Patriarch Alexy II of Moscow and All Russia: The Russian Church, which has several dioceses, hundreds of parishes and millions of believers on the territory of the European Union, is taking an active part in the creation of the new face of our continent. It is the task of our Church to remind Europe of its Christian roots, to resist the attack of aggressive secularism, and to defend traditional values. An active role in the realization of this noble task is fulfilled by the Representation of the Moscow Patriarchate to the European Institutions. May 17, 2008
Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Russian Orthodox Church
Representation to the European Institutions


Eglise Orthodoxe Russe
Représentation près les Institutions Européennes
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Russian President V. Putin visits
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President J.M.Barroso
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Russian Foreign Minister Visited Hungarian Orthodox Cathedral
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The Archbishop of Vienna, Cardinal Christoph Schönborn, visited the St Nicholas Cathedral in Vienna
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Consecration of the Patriarchal Church of the Holy Trinity and Premises of the Representation of the Russian Orthodox Church to the European Institutions in Brussels
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No 36 (March 12, 2004)

Sergueï S. Averintsev a été un philologue, un spécialiste de l’histoire et de la théorie de la littérature, un traducteur et un poète, bien connu dans les milieux chrétiens. Il nous a quittés le 21 février 2004, à l’âge de 66 ans.

Sergueï Averintsev est né le 10 décembre 1937 à Moscou. En 1961 il a obtenu le diplôme de la faculté de philologie de l’Université d’État de Moscou. Il a enseigné dans des prestigieux établissements en Russie et à l’étranger. Ses recherches étaient consacrées à la tradition chrétienne dans la pensée et la littérature européennes, à la littérature néo-testamentaire dans le contexte de la culture de l’Antiquité tardive, à la patristique, à l’hymnographie et à l’hagiographie chrétiennes médiévales, à la littérature et à la philosophie byzantines, à la scholastique, à la littérature romantique (C. Brentano) et néo-romantique allemande (H. Trakl, H. Hesse), à la poésie russe (V. Ivanov, O. Mandelstam) et à la poétique historique.

Les premiers livres et articles de S. Averintsev ont paru dans les années 1960. Averintsev est l’auteur de nombreuses études sur l’histoire de la littérature antique, byzantine, européenne et russe, de la pensée théologique et philosophique. Il a fait des traductions du grec ancien, du latin, de l’hébreu, du syriaque, de l’allemand, du français et du polonais. Son œuvre «La poétique de la littérature de la haute période byzantine», parue en 1977, est la première monographie de l’époque soviétique portant sur les Pères de l’Église orientale. Parmi les traductions de S. Averintsev figurent des psaumes, le livre de Job, les évangiles de Marc et de Luc.

S. Averintsev a passé les dernières années de sa vie à Vienne en tant que professeur des lettres slaves à l’Université de la ville. En mai 2003 il a subi un infarctus et est resté presque dix mois dans le coma. Peu avant sa mort il a reçu le sacrement des malades, célébré par l’évêque Hilarion de Vienne et d’Autriche, représentant de l’Église orthodoxe russe près les Institutions européennes.

Les obsèques de S. Averintsev ont été célébrées dans la cathédrale orthodoxe russe de Vienne par l’évêque Hilarion, le p. Vladimir Tyschuk, le recteur de la cathédrale, et le p. Radoslav Ristic. Au début de l’office, l’évêque Hilarion a lu le message du patriarche Alexis II, adressé à l’épouse du défunt. Le patriarche y a affirmé notamment que la vie de S. Averintsev a été tout entière illuminée par la foi en Christ.

Dans son sermon l’évêque Hilarion a fait part de ses impressions personnelles des contacts avec Sergueï Averintsev: «Beaucoup d’entre nous se souviennent de cette époque où l’Église était séparée de la société, où être chrétien signifiait lancer un défi à cette dernière, risquer sa situation, sa carrière et même sa propre vie. Peu osaient alors parler de l’Église et de la foi dans le langage de l’intelligentsia. Sergueï Averintsev a été un de ses rares hérauts. Ses livres étaient en quelque sorte un pont entre l’Église persécutée et ceux qui étaient en dehors d’elle, mais assoiffés de la parole vivante de Dieu. C’est grâce à ses livres que beaucoup ont découvert Romanos le Mélode, Ephrem le Syrien, Isaac le Syrien, Jean Damascène et autres Pères de l’Églises. Pendant ces années difficiles, lorsque personne ne pouvait parler de Dieu ouvertement, il en parlait, il est vrai de manière dissimulée, mais suffisamment clairement pour que des milliers d’hommes retrouvent le Christ à travers ses écrits.

Sergueï Averintsev a été un homme d’une érudition extraordinaire et d’une connaissance encyclopédique, aussi familier de la philosophie et de la littérature antique, de l’idéalisme allemand, de la littérature européenne, de la pensée philosophique et religieuse russe, que de l’héritage des Pères grecs, latins et syriaques. «Pourtant, ce n’était pas là l’essence de son exploit humain et chrétien, poursuivit l’évêque Hilarion, mais en ce que, tel un Grégoire de Nazianze, après avoir amassé les richesses intellectuelles de l’Orient et d’Occident, il les a déposées aux pieds du Christ».

«Ce n’est pas par hasard que le dernier livre de Sergueï Averintsev, rassemblant les traductions des textes patristiques, s’appelle ‘Perle précieuse’. Dans la préface, le métropolite Vladimir de Kiev a comparé son auteur à ce riche des évangiles qui ‘a préféré à tous les trésors de la terre la perle précieuse de la Vérité vivante et incarnée’. Et on se souvient de nouveau de Grégoire de Nazianze qui avait dit: ‘Bienheureux celui qui au lieu de tous les biens a acquis le Christ’. Tel a été justement Sergueï Averintsev».

«Son immense savoir est moins surprenant que sa générosité et son désir de partager ses connaissances avec les autres. Sergueï Averintsev a été un homme ecclésial, un homme d’une piété sincère et profonde. Il possédait en plus de cela une véritable humilité chrétienne. Aujourd’hui nous prions pour lui qui était un vrai fils de l’Église, qui a servi beaucoup de ses frères par sa parole, son enseignement et son œuvre scientifique».

La crémation du corps de S. Averintsev a eu lieu le 4 mars 2004 au cimetière central de Vienne. Ses cendres reposeront, selon son propre souhait, au cimetière Danilov à Moscou.

  
Saint Benoît de Nursie et saint Serge de Radonège. Essai de comparaison de types spirituels

Sergueï Averintsev

De tout coeur, j’exprime ma reconnaissance pour le grand honneur qui m’est fait d’être invité à parler précisément de ces deux grands saints, dont j’ai des raisons particulières à vénérer le second comme mon patron personnel, – tout d’abord, évidemment, parce que j’ai été baptisé moi-même en son honneur, mais aussi parce que le même nom fut donné à mon père (de sorte que ma fête onomastique, tant que mon père était en vie, fut célébrée le même jour que celle de mon père), et parce que j’ai vécu les années de guerre avec mes parents à Sergiev Posad, qui s’appelait alors Zagorsk, dans une maison qu’on ne pouvait quitter sans voir tout de suite la Laure (alors, hélas, fermée); et peut-être encore parce que en tant qu’inspirateur de l’iconographie de Roublev, saint Serge devint aussi le patron de la culture artistique russe, ce qui pour nous, intellectuels russes de cette génération qui fut éveillée à la foi par la beauté des vieilles icônes, était très important.

Mais saint Benoît aussi a pour moi personnellement une signification particulière, non seulement en raison de mes études sur le moyen âge latin, de ma visite inoubliable de Subiaco il y a plus de deux décennies ou d’autres expériences pareilles, – mais avant tout parce qu’il s’agit d’un grand saint vénéré en Occident aussi bien qu’en Orient, et qu’il est un signe encourageant de notre espérance en «la réunion de tous», pour laquelle s’élèvent les prières à chaque liturgie orthodoxe, espérance qui inspire les efforts de Chevetogne et qui nous réunit tous ici présents.

Ainsi, je passe de ma digression personnelle à l’objet de ma conférence. In medias res!

Saint Benoît de Nursie, “le père du monachisme d’Occident” et saint patron d’Europe occidentale par excellence, est vénéré également, comme l’on sait, dans l’Église orthodoxe, qui glorifie sa mémoire le 14 mars, lorsque dans les églises orthodoxes on chante le kontakion: “Par la grâce divine tu as été enrichi, par les oeuvres tu as proclamé ton nom et tu t’es montré, Benoît, un ami du Christ notre Dieu dans les prières et les jeûnes; l’Esprit de Dieu t’a comblé de ses dons: tu as été un médecin pour les malades, tu as mis en fuite l’ennemi et tu demeures le prompt intercesseur pour nos âmes”.

Le saint pape de Rome, Grégoire I, qui dans la tradition orthodoxe est nommé “le Dialogue” (et célébré le 12 mars) et qui par son autorité papale a fait beaucoup pour la propagation du paradigme bénédictin, appelle saint Benoît de manière très significative et en jouant sur le mot benedictus “béni par la grâce et par son nom” (gratia Benedictus et nomine).

Pour ce qui est de saint Serge de Radonège, on pourrait l’appeler dans un certain sens “le père du monachisme russe”. Il va de soi que l’histoire du monachisme russe a commencé quelques siècles auparavant, sous les voûtes du monastère des Grottes de Kiev. Par contre, la distance chronologique qui sépare l’activité de saint Benoît des temps des fondateurs du monachisme en Occident, comme saint Ambroise de Milan ou saint Jean Cassien, ne compte en tout que quelques décennies. Mais dans les deux cas, il faut bien comprendre l’appellation de “père”. Il s’agit, ici comme là-bas, non pas du premier initiateur mais d’une impulsion puissante sans laquelle on ne peut simplement pas s’imaginer l’histoire ultérieure du monachisme tant en Occident qu’en Russie.

Dans le cas de saint Benoît, ceci est tout à fait évident pour quiconque a ne fût-ce qu’une vague idée de l’histoire complexe de l’ordre bénédictin, avec toutes ses différentes formes et ramifications, y compris les congrégations de Cluny, de Camaldoli, de Valombrosa, des Cisterciens, des Trappistes, etc. L’expression latine Ordo Sancti Benedicti appelle à tout esprit quelque peu familier avec l’histoire tant d’associations! Et la célèbre Règle de saint Benoît, – dont la diffusion à travers l’Europe s’est effectuée de manière tout à fait spontanée, quoique non sans la participation du même saint Grégoire le Dialogue et, plus tard, des théologiens de Charlemagne, – appartient vraiment aux textes-clés fondamentaux de toute la culture chrétienne occidentale.

Par contre, saint Serge, en conformité avec les usages différents du monachisme russe, n’a pas rédigé une nouvelle règle et par conséquent n’a pas donné naissance à une société institutionnellement distincte et réglementée, comparable d’après les mêmes indices extérieurs aux “ordres” ou “congrégations” du monachisme occidental. Mais son rôle comme maître et inspirateur de ceux qui ont fondé de nouveaux monastères dans les vastes étendues jusqu’alors inhabitées de la Russie centrale et septentrionale, favorisant par le travail un réveil sans précédent du monachisme russe, est très grand. Georges Fedotov a écrit sur cet aspect de l’activité historique du saint de Radonège: “Saint Serge est entrée dans l’histoire de l’Église russe entouré d’une foule de ses saints disciples […] Jusqu’à onze disciples de saint Serge sont devenus, la plupart encore de son vivant, des fondateurs de monastères. Ils sont tous saints, et ils portent tous les préceptes de saint Serge aux confins de la terre russe. La Laure de la Sainte-Trinité devint pour la première génération de ses moines le centre d’un rayonnement spirituel d’une grande force”.

Le jugement du protopresbytre Alexandre Schmemann est plus laconique: “Tout ce qui est authentique, tout ce qui est vivant dans l’Église russe de cette époque est, d’une manière ou d’une autre, lié à saint Serge”.

Considérons maintenant les circonstances chronologiques concrètes de l’activité des deux saints. La vie de saint Benoît, commençant dans le dernier quart du Ve siècle, s’acheva en 547; le trépas de saint Serge, après une vie assez longue, en tout cas presque octogénaire, se situe en 1391. Les analogies entre le contexte historique de l’activité de l’un et de l’autre sont manifestes: tous les deux ont vécu à une époque de désarroi, suscité dans le premier cas par la grande migration des peuples, dans le deuxième par le joug tatare; tous les deux ont donné l’impulsion pour un travail civilisateur lent mais continu qui avec le temps a porté des fruits abondants bien au-delà des limites de la vie monastique. Le père Alexandre Schmemann, que je viens de citer, parle, non sans ironie, de l’approche “utilitaire” des “sociologues” et “économistes”, qui relèvent avec emphase la signification “civilisatrice” des monastères. Il est clair que, selon lui, cela “n’est évidemment pas le principal”; mais justement dans les cas concrets des effets de l’activité de saint Benoît en Occident et de saint Serge en Russie, il n’est nullement possible de séparer l’unique nécessaire, qu’ils ont cherché, des succès civilisateurs survenant chaque fois comme l’accomplissement de la promesse évangélique: “et le reste vous sera surajouté”. C’est un trait de la spiritualité même de l’un et de l’autre, un trait qu’ils ont en commun.

Il n’est pas moins évident qu’à un plan purement ascétique ils avaient une source commune: la spiritualité cénobitique, caractéristique de la vie commune, préparée par saint Pachôme et développée surtout par saint Basile le Grand. Cet ethos recommande, selon la formulation de la Règle de saint Benoît que tout doit être fait “avec mesure” (RB 31,12 et 48,9: mensurate), “avec mesure et intelligence” (RB 70,5: cum omni mensura et ratione).

L’un et l’autre avec un sens exemplaire de la responsabilité sont allés de la vie anachorétique à la vie commune. Même au cours de la période érémitique survenaient des épreuves liées aux conflits internes aux milieux monastiques. La tradition parle d’une tentative des moines de Vicovaro d’empoisonner saint Benoît. À ceux qui ont attenté à sa vie, il dit: “Que Dieu tout-puissant aie pitié de vous, frères. Pourquoi vouliez-vous me faire cela? Ne vous avais-je pas dit d’avance que nos manières de vivre étaient incompatibles?”. Saint Benoît regagne alors la solitude. Sur sa voie, l’érémitisme était une étape indispensable intérieure pour “rentrer en soi”, comme le dit joliment saint Grégoire en l’appliquant à saint Benoît: “Je dirai donc que cet homme vénérable habita avec lui-même (secum habitasse), parce que toujours en garde et vigilant sur lui-même, se voyant toujours sous l’oeil du Créateur, s’examinant toujours, il ne laisse pas errer l’oeil de son esprit hors de lui-même”.

La tradition orthodoxe présuppose une vision assurée des divers modes de praxis ascétique sous l’angle de la nécessaire vigilance spirituelle. Dans la Règle de saint Benoît, il existe par ailleurs un mot-clef qui correspond exactement quant à son contenu et à sa fonction au terme orthodoxe: discretio (discernement des esprits). La vertu désignée par ce mot est d’après l’expression de la Règle “la mère des vertus” (RB 64,19). Saint Grégoire le Grand, le Dialogue, loue précisément la Règle pour cette qualité: “… il a écrit une règle pour les moines qui excelle par la discrétion”.

Il existe des traits précis de similitude qui caractérisent la figure humaine des deux saints. Épiphane le Sage a trouvé pour caractériser saint Serge encore jeune cette expression étonnante: “simplicité sans artifices”. Elle s’appliquerait également très bien à la figure de saint Benoît.

Les hagiographes nous parlent de traits fort semblables quant à la maturité spirituelle précoce des futurs ascètes. Ainsi saint Grégoire le Dialogue commence son récit de la vie de saint Benoît par ces mots: “il y eut un homme de vie vénérable..., qui dès son enfance avait un coeur de vieillard”. Et il continue: “Au dessus de son âge par ses moeurs”. On retrouve ce thème, presque mot à mot, dans la tradition sur saint Serge de Radonège. Il suffit de relire la section “les jeunes années” de la vie d’Épiphane. “Cet enfant excellent et remarquable vécut encore un certain temps dans la maison de ses parents, grandissant et progressant dans la crainte de Dieu. Il n’alla pas avec les enfants en train de jouer et ne joua pas avec eux... Les anciens et les autres personnes s’émerveillaient, voyant cette manière de vivre du garçon et disaient: “Que sera ce garçon auquel Dieu a donné dès son enfance une si grande vertu?”. Un peu plus loin dans la section “Sa profession monastique; début de la vie monastique du saint”, nous lisons: “Il avait plus de vingt ans par son âge, mais plus de cent ans par la maturité de la pensée”. Le tropaire du saint aussi souligne ce trait de sa conduite: “Depuis ta jeunesse, ô saint, tu as reçu le Christ dans ton âme”. On pourrait sans doute objecter que nous avons ici à faire à un topos, un lieu commun. Il en est ainsi, mais pas tout à fait. La stylisation iconographique retravaille à sa manière la figure physionomique du saint, l’harmonise avec la norme convenue, avec une certaine “idée” au sens platonicien du mot. Mais elle n’élimine pas le portrait, surtout lorsqu’il s’agit d’un auteur comme saint Grégoire le Dialogue qui réfléchit avec autant d’exactitude, ou d’un auteur comme Épiphane le Sage, qui a connu aussi bien le héros de son récit. Il semble que saint Benoît et saint Serge possédaient l’un et l’autre l’intégrité harmonieuse de la personnalité, un équilibre intérieur, inassimilable au retours catastrophiques même vers le bien, aux conversions tardives, après lesquelles l’homme n’est plus ce qu’il était auparavant. L’habitude de la discipline spirituelle est chez tel ou tel une réalité précoce: elle a réussi à devenir chair et sang et est devenue pour ceux qui le comprennent une seconde nature...

À ce trait commun aux deux saints est lié encore ceci. La vocation monastique, dont ils sont devenus le paradigme idéal respectivement pour le monachisme européen et le monachisme russe, ne les a pas touchés à un moment quelconque de la vie comme une grâce inattendue, mais s’est présentée comme une donnée initiale. Littéralement presque, dès les premiers pas de l’enfance, ils ont marché dans ce genre de vie, et dans aucun autre. De là viennent le caractère paisible de leur ethos monastique et l’absence d’exaltation néophyte. Rappelons encore une fois les paroles citées plus haut “avec mesure et intelligence” (RB 70,5)...

Le sommaire des vertus de saint Serge, présenté dans la section “le déménagement des parents du saint” fait penser tout de suite à la Règle de saint Benoît et à ses caractéristiques selon saint Grégoire le Dialogue. “… Calme, douceur, taciturnité dans la parole, humilité, absence de colère, simplicité sans artifices, un amour égal pour tous les hommes, jamais courroucé, jamais engagé dans une dispute, jamais il n’offensait, jamais il ne se permettait ni faiblesse ni dérision, et quand il voulait sourire (ce qu’il lui fallait faire aussi) il le faisait avec une grande modestie et retenue...”.

Encore une fois on pourrait avancer qu’il s’agit d’un topos, d’un lieu commun, d’une énumération habituelle de vertus convenant à un moine. De nouveau cela est vrai et faux. Les visages de la sainteté, même de la sainteté monastique, sont divers. Pour tracer, par exemple, le portrait spirituel de François d’Assise ou de Thérèse d’Avila en Occident, et même de saint Séraphim de Sarov en Russie, pareil langage serait franchement insuffisant. Mais pour décrire la sainteté de saint Serge, ainsi que le fait le passage cité d’Épiphane, comme celle de saint Benoît, ce langage est quelque part réellement pertinent. Il existe des cas où les caractéristiques paradigmatiques d’un équilibre exemplaire d’un visage intérieur et extérieur d’un saint sont personnelles, et même éminemment personnelles. Cela se vérifie pleinement dans le cas de nos deux saints. Il n’est pas difficile de se rendre compte que cette parenté est liée à leur rôle historique de “pères” de la vie monastique à l’échelle des grandes cultures. Et saint François, et Thérèse et Séraphim sont apparus comme l’incarnation de voies particulières, comme des paradigmes particuliers alternatifs de la praxis ascétique. Benoît et Serge cependant ont été appelés à manifester une norme fondamentale et générale, sans laquelle il n’y aurait même pas lieu de parler de voies particulières. Saint Benoît a composé une Règle qui a servi comme point de départ pour un grand nombre d’initiatives. Saint Serge n’a pas écrit une règle. Mais l’un et l’autre sont devenus dans leur existence personnelle comme la personnification de la règle, un “miroir” vivant de sa norme.

Dans la Règle de saint Benoît, par exemple, la démesure dans le bavardage est les plaisanteries est condamnée. “Ne pas aimer à beaucoup parler. Ne pas dire des paroles vaines ou qui portent à rire. Ne point aimer le rire lourd et bruyant” (RB 4,52-54). “Quant aux bouffonneries et aux paroles oiseuses et qui portent au rire, nous les bannissons pour jamais et en tout lieu, et nous ne permettons pas au disciple d’ouvrir la bouche pour de tels propos” (RB 6,8). La Règle décrit de la manière suivante le onzième degré d’humilité: “le moine dans ses propos, s’exprime doucement et sans rire, humblement et avec gravité, brièvement et raisonnablement, évitant les éclats de voix...” (RB 7,60).

Un facteur important de parenté et en même temps de différence (parenté dans la différence même), consiste dans la nature de leur patrie, l’Italie pour l’un et la Russie pour l’autre. Il ne s’agit pas seulement de l’éloignement géographique du théâtre de leurs exploits ascétiques, mais aussi d’une image symbolique, de deux types de spiritualité. Ni l’un, ni l’autre ne peut tout simplement être imagin en dehors de ce milieu naturel.

Saint Grégoire le Dialogue évoque le paysage montagneux du Mont Cassin où saint Benoît se rend: “La place forte qu’on appelle Casinum est située sur le côté d’une montagne élevée. Celle-ci la reçoit en une large poche, puis continue à s’élever sur un parcours de trois milles, comme tendant son sommet vers le ciel”. Les commentateurs, non sans raison, rappellent dans ce contexte la symbolique biblique de la “montagne du Seigneur” (Ps 23/24, 3; etc.). Il s’agit en même temps aussi d’une montagne tout à fait concret dans le paysage du Latium, et l’auteur donne avec compétence et non sans raison sa hauteur précise, mettant simultanément l’accent sur la signification symbolique par le rappel du sommet qui se lève vers le ciel.

Saint Serge accomplit son ascèse monastique, comme c’est réellement le cas pour un ermite des régions centrales de la Russie, “dans une forêt déserte”, où l’attendent parmi d’autres épreuves “les incursions des fauves et leurs assauts féroces: en ce temps-là beaucoup de fauves l’approchèrent, pas seulement la nuit mais encore le jour; il s’agissait de meutes de loups qui hurlaient et glapissaient, et parfois d’ours...”. Nous nous souvenons tous qu’un de ces fauves, un ours (un habitant tout à fait caractéristique parmi la faune de la forêt russe) est devenu l’ami du saint, objet de ses fatigues et sa consolation dans la solitude volontairement choisie. “Il y avait un fauve, appelé arkouda, à savoir un ours, qui avait l’habitude de venir toujours vers le saint. Voyant que le fauve ne venait pas vers lui méchamment, mais pour recevoir un petit quelque chose de son repas pour s’en nourrir, le saint porta au fauve de sa cabane un petit morceau de pain et le posa sur une souche d’arbre ou sur un tronc pour que le fauve à son arrivée trouve la nourriture prête. S’il arrivait qu’il n’y avait pas de pain et que le fauve s’approchant comme d’habitude ne trouva pas le morceau habituellement préparé pour lui, il ne s’en alla pas pendant longtemps. L’ours resta là, regardant à droite et à gauche, s’obstinant tel un méchant créancier qui veut recevoir son dû... Parfois le bienheureux ne pensa pas à lui-même et souffrit lui-même la faim: bien qu’il n’eût qu’un seul morceau de pain, il le jeta à cet ours”. Ce trait rappelle des récits sur les moines du Proche-Orient, l’amitié de saint Gérasime avec un lion, et en Occident évidemment des épisodes des Fioretti de saint François d’Assise.

Les deux saints ont une même vocation à servir des hommes par la charité.

Prêtons attention encore aux différences entre les deux saints moines. Saint Benoît n’est jamais intervenue directement dans les affaires politiques. De saint Serge, G. Fedotov écrit: “L’intervention du saint dans la destinée du jeune État moscovite, sa bénédiction de l’entreprise nationale, ont été évidemment une des raisons pour laquelle Moscou et plus tard toute la Rous a vénéré saint Serge comme son protecteur céleste... Les princes de Moscou et leur féodaux ont visité Serge dans son monastère, et lui-même est sorti de ses murs vers eux; il a été à Moscou, il a baptisé les fils de Dimitri Donskoï...”.

“Un jour on apprit que par la permission de Dieu, à cause de nos péchés, le prince de la Horde, Mamaï, avait rassemblé une grande armée..., et qu’il marchait sur la terre russe. Tous étaient saisis d’une grande frayeur. En ce temps-là, le grand, glorieux et invincible Dimitri était le Grand-Prince, régnant sur les terres russes. Il alla vers saint Serge, parce qu’il avait une grande confiance en lui, et lui demanda s’il lui enjoignit de sortir contre les athées...”.

Il convient de remarquer, par ailleurs, que justement sur ce point les indications des sources divergent passablement. Il n’existe aucun doute que saint Serge a béni le prince Dimitri Donskoï pour la bataille imminente avec les Tatares, ce qui est devenu un tournant de toute l’histoire russe. Cependant, les circonstances de cet épisode sont présentées de diverses manières dans les différents textes, et cela même dans les différentes versions de la vie écrite par Épiphane. La version contenue dans la “Chronique nikonienne” décrit la conduite du saint comme comparativement retenue et très éloignée de la conviction: il commence par exhorter le prince de prendre sur lui l’humiliation, si de cette manière on pourrait éviter la guerre. Ce n’est qu’en entendant que la guerre est tout à fait inévitable qu’il bénit le prince et son armée.

Malgré tous les traits de parenté, avec toutes les nuances de différence, il existe un fait qui ne trouve pas de parallèle dans la vie de saint Serge. Il s’agit des relations spirituelles de saint Benoît avec sa soeur Scholastique. La fonction particulière de la rencontre de saint Benoît avec sa soeur, telle que saint Grégoire le Dialogue la raconte, contraste fortement avec les conseils habituels de la tradition monastique de fuir les contacts avec une mère ou des soeurs.

Cet article est le dernier écrit de S. Averintsev. Il avait préparé cette communication pour le Symposium du 16 mai 2003 à Saint-Pétersbourg. Ce colloque consacré aux relations ecclésiales et spirituelles entre la Belgique et la Russie était organisé par le Monastère de Chevetogne. La maladie qui avait cruellement frappé Serge Averintsev quelques jours auparavant l’a empêché de la finir et d’y apporter les retouches qu’il aurait sans doute jugées nécessaires. Nous publions ici la conférence telle qu’il l’avait préparée, traduite en français par les soins du Monastère de Chevetogne. Nous remercions le Monastère et la revue «Irénikon», qui avait publié les actes de ce colloque, de nous avoir autorisés à publier cet exposé.

Summary of S. Averintsev, “Saint Benedict of Nursia and Saint Sergius of Radonezh. A Comparison of Two Spiritual Types”. Saint Benedict, the “Father of Western Monasticism” lived only a few decades after the earliest implantation of monasticism in the West. Saint Sergius is similarly called the “Father of Russian monasticism” although he lived several centuries after the founding of the Monastery of the Caves at Kiev. The “Fatherhood” of Benedict of Sergius is based on their spiritual influence on monasticism in their respective regions. Comparisons between the two saints are numerous. Both saints lived in times of invasions and upheavals, and both were to have a cultural influence reaching far beyond the walls of their respective monasteries. Both took their inspiration from the Christian cenobitic tradition of Pachomius and Basil the Great. The concept of “discretio” in Saint Benedict is related to “spiritual vigilance” in the Orthodox tradition. Both saints have been called models of simplicity, and the image of the “youth with the heart of an elder” has also been applied to both. Both Benedict and Serge found their way to monastic life from their childhood. The geographic context in which each saint lived – the mountains of Italy for Saint Benedict, and the Russian forests for Saint Sergius – form a natural background to the spiritual teaching of each. The author underlines a number of contrasts between Benedict and Sergius. Benedict was never involved in the political life of his homeland, whereas Sergius was closely connected with Prince Dimitri Donskoy’s battle against the Tatars. Benedict’s spiritual friendship with his sister Scolastica has no parallel in Russian Orthodox tradition.

  
Zum Gedenken an Sergej Averincev

Am 24. Februar 2004 starb in Wien im 67. Lebensjahr nach langer Krankheit der prominente russische Philologe Professor Sergej Sergeevič Averincev, Spezialist auf dem Gebiet der Geschichte und Theorie der Literatur, Übersetzer und Poet.

Averincev wurde am 10. Dezember 1937 in Moskau geboren und absolvierte im Jahre 1961 die Philologische Fakultät der Moskauer Staatlichen Universität. Er lehrte an bedeutenden Lehranstalten Russlands und im Ausland. Die Hauptrichtungen seiner Forschungstätigkeit waren die christliche Tradition im europäischen Denken und in der Literatur, die neutestamentliche Literatur auf dem Hintergrund der spätantiken Kultur, die Patristik, die mittelalterliche christliche Hymnographie und Hagiographie, die byzantinische Literatur und Philosophie, die Scholastik, die deutsche Literatur der Romantik (C. Brentano) und Neuromantik (G. Trakl, H. Hesse), die russische Poesie (Vjačeslav Ivanov, O. Mandel’štam) und die historische Poetik.

Die Bücher und Artikel Averincevs erschienen ab den 60er Jahren im Druck. Averincev war der Autor zahlreicher Arbeiten über die Geschichte der antiken, byzantinischen, europäischen und russischen Literatur, über die Geschichte des theologischen und philosophischen Denkens und von Übersetzungen aus dem Altgriechischen, Lateinischen, Althebräischen, Syrischen, Deutschen, Französischen und Polnischen. Das im Jahre 1977 erschienene Buch „Poetik der frühbyzantinischen Literatur“ war in der Geschichte der sowjetischen Literaturwissenschaft die erste Monographie, die dem Werk der östlichen Kirchenväter gewidmet war. Unter den Übersetzungen Averincevs finden sich ausgewählte Psalmen, das Buch Ijob, das Markus- und das Lukasevangelium.

Die letzten Lebensjahre verbrachte Averincev in Wien als Professor für Slavistik an der Wiener Universität. Im Mai 2003 erlitt Averincev eine schweren Infarkt, in dessen Gefolge er fast neun Monate im Koma lag. Kurz vor seinem Tod spendete ihm der Bischof von Wien und Österreich Hilarion, Vertreter der Russischen Orthodoxen Kirche bei den europäischen internationalen Organisationen, das Sakrament der Krankensalbung.

Der erste Totengottesdienst für S. Averincev wurde am 24. Februar in der Kathedrale zum hl. Nikolaus in Wien vom Bischof von Wien und Österreich Hilarion unter Konzelbration des Kathedralpfarrers Erzpriester Vladimir Tyschuk und des Kathedralklerikers Priester Radoslav Ristic gefeiert

Vor dem Beginn des Gottesdienstes verlas Bischof Hilarion das von Seiner Heiligkeit dem Patriarchen von Moskau und der ganzen Rus’ Aleksij an N.P. Averinceva gerichtete Beileidschreiben, in dem das Oberhaupt der Russischen Orthodoxen Kirche den Verstorbenen als Menschen charakterisierte, „dessen ganzes Leben vom Glauben an Christus erleuchtet war“.

In seiner Ansprache an die Gläubigen wies Vladyka Hilarion auf seine Erinnerungen an den Verstorbenen hin. „Viele von uns erinnern an die Zeit, als die Kirche von der Gesellschaft getrennt war, als Christ sein bedeutete, die Gesellschaft herauszufordern, seine Position und Karriere und manchmal sogar sein Leben zu riskieren. In jenen Jahren wagte es kaum jemand, über den Glauben und die Kirche in einer der Intelligenz verständlichen Sprache zu sprechen. Einer jener seltenen Menschen war S.S. Averincev. Seine Bücher waren eine Brücke zwischen der verfolgten Kirche und jenen Menschen, die sich außerhalb der Kirche befanden, aber danach dürsteten, ein lebendiges Wort über Gott zu hören. Eben aus seinen Büchern erfuhren viele zum ersten Mal von Romanos dem Meloden, Ephräm dem Syrer, Isaak dem Syrer, Johannes Damascenus und anderen großen Kirchenvätern. In den schwierigen Jahren, als niemand offen über Gott sprechen konnte, sprach er über Ihn, wenn auch verschlüsselt, aber doch klar genug, dass Tausende Menschen durch seine Bücher zu Christus kamen.“

Wie Bischof Hilarion im Weiteren ausführte, war Avernincev ein Mensch von hervorragender Bildung und umfassendem Wissen, der in gleicher Weise die antike Philosophie und Literatur, den deutschen Idealismus, die europäische schöngeistige Literatur, das russische religionsphilosophische Denken sowie das Erbe der griechischen, lateinischen und syrischen Kirchenväter kannte. „Aber nicht in dieser erstaunlichen Bildung bestand das Wesen seines menschlichen und christlichen Werkes, sondern darin, dass er ebenso wie Gregorios der Theologe alle intellektuellen Reichtümer des Ostens und Westens sammelte und sie Christus zu Füßen legte.“

„Nicht zufällig trug das letzte Buch von Sergej Sergeevič, das Übersetzungen patristischer Texte enthält und in Kiev erschien, den Titel ‚Kostbare Perle’“, führte Bischof Hilarion aus. Im Vorwort zu diesem Buch charakterisierte Seine Seligkeit der Metropolit von Kiev und der ganzen Ukraine Vladimir seinen Verfasser als Menschen, der „gleich dem Kaufmann aus dem Evangelium die wertvolle Perle der Lebendigen und Inkarnierten Wahrheit allen Kostbarkeiten der Welt vorgezogen hatte“. Und wieder kommt uns Gregorios der Theologe in den Sinn, der gesagt hat: „Selig, wer anstelle allen Besitzes Christus erworben hat.“ Ein solcher Mensch war Sergej Sergeevič.

Aber nicht das war an ihm bewundernswert, dass er viel wusste, sondern die Tatsache, dass er sein Wissen so freigiebig vielen Menschen mitteilte. Sergej Sergeevič war ein Mensch der Kirche, ein Mensch von echter und von Herzen kommender Frömmigkeit. Außerdem besaß er eine tiefe christliche Demut. Wir verrichten heute unser Gebet für ihn als einen treuen Sohn der Kirche, der vielen Menschen durch sein Wort, durch seine Botschaft und seine wissenschaftliche Tätigkeit gedient hat.“

Die Einäscherung des Leichnams S. Averincevs erfolgte am 4. März 2004 auf dem Wiener Zentralfriedhof. Die Asche Averincevs wird – entsprechend seinem letzten Willen – auf dem Danilovskoe-Friedhof in Moskau beigesetzt werden.

  
Erfahrungen der Sowjetjahre: Solidarität mit dem verfemten Gott

Sergej Averincev

In vielem war der Sowjetkommunismus unaufrichtig. Aber in einer Hinsicht war er völlig aufrichtig, besonders in seiner ersten Periode in den 20er und 30er Jahren. Ich meine den »militanten Atheismus«, der übrigens in der Frühzeit noch nicht durch das Fremdwort »Atheismus«, sondern auf gut Russisch »besboschije«, d. h. »Gottlosigkeit« hieß. »Besboschije« ist im System der russischen Lexika ein extrem drastisches, lebendiges, an Assoziationen überreiches Wort, das zugleich der Sakral-und Bibelsprache und dem derben und kernigen Alltagsidiom angehört, malerisch wie ein Schimpfwort.

Besboschnik kann eigentlich kein Atheist sein, sondern nur ein Fanatiker und ein Frömmler des Antiatheismus, der, wie es einem Frömmler ziemt, seinen Religionskrieg führt – gegen alle Religion. Oder, um die Phraseologie jener Zeit genauer wiederzugeben, gegen Gott selbst. Man veranstaltete förmliche Gerichtsprozesse, bei denen Gott immer zur Todesstrafe verurteilt wurde. Gott selbst wurde verfemt. Das Schicksal jener, die an Gott glaubten, erschien m diesem grandiosen, superkosmischen Umfeld als eine nicht zu beachtende Kleinigkeit.

Anders als der wesensgemäß christentumsfeindliche und doch die »Gott-mit-uns-Gesinnung« vortäuschende Nationalsozialismus, zeigte der Sowjetkommunismus eine vorbehaltlose Ergebenheit dem Prinzip des oben genannten militanten Atheismus gegenüber und erklärte der Religion, jeder Religion, einen Totalkrieg. Heinrich Böll erwähnte einmal, wie erschütternd es für ihn war, in der Hitlerzeit die uniformierten SS-Männer auf der Kommunionbank in einer katholischen Kirche zu sehen. Gott sei Dank waren wir in der kommunistischen Zeit vor derartigen Erlebnissen ziemlich gut beschützt. Die professionellen Menschenfresser erschienen bei uns nicht als Kommunizierende, sondern, viel ehrlicher, als »Gottlose«.

Eine Zerstörung ohnegleichen

Wir – und mit diesem »wir« meine ich nicht einfach »wir russische Gläubige« oder überhaupt »die Gläubigen in der damaligen Sowjetunion«, sondern gerade uns Ältere, die noch die Stalin-Ära mit eigenen Augen gesehen hatten – wir besitzen eine ganz besondere, einzigartige, unschätzbare Erfahrung. Der Blick des Fürsten dieser Welt hat uns einmal durchaus unverhüllt und unvermittelt angeschaut.

Man soll darüber weder beschönigend noch larmoyant sprechen. Eine Zerstörung ohnegleichen hat die Werte vernichtet, die für immer unwiederbringlich dahin sind. So viele Gotteshäuser, vor allem unzählige schöne Kirchen Russlands, aber auch Synagogen und Moscheen wurden in die Luft gesprengt, so viele kostbare Ikonen sind in Flammen aufgegangen. Vor allem aber wurde, um es mit den unsterblichen Worten von Andreas Gryphius auszudrücken, »auch der Seelen Schatz so vielen abgezwungen«. Ja, der Massenabfall, durch die banalste Schwäche verursacht, macht ein ganz besonderes, unver-gessbares Phänomen aus. Es gab Hunderte und Tausende von Glaubenshelden, von Märtyrern und Bekennern, aber Millionen von Konformisten, von Apostaten und auch Verrätern, und keiner, der es von innen her erfahren hat, kann darüber billige Urteile fällen.

Wenn die Verfolgung noch als etwas Neues, Tragisches, ja im gewissen Sinne Sensationelles erscheint, ist es relativ leicht, sich zusammen mit den ringsumher sich meldenden Gleichgesinnten für tapferen Widerstand zu entscheiden. Aber wenn die Repressalien über mehrere Jahrzehnte andauern und zum banalsten, selbstverständlichsten Alltag werden, wenn die kommenden Generationen in diese Atmosphäre von Anfang an hineingeboren werden, dann geht die »Unschuld von Empörung und Erstaunen« (Gilbert K. Chesterton, 1874-1936), die Spontaneität der menschlichen Reaktion auf das Widermenschliche, unaufhaltsam verloren.

Als ich etwa zehn Jahre alt war, hat mir eine alte Bauersfrau über das Leben in ihrem heimatlichen Dorf erzählt. Nebenbei teilte sie mir mit, wie zur Zeit, da die dörfliche Kirche noch nicht geschlossen und zerstört worden war, die lokalen »Komsomolzen« – die Mitglieder des kommunistischen Jugendverbandes – am Kirchweihfesttag auf den Glockenturm gestiegen sind, um die Prozession, also ihre eigenen Eltern und Großeltern, von oben her mit ihrem Urin zu besudeln. Wenn ich heute darüber nachdenke, so verblüfft mich nicht so sehr die Scheußlichkeit des Geschehens selbst als vielmehr der Tonfall unseres Gesprächs darüber. Weder die alte Frau, die ihrerseits ihren Glauben durchaus bewahrt hatte, noch ich, ein Junge aus einer sehr harmonischen Gebildetenfamilie, der doch zu Hause nur die schönsten Erfahrungen vom gegenseitigen Respekt der Eltern bekam, keiner von uns beiden fühlte und zeigte Erstaunen und Empörung. Traurig o ja, traurig waren wir beide, unglücklich, deprimiert, und noch heute fühle ich die lahme, hilflose Trübsal jener Stunden nach.

Vielleicht werde ich sie bis zu meiner Todesstunde in mir tragen. Da waren wir zusammen, eine alte Frau, ein Kind – schon unser Alter, das Alter der Hilflosigkeit, mahnte uns, dass wir alle beide angesichts der unbesiegten Unmenschlichkeit nichts und abermals nichts zu tun imstande waren. Aber weder Erstaunen noch Empörung waren möglich geblieben. Wird etwa jemand erstaunt und empört sein über eine Geschichte aus dem Alltagsleben? Und eine Alltagsgeschichte war es, eine Geschichte aus dem Leben der langen, scheinbar unendlichen sowjetischen Jahrzehnte. Als solche wurde sie erzählt und vernommen, und ich, ein unerfahrener Junge von zehn Jahren, war schon erfahren genug, um genau zu wissen, dass der Alltag außerhalb unseres Familienkreises – und das hieß, außerhalb der Türen unseres Zimmers in einer wohnheimartigen, von den verschiedensten Familien voll gestopften Sowjetwohnung – gerade so und nicht anders beschaffen ist.

Erfahrungen des gemeinsamen Glaubens

So ging es, eine Zerstörung nicht nur des Glaubens, sondern der einfachsten Achtung und Selbstachtung. Zugleich aber schienen die Grenzen zwischen den Gläubigen in der Grenzsituation der allgemeinen Offensive gegen den Glauben in Frage gestellt zu sein, ja unwirklich zu werden. Die Herausforderung der Sowjetzeit gab eine Chance, den Weg zurück zum Eigentlichen, zur Sache selbst, und dadurch zur verlorenen Einheit zu finden. Bekanntlich hat der russisch-orthodoxe Philosoph Leo Kar-sawin, der den Katholizismus ziemlich stark kritisiert und seine Kritik niemals widerrufen hat, vor seinem Tod im GULAG aus den Händen eines katholischen Priesters die heilige Kommunion empfangen. Es ist ein berühmter Fall.

Ich werde Ihnen eine andere Geschichte aus der Zeit des Stalinschen GULAG erzählen. Ein damals junger, jetzt altgewordener, katholischer Priester lettischer Herkunft traf im GULAG einen Landsmann, einen älteren Letten lutherischer Konfession. Er sah, dass der Alte dem Sterben nahe war und bot ihm die heilige Kommunion an, natürlich ohne Vorbedingung irgendeines konfessionellen »Übertrittes«. Der Vorschlag wurde angenommen, und zwar mit großer Freude.

Nun fühlte sich der katholische Priester verpflichtet, den Kommunizierenden nach den Artikeln des Apostolikums zu fragen. Also musste es auch zum Artikel über »die heilige katholische Kirche« kommen. Natürlich ist das Apostolikum auch in der lutherischen Kirche angenommen, an dieser Stelle aber lautet die Formulierung »eine heilige, christliche Kirche«. Der alte Laie hatte keine theologischen Kenntnisse, also bestand die Gefahr, dass er das Wort »katholisch« im konfessionellen Sinne verstehen werde, als ein Beweis, dass er doch heimtückischerweise zum Übertritt genötigt werde. Darum hat der Priester seine Frage folgenderweise umformuliert: »Glaubst du an die Kirche, die vom Heiland begründet wurde?« Das war für den alten lutherischen Christen verständlich und im Nu waren die konfessionellen Unterschiede zwischen diesen Menschen mindestens für einen Augenblick verschwunden. Durch die schreckliche Wirklichkeit der Stalinzeit wurden sie beide zur primären christlichen Glaubenswirklichkeit zurückgewiesen, ja zurückgezwungen: Zur Kirche Christi.

Der Schritt des Priesters von der konfessionalistisch verstandenen Identität der »sancta ecclesia catholica« zur primären Identität der durch Christus selbst gestifteten Kirche war keine liberale Geste einer freieren, einer »ökumenischen« Gesinnung, sondern einfach und allein Ent-schluss seines Glaubens – und natürlich auch seiner mit dem Glauben verwachsenen Menschlichkeit.

So war es einst, und wir sind verpflichtet, das einst Gewesene um Gottes willen nicht zu vergessen. Mit Mühe sollen wir wieder und wieder die ganze Situation dieser »ökumenischen Begegnung« nachfühlen, nachdenken, nacherfahren. Denn sonst – ich fürchte mich, solche entsetzlichen Worte auszusprechen, aber so liegen nun einmal die Dinge – sonst wird es wohl notwendig sein, uns alle wieder in GULAGartige Extremsituationen zu versetzen, auf dass wir mindestens in dieser Lage die richtigen Größenverhältnisse der Dinge zu erkennen imstande sind. Die kostbare Lehre wurde durch die Leiden der anderen erkauft, um uns angeboten zu werden. Es ist kaum zu verneinen, dass diese Ökumene des GULAG viel überzeugender erscheint als manche, an sich durchaus notwendigen offiziellen ökumenischen Kontakte heute.

Aber eigentlich habe ich kein Recht, den Todernst solcher Episoden durch mein Wort zu beschwören. Nur die Dulder, die tapferen Bekenner selbst, die Menschen, die selbst das Schwierigste auf sich genommen und ausgekostet hatten, dürfen darüber sprechen. Im Vergleich mit diesen Frontkämpfern des Glaubens war ich immer eine Etappenperson, nie vergesse ich das. Darum gehe ich zu einem bescheideneren Gegenstand über: zu meinen eigenen persönlichen Erfahrungen aus der Sowjetzeit.

Die Entdeckung der Leiblichkeit des Glaubens

Ich war in einer Gelehrtenfamilie geboren, die zwar weder kommunistisch noch atheistisch gesinnt war, aber viel vom Agnostizismus des vorigen Jahrhunderts, wenn nicht sogar vom Deismus der Aufklärungszeit, behalten hat. Darum hatte ich in meiner Kindheit und Jugend zwar religiöse Interessen und ziemlich verschwommene religiöse Vorstellungen, aber keine kirchliche Praxis, war eben kein »praktizierender« Christ. Zur gleichen Zeit aber verschlang ich eine Unmenge der religionsphilosophischen Literatur, die ich bei Freunden oder, durch ein Versehen der Behörden, in den Moskauer Bibliotheken und Antiquariatsbuchhandlungen aufzufinden imstande war.

Natürlich las ich viele Bücher orthodoxer russischer Autoren. Was ich aber heute hervorheben möchte, ist die Tatsache, dass es zwischen den Büchern, denen ich meine Bekehrung zur orthodoxen Praxis des sakramentalen und solidarischen Gemeindelebens verdanke, auch katholische, evangelisch-lutherische und anglikanische Werke gab, auch die Werke des großen reformierten Theologen Karl Barth. Ferner las ich Romano Guardini, Erich Przy-wara, Hans Urs von Balthasar, auch die deutschen evangelischen Theologen Paul Tillich und Dietrich Bonhoeffer, aber auch ein schlichtes, in der damaligen DDR erschienenes lutherisches Lehrbuch der praktischen Theologie.

Mehr noch: unter den Denkern, die mir damals meinen Weg zur orthodoxen Kirche auf eine konkrete Weise gewiesen und erleichtert haben, muss ich auch den großen Deuter der jüdischen Tradition, Martin Buber, nennen: Natürlich das Buch »Ich und Du«, aber vor allem wohl seine Betrachtungen über die »Leiblichkeit« der Bibel und über das Gottesvolk als »Leib«. Es war mir nützlich als Heilmittel gegen jenen deistisch geprägten Spiritualismus, der gerade die Leiblichkeit von Sakrament und Gemeinde verachtet. Wenn schon die Schrift so leiblich erscheint, wie Martin Buber es zeigt, dann lohnt es sich wohl, durchaus leiblich das sakramentale Gemeindeleben zu teilen und zu einer Pfarrei zu gehören! So hat mir Martin Bubers »Leiblichkeit« geholfen, das eucharistische »das ist mein Leib« zu verstehen.

Aber auch die Bubersche Kritik des christlichen Glaubens, die scharf genug ist, doch immer in den Grenzen der intellektuellen Redlichkeit bleibt und darum kein Gift verspritzt, war mir eine rechtzeitige Mahnung, dass der Glaube, auch der christliche Glaube, kein bloßes Für-wahr-Halten, sondern vor allem Treue zum Geglaubten ist. Die Leiblichkeit des Gotteswortes und des Gottesvolkes, die Leiblichkeit der verfolgten und verachteten Kirche erschien also als Raum der Treue, die auch auf eine leibliche Weise bezeugt sein soll.

Zu derselben Zeit, da jene Wende zur Kirche in mir reif wurde, suchte und fand ein junger, mir befreundeter Jude seinen Weg zum Glauben seiner Väter. Wir haben uns die Geheimnisse unserer zweifachen Bekehrung – zur Kirche bei mir, zur Synagoge bei ihm – gegenseitig anvertraut und fühlten uns einander wirklich nah. Ich erinnere mich an eine Stunde am Tisch seines ungläubig gebliebenen Vaters: Moskauer Intellektuelle, die alle gar keine konkreten Erfahrungen des Glaubens besaßen, plauderten in etwas snobistischer und selbstsicherer Weise über religions-philosophische Themen. Wir beide aber schwiegen bei dem Plaudern und sahen einander an mit demselben Gedanken: Du und ich, wir wissen, worum es geht, und darum schweigen wir.

Das Erbe der Bekenner und Märtyrer

Dank der Grenzsituation, die die Opfer unserer Vorfahren im Glauben gefordert hatte, haben wir erkannt: die Distanz zwischen den verschiedenen Konfessionen und vielleicht auch Religionen – wenigstens den monotheistisch-abrahamitischen – ist nicht so definitiv wie eine andere Trennung, die quer durch alle Konfessionen und Religionen geht: die Trennung zwischen denen, die ihren Glauben als das für sie wirklich Primäre betrachten und ihn folglich zu leben versuchen, und denen, die aus ihrer Religion eine Ideologie machen wollen. Im Glauben geht es um Treue. Und die Grenze zwischen den Treuen und den Treuebrüchigen geht quer durch alle Konfessionen.

Was wir einst erschaut haben, ist aufbewahrt in unserem Gedächtnis. Waren unser gegenseitiges Verständnis und unsere Einigkeit von gestern nur ein taktisches und pragmatisches Paktieren gegen die gemeinsamen Verfolger, eine nur durch ein »Feindbild« stimulierte vorübergehende Annäherung? Wenn es so wäre, was Gott verhüten möchte, dann wäre alles umsonst gewesen und eine große Chance vertan. Nein, wenn zwischen jenem neu zum Glauben seiner Väter gekommenen Juden und mir, dem zur Kirche gekommenen orthodoxen Christen, eine Einigkeit entstanden war, so war es eine Verschwörung der Treue – eine Verschwörung nicht etwa bloß gegen die sowjetkommunistische Ideologie, sondern zuallererst gegen unsere eigene innere Schwäche, gegen unsere eigene Untreue. Und diese Einigkeit der Treue und der Treuen soll bestehen bleiben, auch da, wo sie emotionell nun nicht mehr so lebendig empfunden wird.

Dem Zeitgeist gegenüber hat uns unsere Erfahrung recht misstrauisch gemacht. »Passt euch nicht diesem Äon an!«, so mahnt uns der Apostel Paulus im Römerbrief (12, 2). Und dieses Wort, das in der Sowjetwirklichkeit einst so erschütternd gewirkt hat, ist für alle Verhältnisse gültig, nicht nur für die einer totalitaristischen Gesellschaft. Es gibt einen Konformismus der alltäglichen Reaktionen, des Lebensstils, der für mich immer und überall etwas mit der politischen Sphäre zu tun hat. Aber ein konformistisches, ein angepasstes Christentum ist immer eine »contradictio in adjecto«, also eine Unmöglichkeit in sich selber. Es ist ein Salz, das seine Kraft verloren hat. Auch diese Lehre haben uns die Erfahrungen, die wir gemacht haben, für immer tief in unser Herz und unser Gewissen eingeprägt.

  
In Memory of Sergey Averintsev

Professor Sergey Sergeevich Averintsev, the outstanding Russian linguist, specialist in literary history and theory, translator and poet, passed away in Vienna on 21 February 2004.

Averintsev was born on 10 December 1937 in Moscow and graduated from the Faculty of Linguistics of Moscow State University in 1961, after which he taught at major universities both in Russia and abroad. His main areas of research were: the Christian tradition in European thought and literature, New Testament literature in light of late classical culture, patristics, medieval Christian hymnography and hagiography, Byzantine literature and philosophy, scholasticism, German Romantic literature (C. Brentano) and Neo-Romanticism (G. Trakl, H. Hesse), Russian poetry (V. Ivanov, O. Mandelshtam) and historical poetry.

Prof. Averintsev, whose books and articles began to appear in the 1960’s, was the author of many works on the history of classical, Byzantine, European and Russian literature, the history of theology and philosophy, as well as of translations from ancient Greek, Latin, Hebrew, Syriac, German, French and Polish. His book The Poetics of Late Byzantine Literature, published in 1977, became the first monograph in the history of Soviet literary criticism on the works of the Fathers of the Eastern Church. Among his translations are selected psalms, the Book of Job and the Gospels according to Mark and Luke.

Over the past few years Averintsev lived in Vienna, where he was a professor of Slavic Studies at the University of Vienna. In May 2003 he suffered a serious heart attack which put him in a coma for almost 10 months. Shortly before his death Bishop Hilarion of Vienna and Austria, Representative of the Russian Orthodox Church to the European Institutions, administered to him the Sacrament of Holy Unction.

The first memorial service for him was served on 24 February 2004 in the Cathedral of St. Nicholas in Vienna by Bishop Hilarion of Vienna and Austria, together with Archpriest Vladimir Tyshchuk, the dean of the cathedral, and priest Radoslav Ristic, member of the cathedral clergy.

Before the beginning of the service, Bishop Hilarion read the letter of condolence addressed by His Holiness Patriarch Alexy of Moscow and all Russia to N. P. Averintseva, in which the Primate of the Russian Orthodox Church described the departed as a “man whose entire life was enlightened by the faith of Christ”.

Addressing the faithful at the cathedral, Bishop Hilarion shared with those present his memories of the late professor: “Many of us remember the times when the Church in Russia was separated from society, when being a Christian meant challenging society, risking one’s position, career and sometimes even one’s life. In those years few dared to talk about faith and the Church in a language understandable for the intelligentsia. One of these rare people was Sergey Averintsev. His books were a bridge between the persecuted Church and those who were outside the Church but desired to hear words of living faith about God. It is through his books that many came to know about Romanos the Melodist, Ephraim the Syrian, Isaac the Syrian, John of Damascus and other great Fathers of the Church. In those difficult years when nobody could speak openly about God, he spoke about Him – discreetly, but distinctly enough so that thousands of people came to Christ through his books”.

As Bishop Hilarion remarked, Averintsev was a man of extraordinary erudition and encyclopedic knowledge, equally familiar with classical philosophy and literature, German idealism, European literature, Russian religious philosophy and the works of the Greek, Latin and Syriac Church Fathers. “However, the essence of his human and Christian achievements was not in his extraordinary erudition, but in the fact that, as Gregory Nazianzen wrote, having gathered all the intellectual wealth of the East and West, he laid all of this at the feet of Christ”.

“It is not by chance that the last book of Sergey Sergeevich, containing translations of patristic texts and published in Kiev, is called The Pearl of Great Price”, Bishop Hilarion noted. “In the preface to this book His Beatitude metropolitan Vladimir of Kiev and all Ukraine described its author as one ‘who, like the Gospel merchant, preferred the pearl of great price of the Living and Incarnate Truth to all the riches of the world’. Once again we remember the words of Gregory Nazianzen: ‘Blessed is he who has acquired Christ instead of all the riches of the world’. Such a person was Sergey Sergeevich”.

“It is not surprising that he knew so much”, Bishop Hilarion concluded, “but that he so abundantly shared his knowledge with many people. He was a man of the Church, a man of true and heartfelt piety. Moreover, he was characterized by a deep Christian humility. And today we pray for him as for a faithful son of the Church, who served many people through his words, preaching and scholarly work”.

The cremation of S. Averintsev took place at Vienna’s Central Cemetery on 4 March 2004. His ashes, in accordance with his will, are to be buried in the cemetery of the St. Daniel monastery in Moscow.

  
Overcoming the Totalitarian Past

Sergey Averintsev

"Vergangenheitsbewältigung", "overcoming" the totalitarian past, is the task that all nations that had to go through a totalitarian experience, theoretically speaking, have to face. But actually not all of them realize the necessity of this process.

One of the morals that can be drawn from the analysis of totalitarian madness is that into utter madness does turn any reasoning system that is uncritical of itself. Cold-eyed self-perception is the most important thing, especially when it comes to criticism.

1. It should first be noted that the very idea of overcoming the past, that is, the idea of systematic criticism of a nation as a whole, in contrast to criticism of nation's high-rankers, is quite new and has had no parallel in the history of humankind.

Karl Jaspers in his work Die Shuldfrage (1946) defined the problem that had never been discussed before – naturally, I do not mean the case of Germany but the problem of the various grades of collective guilt.

In the previous centuries they did not accept the idea that one who executes a command, even if the command does not directly involve killing, is guilty before the humankind and oneself if world public opinion and one's own conscience do not consider this war just. The "usurper" Napoleon could be guilty from the point of view of traditional monarchism, as well as from a more liberal point of view, as an enslaver. But this blame could not really be laid on the soldiers of La Grande Armée. And it was not for nothing that the Russian general Bagration a minute before he was mortally wounded at Borodino shouted "Bravo, bravo!" to the enemies – the French grenadiers who were fearlessly attacking the Russian army. The First World War greatly promoted the development of a system that evoked a systematic assault not only of enemy nation's ruling elite but also of the whole civilization related to it. Among those who attacked the accused were the great minds of the countries involved in the war – Thomas Mann on the German part, Charles Péguy on the French part. T. Mann and Chesterton, who were so different in life, resembled each other greatly, proving that it was Germany (or, just the contrary, England) that was playing in the conflict the honourable part of keeping the cultural tradition while the opposite party was supporting the dead technological civilization.

Totalitarianism utilized this tendency and encouraged it extremely. Nazis regarded all their adversaries as Untermenschen; the Soviets actually considered morally guilty every foreigner who did not try hard to become a "friend of the Soviet Union" and thus wash his guilt away. As for those who were around, totalitarianism tried, by right or wrong, to saddle on each of them responsibility for each of their actions. This was what distinguished it from archaic kinds of despotism, which satisfied itself with blind obedience and did not demand participation in faked elections and demonstrations.

2. We will in no way discredit the moral principle that underlies the idea of overcoming the past if we forebear mythicizing the circumstances under which this idea became a political reality for the first time (i.e. the moment the Second World War ended). That this mythicizing is possible, proves the famous question that some Russian dissidents were asking in the times of the collapse of the Soviet ideology – why not to commit those who are guilty of crimes of communist totalitarianism for a Nuremberg trial? One can put such a question seriously only if one forgets the circumstances under which the famous trial took place. The ground for the Nuremberg trial was prepared by worldwide moral reflection, in which "the other Germany" (das andere Deutschland), the Germany of emigration and resistance, also took part. The process of reflection was an indispensable precondition. But it couldn't become a reality if it were not for other factors. It was the victory of the Allied Powers (including the Stalinist Soviet Union, in which totalitarianism reached its apogee) that made the Nuremberg trial and the further program of denazification possible.

The case with the Soviet Union was different. The situation that in German is called die Wende was caused by a complex set of internal reasons. But anyway, the role of moral protests against totalitarianism cannot be denied. The protests were so strong that they couldn't be ignored without a new wave of rampant terrorism, which Gorbachev was against. But they also were not strong enough to achieve an absolute victory. The result was a compromise between the Soviet elite and the oppositional part of the society, the terms of which were quite close to what Solzhenitsyn suggested in his "Letter to the Soviet Leaders" – we get rid of totalitarian ideology and leave the former leaders at their posts, as a pay for this peaceful and bloodless liberation. We agreed to this compromise, and I still see no alternative to it but a series of bloody catastrophes. But we have to admit that it was neither an external force nor an uprising from below that defeated the former system but the party elite itself. An old moral and juridical axiom says, pacta sunt servanda (treaties must be kept).

It is interesting to note that, while remorse of conscience and world public opinion are demanding from Germany and Russia a still further discussion of their own crimes, there are countries from which no one demands anything. Among these numerous countries is Turkey, which has been persisting in denying the fact of the genocide of 1914-1915 and the next years – the massacre that swept off most part of Armenian population. The recent recognition of this fact by France triggered a violent reaction on the part of Ankara. But generally the world remains silent – everyone needs Turkey as an ally; its admittance to the European Union is being considered. Inside Turkey everyone remains silent as well...

Apparently, not every cultural tradition accepts the notion that a nation should speculate on its collective responsibility for sins and crimes of the past and confess these sins and crimes to the whole world. This idea is either supported by a nation or not. If it is supported, it can be temporally subdued or suppressed but still it continues living its secret life. It is evidently closely related to high appreciation of penitence, which is associated with Christian tradition. In the famous classification that dates back to Ruth Benedict all this is called culture of conscience. Eastern civilizations pursue culture of shame – for one thing, one must not lose one's honour and therefore should keep unpleasant secrets to oneself. Modern liberalism now and then prefers culture of shame as protecting against too negative emotions, but evidently enough, the future of Europe's freedom tradition will be conditioned by culture of conscience.

Naturally, we also often prove ready to forget about conscience and only care about not losing our honour. But we are not able to act like this bona fide, as if nothing has happened, and this is what unites us, Russians, with Westerners. I personally have no doubts that this is a manifestation of our common Christian heritage.

3. The program of Überwältigung is, inevitably and naturally, thought of as a program of re-education of the masses. But this draws it close to the totalitarianism, which it aims to overcome and which itself presented a project of out-and-out re-education. Holding Karl Jaspers in respect, I still must say that I understand (although do not approve) Ernst Robert Curtius's famous reaction against his pedagogical claim to act as a "praeceptor Germaniae" (preceptor of Germany), willing to educate everyone and set everything in their places. Totalitarian experience is an antidote for any tactics incident to educators of the masses.

The distinguished scientist and thinker Karl Kerenyi once said that the spirit of abstraction opened doors to national-socialism when Jews as personalities were substituted by the impersonal category of "Jewry" – "to kill Jews" sounds dreadfully; "to liquidate Jewry" resembles a description of some logical operation. I am afraid that some of this schematism, which played a fatal role in the past we are trying to overcome, may penetrate into the practice of political education of new generations.

I don't want to predict any gloomy prospects but I am sure that (heaven forbid) if das radikal Böse, the power, shocking to morality, comes again, it would not be hard for it to find a verbal mask that would formally differ from any kind of totalitarianism we already know. Our thinking habit prompts us to await something that has already happened, although it was a long while ago that Heraclitus said, "You cannot step twice into the same river." (The fear of restoration of Tsarist absolutism once prevented Russian liberals like Kerensky from seeing the much more fearful autocracy of Lenin, which was approaching them.) One can hardly build a barrier to possible future threats out of ready-made phrases repeated in chorus, out of the casuistic political correctness and the like building material. Today's liberalism is insufficiently liberal; it is deaf to anything that stays apart from media slogans. But there is only one antidote for a new totalitarianism, and that is a sense of individual responsibility for every word and action, and consequently, distrust of inculcation, of mass suggestion, and of the spirit of abstraction, which Kerenyi spoke of.

4. There are two kinds of dispositions that I consider dangerous for the cause of overcoming the past, and these are sentimentality and cynicism. The following example will for a change refer neither to Russia nor to Germany. Consider the debates on the extermination of Jews in the Polish town of Jedwabne on July 10 1941. This massacre has been thought to be the doing of Nazis but Professor Jan Tomasz Gross from New York now says the Jews were killed by the locals. I am neither a Pole nor a specialist in Polish history, and I do not have a judgement about Gross's thesis, which does not seem reasoned enough. It just grieves me that this conclusion is being used as a disproof of the image of Poland as a martyr country. How can one continue dividing nations into the "good" and the "bad" and moreover claim that only the former deserve compassion after all the attempts to overcome Nazism? If this is not racism, what is racism? How can one shift the blame of those who are to blame to the whole "Polish society"? Were those not Hitlerites who used to reason in this way?

5. What obstacles are there today to the process of overcoming the totalitarian past and dissociation of nations? In my opinion, there are two contrary kinds of them. On the one hand, these are relict but enduring and militant anti-liberal tendencies of nationalist and isolationist kind. On the other hand, this is the disposition of modern liberalism, which has taken over the task of re-educating nations, to reduce itself to a slogan, to a primitive gesture, and present these slogans and gestures as our only chance. Gestures are often not only graceless but also silly, giving a chance to those who are against any dialogue. In 1996 representatives of Greenpeace came to Russia to agitate for Russia's nuclear disarmament – a serious problem in every respect. In order to attract young people, they started some indecent dancing which verged on pornography. Any Russian neo-Nazi or neo-Communist could say at that moment, "Look what dirt they are trying to buy our youth for!"

There have been plenty of such occurrences, and not only in Russia. This has nothing to do with permissiveness or tolerance; this is just intrusion of a particular way of life upon the whole world. This way of life is presented as a symbol of the democratic civilization. One cannot approve behaviour of the Indian who burned himself in protest against the beauty contest that somehow had to be organized in India at any cost. But one can and should understand him. If it were not for these occasions, neo-Communists, neo-Nazis, Islamic fanatics, and the others would not have any chance. A democrat cannot afford to merely demonstrate his contempt and indignation against a person from the masses when he or she listens to most odious heralds of anti-liberalism, votes for them, etc. We must each time ask ourselves, "How could we permit the situation in which they vote for Tom, Dick and Harry only to demonstrate to us the extent of their dissatisfaction?"

6. It would be useful to keep in mind that each time totalitarianism came to power it was not just a response to a subconscious wish. Totalitarianism was possible insofar as it was an absolutely false answer to quite real questions. And the only way to prevent totalitarianism from coming back today is to be open to questions, to be completely honest and sober, as far as questions are concerned. Exercising in reacting most "properly" to words cannot substitute engrafting intellectual honesty in the minds.

Abridged translation by Olga Yurchenko


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