God is worshipped,” if the building would be used by another faith, the United Evangelical Lutheran Church of Germany (VELKD) said in a statement on Monday.
The VELKD, which groups 8 regional Lutheran churches, explicitly rejected the sale of churches to Mosque associations. It said that churches that were no longer in use for worship should be used if possible for some other church need. Where the sale of the building could not be avoided then it should ideally be sold to another Christian community.
“But uses that stand in open contradiction to the symbolic value of the church building should be excluded,” the 15-page set of guidelines states.
The issue of what to do with church sanctuaries and buildings that are no longer needed is becoming increasingly pressing as the number of church-goers in Germany declines and parishes are amalgamated.
The German (Roman Catholic) Bishops' Conference has also issued guidelines in recent weeks on dealing with disused churches, rejecting the use for worship of such churches by “non-Christian religions (e.g. Islam, Buddhism, sects)”.
The situation is particularly serious in the former Communist-ruled eastern part of Germany where there are far fewer church members than in the West.
But, “it won't be long until western parishes have to decide what to do with churches,” said Matthias Ludwig, of the Institute for Contemporary Church Art and Architecture at the University of Marburg,pointing to declining numbers of worshippers and church income in western Germany.
Some Protestant churches in eastern Germany have simply been closed. Others have been put to new use as in Neubrandenburg where a church has become a concert hall and in Rostock where a church building has been converted into apartments and offices.
Ludwig warned against following the example of the Netherlands where unused churches had been demolished or given to other faiths including Muslim communities, or turned into coffee shops.
“The result was that the church was no longer present in the neighbourhood,” Ludwig told ENI. “People who would normally come to Christmas services will no longer come to church for this special festival. Only those with a close connection to the church will know where to go for service. This is not a solution German churches should aim at.”
An estimated 68 per cent of Germany 's 82 million people are Christians while almost four per cent are Muslims.
© 1994 - 2002 Ecumenical News International. Reproduced with permission. This article is provided for personal information only. It may not be copied, re-posted, re-mailed, reprinted or otherwise reproduced or distributed without the written permission of ENI.
Letters to the Editor / Lettres à l'éditeur
I have recently come upon your website (http://www.orthodoxeurope.org), and appreciate your writings about Church history, and especially your section entitled ‘Online Catechism'. It is very well written and concise.
The Reverend Fr. Gregory Lazarus Murphy, Geneva
*
I have just read your Europaica bulletin 22, in which you set out a very good account of the Orthodox Churches and their beliefs. I know, simply from my scholarly researches, that your theology has preserved the teaching of the original Church.
But how could I consider becoming Orthodox when what I see is not One Church but a collection of Orthodox Churches, torn apart by politics? Why could the Ecumenical Patriarch not visit St Petersburg in June this year? This row was made public during the Religion Science and the Environment Symposium, in front of a huge number of TV and newspaper reporters, and distinguished participants from all over the world and from many faiths and Churches.
It seems to me that the guardians of the great Christian heritage in the Orthodox Churches are not worthy of the treasure that is entrusted to them and need to learn to live in peace with each other before describing the divisions of the Western Church.
Margaret Barker, UK
*
I was interested to read the review of Seraphim Rehbinder's article by Hierodeacon Alexandre (Siniakov) in Europaica 27. It is certainly regrettable that no tangible progress in the direction of a united Western European Metropolia has been made with the schismatic “Russian Orthodox Church Outside Russia” nor with the Constantinople Exarchate. I do not regret having personally responded to the Patriarch's appeal.
Without pretending to resolve the problem raised by Hierodeacon Alexandre at the end of his review concerning a local Orthodox Church in Western Europe,I would like to suggest a series of points for further reflexion on this topic.
The term “diaspora” is acceptable from a sociological point of view, but not theologically. The Church is always one and local, anywhere in the world. How can we pretend that thousands of Orthodox Christians in Western Europe are part of a Russian ethnic diaspora if they are neither Russian nor have ever been to Russia ?
The idea of “canonical territory” is very problematic. It is certainly a valid concept for defining the limits of autocephalous and autonomous Orthodox sister churches, but it cannot really be used for churches that are not Orthodox. The Church is One, as Constantinople I (381) teaches, so those that are not in communion with the Church are not fully members of the One Church. The Roman Catholic Church, to which Hierodeacon Alexandre refers, is certainly a venerable church with apostolic origins and many elements of Orthodox tradition. Of course we must not attack or offend this church, but it remains true that the authoritative letter of the Orthodox Patriarchs of 1848 states (section 15) that this church teaches a doctrine that “is essentially a heresy, according to the decision of the holy Pope Damasus, and the partisans of this doctrine, whoever they may be, are heretics, and the assemblies they compose are heretical, and all spiritual and religious communication with them by the Orthodox children of the Catholic Church is illicit.”
Consequently, the Orthodox Church is free to establish local churches anywhere, including in Western Europe. Naturally, the Roman Church holds the same opinion of our Orthodox Church (even if the language used today is no longer that of 1848), so we must not be surprised when they establish their own local churches in Orthodox countries such as Russia and Ukraine. Indeed, this is what they are doing, and their actions express what they believe.
Rather than developing the essentially inapplicable concept of “canonical territory”, we should try to centre our dialogue on proper respect of each other's churches and on shunning all forms of proselytism. Proselytism is different from mission, in that it the former employs unacceptable methods such as financial pressure, false propaganda, recruitment via orphanages and schools, etc. If agreement could be reached on these terms, and really be put into practice, this would usher in a new era of peace between Christians, and certainly not “sign a death sentence for any research for peace among the churches”, as Father Alexandre fears.
Hegumen Andrew (Wade)
Orthodox Monastic Brotherhood (Moscow Patriarchate)
Turin, Italy
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Je fais partie du Patriarcat de Moscou depuis ma naissance... envers et contre tout. Mon mari, qui fait aussi partie du Patriarcat de Moscou, est issu d'un père ayant fait partie de l'Eglise hors frontières et d'une mère ayant fait partie du Patriarcat de Moscou. Cela n'a pas causé de tragédie. Cependant il existe maintes familles qui ont été sciées en deux à cause de ce malheur causé par la révolution. Cependant, lorsqu'une lumière pointe à l'horizon pour que cette scission/tragédie cesse on ne peut qu'être fou de bonheur. Mais... malheureusement il y a un mais... Ce qui suit est l'histoire personnelle d'une amie. Je vous la raconte.
Cette amie, d'appartenance hors frontière, belge d'origine russe, est venue s'installer récemment en Russie parce qu'elle s'est mariée avec un Russe de Moscou, d'appartenance hors frontières également. Cette amie est venue avec sa maman, invalide. Elle s'occupe également de sa belle-mère, et a recueilli un enfant de la famille de son mari. Elle aimerait sauver cet enfant d'un mauvais environnement. Tout ce monde habite chez elle. Mon amie a trouvé, par bonheur, une école orthodoxe, qui convient parfaitement à cet enfant. Le père spirituel de cette école a demandé, avant que l'inscription ne soit établie, dans quelle église se rendait mon amie. Oh, malheur, mon amie prie dans une église hors frontières... Le père spirituel a dès lors décliné l'inscription de l'enfant dans cette école orthodoxe, arguant du fait qu'il n'y avait pas intercommunion.
Je suis stupéfaite, interdite, scandalisée. Où est la charité chrétienne? Où est l'accueil de l'étranger? Où est la compassion? Où est l'amour?
Combien de fois n'avons-nous pas été insultés, nous, les paroissiens des églises du Patriarcat de Moscou? Traités de rouges, de bolshéviques, de traîtres, de collaborateurs jusqu'aujourd'hui. Nous sommes restés fidèles à l'Eglise souffrante et martyre, envers et contre tout... Je dis bien envers et contre tout. Nous avons aimés jusqu'au bout notre Eglise souffrante, martyre et prisonnière. Mais maintenant que la lumière pointe, un refus – venant d'un prêtre du Patriarcat de Moscou – d'accepter un enfant qui pourrait être sauvé de son mauvais environnement, par une éducation orthodoxe salvatrice, c'est la blessure béante et géante. Toute attitude de ce genre ne peut que donner raison à toutes les injures reçues, à toutes les giffles reçues sans broncher. Mon amie non plus n'a pas bronché. Mais quelle responsabilité portons-nous donc! Au moment où la lumière de la réconciliation pointe, ne devrait-on pas nous dire mutuellement: “Nous avons fauté de part et d'autre, par ignorance, par orgueil et par mille autres fautes encore, mais reconnaissons-nous comme frères et soeurs que nous sommes, et si par pour nous parce qu'encore trop blessés ou encore trop orgueilleux, du moins pour nos enfants...” Je pense qu'il y a urgence, de notre part, de nous taire et d'accueillir “l'étranger” sans mot dire, sans maudire...
Autre point. J'ai longtemps vécu en Italie, il y a bien longtemps. L'église, à Rome, était hors frontières (elle appartient maintenant au Patriarcat de Moscou). A l'époque le “problème” n'était pas aussi aigu que ces derniers temps. J'allais donc à l'église “normalement”. Je communiais. Je n'ai pas l'impression d'avoir commis un sacrilège. A Bruxelles, il m'est arrivé de communier dans une autre église que la mienne. Je n'ai pas eu l'impression d'avoir commis un sacrilège. Alors, maintenant que la lumière pointe, un prêtre défendrait à un enfant l'éducation orthodoxe dont il a tant besoin, parce qu'il n'y a pas d'intercommunion entre orthodoxes? Quelle folie. Quelle dérive. Quelle tristesse.
Anne Khoudokormoff
Belge, Patriarcat de Moscou, vivant en Russie