En français:
Les Bases de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe: V. Eglise et politiqueEvêque Hilarion Alfeyev: L’Eglise orthodoxe russe et la Constitution européenneIn English:Conclusions of the Inter-Orthodox Consultation on the Draft Constitutional Treaty of the European UnionBritain: Census Proves the Force of ChristianityLetters to the Editor / Lettres à l’éditeurLes Bases de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe: V. Eglise et politique5.1) Dans les Etats contemporains, les citoyens participent au processus de direction du pays par les élections. La plupart d’entre eux appartiennent à un parti politique, à des mouvements, des unions, des blocs, ou autres formations semblables, adhérant à différentes doctrines et conceptions politiques. Ces formations, qui aspirent à organiser la vie sociale en fonction des convictions politiques de leurs membres, ont entre autre pour objectif la réalisation, le maintien et la réforme du pouvoir dans l’Etat. Pendant la période d’application des pleins-pouvoirs reçus de la volonté des citoyens par le biais des élections, les organisations politiques peuvent participer à l’activité des structures du pouvoir législatif et exécutif.
La coexistence, dans la société, d’opinions politiques différentes et bien souvent contradictoires, d’intérêts agissant dans des sens opposés, engendre la lutte politique, qui peut être conduite de façon légale et selon des méthodes moralement justifiables, mais qui utilise bien souvent des méthodes contredisant les normes du droit politique, la morale chrétienne et la morale naturelle.
5.2) L’Eglise, selon le commandement divin, doit manifester sa préoccupation de l’unité de ses membres, de la paix et de la concorde au sein de la société, de l’engagement de tous ses membres dans un travail créateur commun. L’Eglise est appelée à prêcher et à susciter la paix dans toute société qui lui est extérieure: «Si cela vous est possible, soyez en paix avec tous les hommes» (Rom 12, 18); «Efforcez-vous d’être en paix avec tous» (Heb 12, 14). Mais l’unité dans la foi et l’amour sont plus importants encore pour elle: «Je vous en prie mes frères, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il n’y ait pas parmi vous de division, soyez étroitement unis dans le même esprit et dans la même pensée» (1 Cor 1, 10). L’unité de l’Eglise comme corps mystique du Christ (Eph 1, 23), de l’être incorruptible dont dépend le salut éternel de l’homme, est pour elle une valeur essentielle. Saint Ignace le Théophore, s’adressant aux enfants de l’Eglise du Christ, écrit: «Vous formez tous ensemble comme un seul temple de Dieu, comme un seul autel, comme un seul Christ».
Devant les désaccords politiques, les contradictions et les luttes, l’Eglise enseigne la paix et la coopération des partisans de différents courants politiques. Elle autorise de même l’existence d’opinions politiques différentes au sein de l’épiscopat, du clergé et parmi les laïcs, à l’exception de celles qui conduisent nécessairement à commettre des actes contraires à la doctrine orthodoxe et aux normes morales de la tradition ecclésiale.
La participation des membres de la hiérarchie ecclésiastique, des serviteurs du culte, et par extension du Plérôme de l’Eglise, à l’activité des organisations politiques, aux processus électoraux, comme le soutien public d’organisations politiques ou de candidats donnés, ainsi que l’agitation, ne peuvent être admis. Les serviteurs du culte ne sont pas autorisés à présenter leur candidature aux élections des organes politiques à quelque niveau que ce soit. Dans le même temps, rien ne doit empêcher la participation des évêques, des serviteurs du culte et des laïcs, pas plus que celle des autres citoyens, à la manifestation de la volonté populaire par le biais des élections.
L’histoire de l’Eglise montre qu’elle a à maintes reprises soutenu différentes doctrines, conceptions, organisations et meneurs politiques. Cette attitude s’explique souvent par la nécessité de défendre les intérêts essentiels de l’Eglise dans les conditions extrêmes des persécutions religieuses, des destructions et de la coercition exercée par des pouvoirs appartenant à d’autres confessions ou d’autres religions. Parfois, ce soutien était la conséquence de la pression du pouvoir ou des structures politiques et conduisait habituellement à des divisions et des contradictions au sein de l’Eglise, et à au retrait d’une part de ses membres faibles dans la foi.
Au XXe siècle, les serviteurs du culte et les hiérarques de l’Eglise orthodoxe russe ont appartenu à certains organes de représentation du pouvoir, en particulier à la Douma d’Etat de l’Empire russe, aux Conseils suprêmes de l’URSS et de la Fédération de Russie, à des conseils locaux et des assemblées législatives. La participation des serviteurs du culte à l’activité des organes du pouvoir a certes parfois été un bien pour l’Eglise et la société, mais elle a trop souvent engendré le désordre et la division. Tel fut en particulier le cas, lorsque fut autorisé l’appartenance du clergé à certaines fractions parlementaires, ainsi que lorsque les clercs se présentèrent eux-mêmes aux élections sans la bénédiction de l’Eglise. De façon générale la pratique de la participation des serviteurs du culte à l’activité des organes du pouvoir a montré qu’elle oblige presque toujours à prendre sur soi la responsabilité de résolutions satisfaisant les intérêts d’une partie de la population et contredisant ceux des autres, ce qui complexifie sérieusement le travail pastoral et missionnaire des serviteurs du culte appelés à être, selon l’apôtre Paul: «tout… à tous, afin d’en sauver à tout prix quelques-uns» (1 Cor 9, 22). Dans le même temps, l’histoire montre que la participation ou l’abstention des serviteurs du culte à l’activité politique a toujours été décidée et doit être décidée en fonction des besoins de chaque époque concrète en tenant compte de l’état de l’organisme ecclésial et de sa situation au sein de l’Etat. Cependant, d’un point de vue canonique, il est exclu que les serviteurs du culte puissent occuper professionnellement un poste politique.
Le 8 octobre 1919, le saint patriarche Tikhon s’adressait au clergé de l’Eglise orthodoxe russe dans une lettre pastorale où il invitait les clercs à ne pas s’immiscer dans la lutte politique et insistait particulièrement sur le fait que les serviteurs de l’Eglise «de par leur rang doivent se situer au-dessus et en dehors de tout intérêt politique et doivent se rappeler les règles canoniques de la sainte Eglise qui interdisent à ses serviteurs d’intervenir dans la vie politique du pays, d’appartenir à quelque parti politique que ce soit, ainsi que de faire des rites et des actes liturgiques un instrument de provocation politique».
En vue des élections des députés du peuple de l’URSS, le 27 décembre 1988 le Saint Synode a résolu de «bénir l’activité de représentants de notre Eglise, au cas où ils se seraient présentés et seraient élus députés du peuple, certaine de servir ainsi le bien des croyants et de toute notre société». En dehors du poste de députés du peuple de l’URSS, un certain nombre d’évêques et de clercs ont occupé des postes de députés dans les conseils des républiques et dans les conseils régionaux et locaux.
Les nouvelles conditions de la vie politique ont amené le Conseil épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe d’octobre 1989 à accorder une attention particulière à la discussion de deux questions: «en premier lieu, jusqu’à quel point l’Eglise peut-elle porter la responsabilité de décisions politiques sans que soit mise en doute son autorité pastorale; en second lieu, est-il permis à l’Eglise de refuser de participer au processus législatif et à la possibilité d’exercer une influence morale sur le processus politique, lorsque le destin du pays dépend de la prise ou non de telle résolution». Le Concile épiscopal a reconnu à la définition du Saint Synode du 27 décembre 1988 un caractère relatif, s’appliquant exclusivement à des élections données. Pour l’avenir, fut adopté l’ordre suivant: la question de l’opportunité de la participation des membres du clergé à toute campagne électorale doit être au préalable et dans chaque cas concret examinée par les supérieurs ecclésiastiques (le Saint Synode dans le cas d’un évêque, l’évêque dont il dépend, dans le cas d’un simple clerc).
Certains représentants du clergé ont participé aux élections sans avoir reçu la bénédiction nécessaire. Le Saint Synode a communiqué le 20 mars 1990 qu’à son grand regret «l’Eglise orthodoxe russe décline toute responsabilité morale et religieuse dans la participation de ces personnes aux organes électifs du pouvoir». Dans un esprit «d’économie», le Synode s’est abstenu de prendre les sanctions imparties vis à vis des personnes ayant enfreint la discipline, «constatant que cette attitude relève de leur propre conscience».
Le 8 octobre 1993, en réponse à la formation d’un parlement professionnel en Russie, le Saint Synode prit en séance élargie la décision d’enjoindre les serviteurs du culte de s’abstenir de participer aux élections parlementaires russes en qualité de candidats au poste de député. L’arrêt correspondant du Saint Synode décrète également que les serviteurs de culte l’ayant enfreint sont passibles de la privation de leur rang. Le Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe de 1994 a approuvé cette décision du Saint Synode comme étant «d’actualité et sage», et étendu son effet «pour l’avenir à la participation des serviteurs du culte de l’Eglise orthodoxe russe aux élections de tout organe de représentation du pouvoir dans les pays de la Communauté des Etats indépendants et des Etats baltes, aussi bien au niveau national qu’au niveau local».
Le même Concile Episcopal, répondant aux défis de la réalité contemporaine dans la fidélité aux saints canons, a établi une série de règlements particulièrement importants sur ce thème. Ainsi, l’une des définitions du Concile stipule: «L’impossibilité pour le Plérôme de l’Eglise de soutenir quelque parti, mouvement, bloc, union ou toute autre formation politique que ce soit, ainsi que leurs représentants, et en premier lieu lors des campagnes électorales, est confirmée… On estime de même tout à fait indésirable l’appartenance des serviteurs du culte à des partis politiques, mouvements, blocs, unions et autres organisations semblables, en particulier à celles qui participent à la campagne électorale».
Le Concile Episcopal de 1997 a développé les principes des relations entre l’Eglise et les organisations politiques et renforcé l’une des résolutions du précédent Concile en ne donnant pas sa bénédiction aux serviteurs du culte désireux d’appartenir à des formations politiques. L’arrêt du Concile « Des relations avec l’Etat et la société civile » affirme en particulier: «Le dialogue et les contacts de l’Eglise avec les organisations politiques doit être salué tant que ces contacts ne prennent pas la forme d’un soutien politique. La collaboration avec de telles organisations est inadmissible lorsqu’elle peut s’avérer utile pour l’Eglise et le peuple, sauf si cette collaboration peut être interprétée comme un soutien politique… La participation d’évêques et de serviteurs du culte à quelque forme d’agitation électorale que ce soit n’est pas admissible, de même que l’appartenance à des formations politiques dont les statuts prévoient la présentation de leurs candidats aux postes électifs d’Etat à quelque niveau que ce soit».L’absence de participation du Plérôme de l’Eglise à la lutte politique, à l’activité des partis politiques et aux campagnes électorales ne signifie pas qu’elle refuse d’exprimer publiquement sa position sur les problèmes sociaux les plus importants, ou de présenter cette position devant les organes du pouvoir de tout pays. Mais l’expression de la position de l’Eglise est réservée exclusivement aux Conciles ecclésiaux, à la hiérarchie de l’Eglise et à ses mandataires. Dans tous les cas, le droit d’exprimer la position de l’Eglise ne peut être transmis aux institutions gouvernementales, ni à des organisations, politiques ou autres.
5.3) Rien n’empêche la participation des laïcs orthodoxes à l’activité des organes de pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ni à celle des organisations politiques. Bien plus, semblable participation, si elle s’effectue en accord avec la doctrine de l’Eglise, ses normes morales et ses positions officielles sur les questions de société, apparaît au contraire comme l’une des formes de la mission de l’Eglise dans la société. Les laïcs peuvent et doivent, en remplissant leurs devoirs de citoyens, participer aux processus électoraux à tous les niveaux et soutenir toute entreprise de l’Etat moralement justifiable.
L’histoire de l’Eglise orthodoxe contient un très grand nombre d’exemples d’engagement actif des laïcs dans la direction de l’Etat, dans des formations politiques et autres. Cet engagement s’est exprimé dans le cadre de systèmes d’organisation politique fort différents: autocratie, monarchie constitutionnelle, diverses formes de républiques. La participation des laïcs orthodoxes aux processus citoyens et politiques n’a été complexifié que dans le cadre d’un gouvernement confessant une autre religion ou sous un régime soutenant une politique d’athéisme officiel.
Le laïc orthodoxe participant à la direction de l’Etat et aux processus politiques, est invité à fonder son activité sur les normes de la morale évangélique, sur l’unité de la justice et de la miséricorde (Ps 84, 11), sur le souci du bien spirituel et matériel des hommes, sur l’amour de la patrie et l’aspiration à transfigurer le monde qui l’entoure selon la parole du Christ.Dans le même temps, le chrétien, homme politique ou homme d’Etat, doit prendre clairement conscience de ce que dans les conditions de la réalité historique et a fortiori dans le contexte de la société divisée et contradictoire actuelle, la plupart des résolutions et des actes politiques mis en oeuvre profitent à une partie de la société et limitent, voire lèsent par là même les intérêts et les désirs des autres.
Une grande part de ces résolutions et actes est inévitablement liée au péché ou à la complaisance au péché. C’est pourquoi il est exigé de l’homme politique et de l’homme d’Etat orthodoxe une finesse spirituelle et morale aiguë.Le chrétien travaillant à la formation de la vie politique et gouvernementale est appelé à acquérir les dons d’esprit de sacrifice et de renoncement à soi. Il lui est absolument nécessaire d’être attentif à son état spirituel, pour ne pas tolérer que son engagement étatique ou politique cesse d’être un service et devienne une fin en soi, alimentant orgueil, cupidité et autres vices. Il convient de se rappeler que «les puissances, les pouvoirs, tout a été créé par Lui et pour Lui… et tout subsiste en Lui» (Col 1, 16-17). Saint Grégoire le Théologien, s’adressant aux détenteurs du pouvoir, écrivait: «C’est avec le Christ que tu commandes, c’est avec le Christ que tu gouvernes: c’est de Lui que tu as reçu ton glaive». Saint Jean Chrysostome dit de même: «Est véritablement tsar celui qui vainc la colère, l’envie et la volupté, qui se soumet à toutes les lois de Dieu, garde un esprit libre et ne permet pas à son âme la passion des plaisirs. Voilà l’homme que je souhaiterais voir commander le peuple, et la terre et la mer et les villes et les provinces et les armées; car celui qui a soumis ses passions à la raison, celui-là dirigera facilement les hommes en accord avec les lois de Dieu… Et qui règne en apparence sur les hommes mais se fait l’esclave de la colère, de l’amour des honneurs et des plaisirs, celui-là… ne saura que faire de son pouvoir».
5.4) La participation des laïcs orthodoxes aux organes du pouvoir et aux processus politiques peut être aussi bien individuelle que dans le cadre d’organisations politiques chrétiennes (orthodoxes) particulières ou de fractions chrétiennes (orthodoxes) de formations politiques plus larges. Dans les deux cas, les enfants de l’Eglise ont la liberté du choix et de l’expression de leurs convictions politiques, de la prise des résolutions et de la mise en application de l’activité qui leur correspondent. Dans le même temps,
les laïcs qui prennent part à l’activité politique ou gouvernementale, soit individuellement soit dans le cadre de différentes organisations, le font de façon indépendante, sans identifier leur travail politique avec les positions du Plérôme de l’Eglise ou d’autres institutions ecclésiastiques, et sans intervenir en leur nom. Par ailleurs, le pouvoir ecclésiastique suprême ne donne pas de bénédiction spéciale à l’engagement politique des laïcs.Le Concile Episcopal de l’Eglise orthodoxe russe de 1994 a déclaré admettre l’appartenance à des organisations politiques des laïcs «et la création par eux de telles d’organisations qui, au cas où elles se dénommeraient chrétiennes ou orthodoxes, sont appelées à collaborer étroitement avec la hiérarchie ecclésiastique. On estime de même possible la participation de serviteurs du culte, y compris de représentants des structures canoniques ecclésiastiques et de la hiérarchie ecclésiastique, à des manifestations particulières d’organisations politiques, ainsi que la coopération de l’Eglise avec elles dans les affaires concourant au bien de l’Eglise et de la société, lorsque cette participation et cette collaboration ne portent pas le caractère de soutien aux organisations politiques, et sert à l’avènement de la paix et de la concorde dans le monde et le milieu ecclésiastique».
L’arrêt correspondant du Concile épiscopal de 1997 affirme entre autre: «On estime possible la participation des laïcs à l’activité des organisations politiques, ainsi que la fondation d’organisations semblables tant que celles-ci n’accueillent pas de serviteurs du culte dans leurs effectifs et consultent de façon responsable la hiérarchie ecclésiastique. Il est décrété que de telles organisations, participant au processus politique, ne peuvent se prévaloir de la bénédiction de la hiérarchie ecclésiastique ni intervenir au nom de l’Eglise. Les chefs de campagne électorale, les personnes engagées dans l’agitation politique ou donnant leur opinion pour celle de l’Eglise, que seuls les Conciles ecclésiastiques, le Très-Saint Patriarche et le Saint-Synode sont en droit d’exprimer devant le gouvernement et la société, ne peuvent non plus prétendre à la bénédiction de l’Eglise; s’ils en disposent, les organisations ecclésio-sociales, en sont, elles, privées. Sont également concernés les médias ecclésiastiques ou ecclésio-sociaux».
L’existence d’organisations politiques chrétiennes (orthodoxes), ainsi que de fractions chrétiennes (orthodoxes) de formations politiques plus larges est reçue par l’Eglise comme une manifestation positive aidant les laïcs à déployer une activité politique ou étatique sur la base des principes moraux et spirituels chrétiens. Les organisations susdites, tout en étant libres de leurs actes, sont en même temps invitées à prendre conseil de la hiérarchie ecclésiastique, à coordonner leurs actes dans la mise en application des positions de l’Eglise sur les questions sociales.Au cours des relations du Plérôme de l’Eglise et des organisations politiques chrétiennes (orthodoxes), dans lesquelles s’engagent des laïcs orthodoxes, ainsi qu’avec des hommes politiques et hommes d’Etat orthodoxes, peuvent surgir des situations où les déclarations et les actes de ces organisations et de ces personnes s’écartent substantiellement de la position officielle de l’Eglise sur les questions de société, ou gênent la mise en oeuvre de ces positions. Dans de tels cas, la hiérarchie entérine le désaccord et le communique publiquement afin d’éviter troubles et malentendus parmi les croyants et dans les couches plus larges de la société. En constatant ces désaccords, le laïc orthodoxe politiquement engagé est amené à réfléchir au bien-fondé de son appartenance ultérieure à l’organisation politique concernée.
Les organisations de chrétiens orthodoxes ne doivent pas avoir le caractère de sociétés secrètes, qui impliquent une subordination exclusive à leurs leaders et un refus conscient d’exposer l’essence de l’activité de l’organisation au cours de consultations avec la hiérarchie ecclésiastique, voire en confession. L’Eglise ne peut approuver la participation de chrétiens orthodoxes à des sociétés de ce type, dans la mesure où, de par leur nature même, elles arrachent l’homme à son dévouement plénier à l’Eglise de Dieu et à sa structure canonique.
Traduit du russe par Claire Jounievy
L’Eglise orthodoxe russe et la Constitution européenne
Discours à la Consultation inter-orthodoxe sur le Traité constitutionnel de l’Europe (Hérakleion, Crète, 18–19 mars 2003)Evêque Hilarion AlfeyevLa discussion au sujet de l’avenir de l’Europe, qui se poursuit depuis quelques dizaines d’années, entre désormais dans sa phase décisive. La Convention, présidée par Monsieur Giscard d’Estaing, prépare un traité constitutionnel qui expose les fondements non seulement juridiques, mais également éthiques et spirituels de l’intégration européenne. Elle définit la vision du monde à partir de laquelle se construiront les Etats unis d’Europe, et le système de valeurs selon lequel ils existeront au XXIe siècle et qui détermineront leurs relations avec les pays voisins.
Le processus de la création du traité constitutionnel ou de la constitution européenne, comme beaucoup l’appellent, se déroule parallèlement à la préparation de l’élargissement de l’Union européenne. Cet élargissement doit aboutir à ce que dix nouveaux pays rejoignent l’Union, dont trois – la Bulgarie, la Roumanie et le Chypre – sont majoritairement orthodoxes. Avec la Grèce ces pays constitueront cet espace à l’intérieur de l’Union européenne où la tradition orthodoxe sera dominante. Par ailleurs, l’orthodoxie fait partie de l’identité spirituelle d’autres pays candidats, tels la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Pologne, la Finlande, la Tchéquie, la Slovaquie, où existe une minorité importante d’orthodoxes. Et enfin, après son élargissement, l’Union aura des frontières communes avec quatre pays orthodoxes: l’Ukraine, la Moldavie, la Biélorussie et la Russie.
Tous ces facteurs augmentent considérablement la possibilité du témoignage orthodoxe sur le continent européen et créent des nouveaux prétextes pour le dialogue entre l’Orthodoxie et l’Europe. Les particularités de la tradition orthodoxes seront-elles prises en compte au cours de l’élaboration de la législation européenne? La nouvelle Europe deviendra-t-elle une maison pour les orthodoxes ou un endroit où ceux-ci se sentiront une minorité marginalisée. Conserveront-ils le droit de pratiquer librement et de prêcher ouvertement leur foi ou seront-ils obligés de s’adapter à des dispositions idéologiques qui leurs sont étrangères? Ces questions ne peuvent ne pas inquiéter les représentants des Eglises orthodoxes.
En même temps, le dialogue entre l’Orthodoxie et l’Europe ne doit pas se limiter à la défense de ses propres intérêts et droits. Il s’agit d’un problème plus important: de savoir quelle place auront le christianisme et la religion en générale dans l’Europe à venir.
La particularité de la situation actuelle est que, malgré la présence en Europe des millions des croyants, de nombreux hommes politiques refusent à la religion le droit de s’exprimer publiquement. La religion est considérée comme le droit privé de certains individus qui n’a rien en commun avec les processus politiques et sociaux. Sans se contenter de la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans la plupart des pays européens, certains hommes politiques tentent d’exclure définitivement la composante religieuse de la vie sociale, d’introduire la religion dans un ghetto, de la réduire à la «piété privée».
Les données statistiques officiels prouvent: 1) que la majorité de la population européenne se réclame de la foi chrétienne; 2) que la seconde religion de l’Europe est l’islam (le nombre de ses fidèles continue à augmenter); 3) que les hommes non-religieux (athées et agnostiques) sont minoritaires dans tous les pays de l’Europe. Ces données récusent le mythe répandu sur le caractère séculaire de la civilisation européenne, de l’absence de l’intérêt pour la religion chez la plus grande partie de la population du continent.
Cependant, c’est précisément le modèle séculaire de l’organisation sociale qui est imposé à l’Union européenne. Ce modèle se fonde sur le système de valeurs, élaboré par l’humanisme européen, dans lequel la mesure de toute chose est l’homme et qui ne prévoit aucune place à Dieu et à la religion.
Ce système a indiscutablement ses avantages. Notamment, il permet à chaque homme de confesser la religion qu’il veut ou de n’en confesser aucune. Il n’admet pas de violence sur la volonté de l’homme ni de discrimination pour des raisons religieuses; chacun est libre de faire son choix dans la manière de concevoir le monde et de le suivre quotidiennement.
Cependant, le modèle humaniste a également un défaut: il ne laisse à la religion qu’un champ d’action fort réduit dans la société. A l’intérieur de sa communauté tout chef religieux est libre d’exprimer ses points de vue, mais en dehors d’elle il est contraint à s’adapter aux normes politiques, de corriger ses opinions selon les standards humanistes. Autrement il cours le risque de se faire accuser de violation des normes communément admises. Ainsi le chef religieux qui traite l’union homosexuelle de péché peut être accusé d’attiser linimitié des religions envers les minorités sexuelles (ce qui se passe déjà dans certains pays européens).
Le modèle humaniste n’admet pas le droit des confessions religieuses d’exercer une influence directe sur les processus sociaux et politiques et sur la législation. Il va de soi dans ce système que dans les sphères politiques et législatifs aucune décision ne peut avoir de motif religieux: dans tous les cas la seule norme et référence est la conception humaniste.
Jusqu’à présent, le règne absolu du système humaniste se limitait à quelques pays européens dont la France où le principe de laïcité est érigé en norme à tous les niveaux de la société et scellé par la législation. Pour cette raison la France est l’adversaire résolu de toute mention de Dieu et de la religion dans les documents législatifs européens.
Il en est autrement dans d’autres pays européens. Certaines constitutions contiennent des références explicites à l’héritage chrétien du pays. La constitution de la Grèce commence par exemple par les mots: «Au nom de la Trinité, consubstantielle et indivisible»; une formule semblable existe dans la constitution irlandaise. La constitution de l’Allemagne parle de la responsabilité du peuple allemand «vis-à-vis de Dieu et des hommes»; la constitution de la Pologne, de celle devant «Dieu et sa propre conscience»; la constitution albanaise, «de la foi en Dieu et d’autres valeurs universelles». Dans la constitution de la Slovaquie il s’agit de «l’héritage des saints Cyrille et Méthode». Ainsi la religion trouve son expression, dans une forme ou une autre, dans les documents législatifs de beaucoup de pays européens.
Pourquoi alors serait-il impossible de trouver au plan européen une formule qui conviendrait aux croyants et aux non-croyants? Pourquoi la constitution européenne ne pourrait-elle reconnaître que pour certains hommes les valeurs principales sont les droits de l’hommes, tandis que pour d’autres, ce sont les préceptes divins. Pourquoi l’approche irréligieuse est-elle choisie comme le dénominateur commun pour toute l’Europe? D’où vient cette obstination à élaborer un modèle européen de laïcité et à ignorer l’héritage religieux du continent?
Depuis longtemps et très attentivement l’Eglise orthodoxe russe suit les processus qui se déroulent dans l’Union européenne sur le plan législatif. En mai 2002 l’Eglise russe adressa au Président de la Commission européenne M. Romano Prodi sa réaction officielle au Livre blanc sur la gouvernance européenne. En juillet 2002 le Saint-Synode créa la Représentation de l’Eglise orthodoxe russe près les Institutions européennes, dont le devoir est de prendre part aux discussions sur l’avenir de l’Europe. Notre représentation collabore étroitement avec les représentations déjà existantes du Patriarcat œcuménique et de l’Eglise de Grèce, ainsi qu’avec les bureaux d’autres Eglises chrétiennes. Le traité constitutionnel, élaboré par la Convention sur l’avenir de l’Europe, attire particulièrement notre attention.
En février 2003 le métropolite Kirill, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, adressa une lettre ouverte au Président de la Convention, M. Valérie Giscard d’Estaing. Dans cette lettre le métropolite Kirill exprime son étonnement au sujet du fait que dans le projet présenté des seize premiers articles de la constitution «il existe des normes qui défendent la liberté religieuse de l’individu, mais ne sont pas mentionnées les normes qui garantiraient la prise en considération de l’intégrité de la conception religieuse du monde pendant l’élaboration des décisions importantes et la création de l’ordre social».
Comme le note le métropolite Kirill, «la position active des Eglises dans la discussion sur le projet du traité constitutionnel est fondée non sur la défense de leurs intérêts étroits, mais sur le souci réel au sujet de l’avenir des fidèles de l’Europe, de leurs convictions et de leur mode de vie. Pour beaucoup d’entre nous le danger de la dictature inconditionnelle de l’idéologie, construite exclusivement sur le bien-être quotidien et matériel des hommes et sur leur auto-réalisation dans des affaires terrestres en dehors de tout système de valeurs éthiques, devient de plus en plus croissant. Dans ce cas, la religion est reconnue comme l’affaire strictement privée de l’individu. Les articles proposés par la constitution de l’Europe laissent de côté le grand héritage de la culture spirituelle qui anime les cœurs et les esprits de nombreux hommes politiques, de savants, d’artistes, de dirigeants religieux, d’hommes simples du continent européen. L’Europe qui refuse de reconnaître la religion et, notamment, le christianisme, comme une des forces qui la vivifient, ne peut devenir une vraie patrie pour certains de ses citoyens. Bien plus, elle pourrait être rejetée par eux. D’autant plus que personne jusqu’aujourd’hui n’a essayé d’expliquer clairement quelle est la vraie raison du refus d’admettre au moins une présence symbolique des valeurs chrétiennes dans le traité».
Les valeurs affirmées dans le projet du traité, souligne le métropolite, «ne sont pas étrangères à l’éthique chrétienne». Cependant, «elles ne sont pas indiscutables pour un croyant, si elles ne sont pas liées aux valeurs éthiques concrètes. L’histoire nous apprend combien de fois ces valeurs furent exploitées pour l’approbation des tyrannies, la manipulation de la conscience humaine, la justification de divers vices, etc.».
Selon le métropolite Kirill, les fidèles sont inquiets par le fait que des normes qui ne correspondent pas aux conceptions traditionnelles et religieuses de certains peuples, peuvent être adoptées dans l’Union européenne. Il cite comme exemple la résolution sur les droits de l’homme, promulguée par le Parlement européen en janvier 2003, qui invite à faire la campagne au plan pan-européen pour le soutien des mariages homosexuels et d’exiger l’autorisation pour les femmes de se rendre au Mont Athos. «Dans ce dernier cas, note le métropolite Kirill, est transgressée la tradition d’un pays membre de l’Union européenne, indiscutable pour la majorité des citoyens de ce pays».
En partant du fait que les valeurs religieuses et culturelles doivent être préservées par la loi autant que celles de la vie, de la liberté, de la dignité humaine, et bien davantage que les valeurs de l’ordre matériel et économique, au nom de l’Eglise orthodoxe russe le métropolite Kirill propose d’inclure dans la constitution européenne les points suivants:
1) la mention de l’héritage chrétien de l’Union européenne, de même que celui des autres traditions religieuses et de la pensée séculière. Une telle affirmation dans la préambule ou dans un des articles permettrait d’éviter le monopole d’un des systèmes de valeurs mentionnés et d’élargir le cercle des valeurs reconnues comme fondamentales;
2) la reconnaissance du mécanisme de consultation des organes européens avec les communautés religieuses de l’Union. Cette mesure permettrait de prendre en considération l’opinion des communautés religieuses pour la promulgation des décisions importantes dans les domaines culturel et scientifique;
3) la reconnaissance de la prérogative des pays membres de l’Union européenne dans les questions de la sphère religieuse. Il serait important d’inclure dans la Constitution l’annexe 11 au traité d’Amsterdam. Cette mesure serait dirigée à la préservation des particularités religieuses et culturelles des peuples de l’Europe qui, pendant des siècles, ont élaboré des systèmes équilibrés des relations entre l’Etat et les communautés religieuses.
Nous espérons que ces propositions, faites dans des formes différentes par des représentants des Eglises chrétiennes, seront soutenues par toutes les Eglises orthodoxes locales qui possèdent des diocèses et des paroisses en Europe. Il est très important que la voix de l’Orthodoxie soit entendue aujourd’hui précisément et que ce soit une voix unique, exprimant la position commune.
Conclusions of the Inter-Orthodox Consultation on the Draft Constitutional Treaty of the European Union (Herakleion, Crete, 18–19 March 2003)The undersigned representatives of European Orthodox Churches, gathered in Herakleion of Crete on the 18 and 19 of March 2003, on the invitation of His All Holiness, the Ecumenical Patriarch, and were hosted by the Holy Provincial Synod of the Church of Crete. The Liaison Office of the Orthodox Church to the European Union, under His Eminence, Metropolitan Emmanuel of France, was responsible for the organization of the Conference. Participants included representatives of the Ecumenical Patriarchate, the Churches of Russia, Serbia, Romania, Cyprus, Greece, Poland, Albania, Czechia and Slovakia, and Finland, His Eminence Archbishop Timotheos of Crete and Metropolitans of the Church of Crete, His Excellency Professor of Constitutional Law Evangelos Venizelos, Minister of Culture of the Hellenic Republic as key-note speaker, and a number of jurists and scholars. The proceedings of the Consultation were conducted under the chairmanship of the representative of the Ecumenical Patriarchate, His Eminence Metropolitan Meliton of Philadelphia.
The topic of the consultation was: «The stance of the European Constitution towards the Churches and Religions proposed by the Orthodox Church» as posed in the Letter of Invitation of His All Holiness the Ecumenical Patriarch Bartholomeos: «Hence, the agency in charge of composing and sanctioning the Constitution of Europe finds itself confronted with the need, a) to specify its position towards the internationally recognized religions and Churches, which include the Orthodox Church; b) to get itself or the member states of the European Union themselves to specify the criteria and the presuppositions of recognizing the rest of religions as religions and granting them or not the legal benefits that the dominant and traditional religions enjoy in the context of religious toleration, religious freedom and religious detachment of the state; and c) the criteria of classifying the destructive or criminal organizations which pretend to be religious in the same category and the general principles of dealing with them.»
The well-documented presentations, the constructive discussions and the emerging proposals confirmed the need of an Inter-Orthodox consultation on this important issue. The Conference concludes and proposes:
1. The Constitutional Treaty should include explicit reference to Europe’s Christian heritage, by means of which the principles and values of the biblical and Graeco-Roman tradition were perpetuated, which, with subsequent cultural elements constitute the foundations on which the modern European construct is founded.
2. The safeguarding of human rights which have been recognized by European and international conventions and declarations and were codified in the Charter of the Fundamental Human Rights, must continue to constitute internal law of the European Union.
3. Human rights must be safeguarded not only in their individual manifestation but also in the collective and institutional, such as rights and duties of the citizens of Europe: more specifically we would mention the sanctity and inviolability of the biotechnology knowledge and application, the protection of the institution of marriage and the family, and the focusing of education on the objective of these principles and values, etc.
4. Religious freedom must be safeguarded not only as an individual human right but also as the right of traditional Churches and Religions of Europe.
5. The 11 Declaration of the Treaty of Amsterdam on the status quo of the Churches and non-confessional religious unions must be incorporated in the Constitutional treaty to ensure that its pertinent provisions will not be violated by the legislation of the Member-States.
The formulation of the relevant provision of the constitutional treaty is proposed as follows:
«The European Union respects and does not prejudge the national law in each member state on the relation between State and Church and the internationally acknowledged principles of religious freedom for individuals and the churches.»
6. It is necessary to establish stringent criteria both in respect of the inclusion of sects in the framework of religious freedom, and of the legitimacy of their activity and their engagement in illicit proselytism within the Member – States of the union. The formulation of the pertinent provision is proposed as follows:
«The European Union, in the same manner, respects the status quo of philosophical and non-confessional unions, and acknowledges that the non-recognition by member-states of the aforementioned philosophical and non-confessional unions of the privileges that are recognized in respect of the Churches and Religions does not contravene the principle of religious toleration.»
Made in Herakleion of Crete, on 19 March 2003
Britain: Census Proves the Force of ChristianityThe Great Britain Office of National Statistics has recently published the results of the population census which took place on 29 April 2001, regarding the religious affiliation of the UK population. As reported by the correspondent of Portal-Credo.Ru, the question of religious affiliation was last raised in the census of 1851.
According to the 2001 census, Britain’s 57,103,929 population (excluding Northern Ireland) includes 40,633,031 Christians, 1,589,183 Muslims, 557,984 Hindus, 335,932 Sikhs, 266,376 Jews, 151,283 Buddhists and 177,694 members of other religions. 9,103,727 declared themselves atheists, while 4,288,719 refused to answer the optional question regarding religious affiliation.
‘Census proves the force of Christianity’, notes Jonathan Petre in The Telegraph (14.02.2003). He also quotes the Rt Rev Keith Sutton, the Bishop of Lichfield (Church of England), commenting on the figures published by the Office of National Statistics: ‘These figures prove as a lie the claims by the National Secular Society and others that England is no longer a Christian country’.
As far as the specific Christian denominations are concerned, only the statistics regarding Northern Ireland and Scotland have been published so far. Together with sociological investigations, they give ground to suppose that Muslims are left behind by Roman Catholics, Christians of no denomination, Methodists and also by the Presbyterian Church of Scotland, with which 2,146,251 out of the 5,062,011 Scottish population identified themselves. Thus, Muslims come second after Christians, and fifth among religious organisations.
While in England and Wales 71.7% of the population are Christians, in Scotland the figure is 65.1%. England’s North East has the greatest percentage of Christians, 80%, while London has the lowest, 58%. Scotland has the greatest percentage of unbelievers, together with those refusing to indicate religious affiliation, 33%. In England the number of unbelievers turned out to be only 14.6% (even in Wales there are 18.5%). Of these, the greatest number, 16%, are in London.
The distribution of Muslims differs greatly in the various regions of the country: in England, 3.1% (in London 8.5%); in Scotland 0.8%; in Wales 0.7%. The total number of Muslims in Britain (including Northern Ireland) is 1.59 million.
Letters to the Editor / Lettres à l’editeurAs moderator of the CEC Commission ‘Churches in Dialogue’ I wish to express my gratitude for sending the newsletter Europaica. It is very helpful to read your information and documents. I appreciate your intention to make the position of the Russian Orthodox Church available to a broader public and to promote the dialogue between our churches. God bless you and your work!
Prof. Dr Reinhard Frieling
Germany
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I read your issues of Europaica with increasing interest. You are doing something quite remarkable with your thoughtful and trenchant comments, making clear the Orthodox view of matters of European importance.
Prof. Dr Andrew Louth
University of Durham, UK
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Merci pour le Bulletin. Que Dieu vous aide dans votre travail.
Iosif, Métropolite d’Europe occidentale
Eglise orthodoxe de Roumanie, Paris, France
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I would like to express my gratitude for your work for the Europaica issues. It is really great that you are there having such a special mission and the opportunity to preach the Truth of Orthodoxy in our time of new apostolic possibilities.
Deacon Georgiy Shatokhin
Lugansk, Ukraine
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It is with great interest that I read your very important article about the Episcopal Council of the Russian Church of August 2000 (Europaica 11). It is a pity that I don’t receive any more ‘The Journal of the Moscow Patriarchate’, which I was receiving from 1954 until 1990. Neither do I receive ‘Bogoslovksie trudy’, so there is no way to be updated on what happens in the Russian Church. Your Europaica bulletins are the only source that refers to internal problems of the Russian Church.
Prof. A.-E. Tachiaos
University of Thessaloniki, Greece
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This is just a quick note to congratulate you on the excellent and informative website outlining the work in Belgium. I have been encouraged to read of your work and want you to know my prayers are with you.
Susanne Thompson
Ridley Hall, Cambridge, UK
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I read your Europaica bulletin with great interest. You are an important and much needed Christian voice in Europe.
Margaret Barker
Nottingham, UK