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Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Russian Orthodox Church
Representation to the European Institutions

Eglise Orthodoxe Russe
Representation pres les Institutions Europeennes
Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Europaica Bulletin
No 46 (August 16, 2004)

En français:
Métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad: «L’usage du principe de la liberté religieuse nécessaire à la Russie»
Nouvelles de l’Église orthodoxe russe en bref (juillet 2004) 

In English:
Bishop Hilarion of Vienna and Austria: Is There a ‘Real’ Communion between Christian Churches?
The Holy Transfiguration of the Lord

Auf Deutsch:
Igumen Damaskin (Orlowskij): Zwei Jahrzehnte im Kampf gegen Religion und Kirche (I)


Métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad: «L’usage du principe de la liberté religieuse nécessaire à la Russie»

Discours prononcé le 21 juillet 2004 au colloque «Renaissance spirituelle et éthiques des régions: expérience de collaboration avec l’Église orthodoxe russe» qui a eu lieu à Koursk

L’affirmation que les convictions religieuses exercent une influence certaine sur le développement de la personnalité et le comportement des hommes dans tous les sphères de sa vie ne choque plus personne de nos jours.

En effet, l’Église enseigne à bâtir une famille solide, à travailler honnêtement et de manière créative, à aimer son pays, à obéir aux autorités et aux lois, à prendre soin des pauvres. Ces principes sont fondamentaux pour chaque homme du point de vue du christianisme.

Les hommes politiques de la Russie contemporaine et tous ceux qui ne sont pas indifférents au sort de notre pays se rendent compte de la nécessité d’un fondement éthique solide pour la formation des objectifs sociaux et la création d’une société civilisée.

Aujourd’hui se pose la question suivante: la représentation large et libre des différentes religions dans la vie sociale suppose-t-elle le danger de voir naître des rapports de concurrence, voire des conflits, entre les différentes communautés religieuses?..

Le principe de la liberté de conscience défini par la loi est sans aucun doute important et indispensable. Cependant, il est nécessaire de se rendre compte qu’un principe unique, quel qu’il soit, ne peut refléter la richesse, la variété et la complexité de la réalité et du potentiel qu’elle renferme. En plus du principe de la liberté religieuse, il en existe au moins deux autres qui sont tout aussi nécessaires pour une existence normale des religions dans notre pays.

Le premier principe suppose la distinction entre l’égalité et le fait d’avoir les mêmes droits. L’Église orthodoxe russe plaide pour que toutes les organisations religieuses possèdent les mêmes droits face à la loi. S’il survient une loi qui porte atteinte à n’importe quelle communauté religieuse, notre Église qui a subi naguère de cruelle persécution, sera la première à prendre la défense de ces communautés.

Toutefois, il est naturel de prendre en compte le rôle particulier joué par une religion dans l’histoire et la vie actuelle d’un pays et dans la formation des valeurs spirituelles et éthiques de sa société. Par exemple, on ne peut ignorer le fait que la signification du Bolchoï ne sera pas la même pour l’art russe que celle d’un club de village, bien que l’un et l’autre possèdent les mêmes droits vis-à-vis de l’État. Il serait injuste de porter atteinte aux droits des petits collectifs d’artistes. Cependant, les autorités civiles ont le droit et le devoir d’aider ceux parmi eux qui sont utiles au développement culturel du pays.

Près de 80 pour cent de la population de notre pays se considère orthodoxe. L’Orthodoxie définit notre identité nationale. Pour cette raison, en parlant du principe de la liberté religieuse et de l’égalité des religions il ne faut pas ignorer la contribution de l’Église orthodoxe russe à la vie spirituelle et intellectuelle de la Russie.

Il est à la mode de nos jours de critiquer la législation régionale concernant la sphère religieuse en lui reprochant son caractère discriminatoire. Il est possible qu’on y trouve certains défauts et contradictions avec les lois fédérales, mais, à mon sens, ce sont les régions qui comprennent aujourd’hui le mieux le fait que le principe de la liberté religieuse doit être appliqué tenant compte des autres impératifs. Une autre application de ce principe conduit à l’apparition de l’extrémisme religieux et des tensions nationales et religieuses.

La législation régionale témoigne de la nécessité d’avoir recours à un autre principe dans la réalisation de l’idée de la liberté religieuse sur place. Je parle de la préservation de l’identité culturelle des peuples de Russie. L’identité culturelle n’est pas un son vide. C’est par elle que l’homme est psychologiquement lié à la société et à l’État. Elle influence l’activité et le développement de la personne humaine. La religion est une composante fondamentale de la culture de tous les peuples e définit leur particularité. C’est pour cette raison qu’il est question de la «culture chrétienne», de la «culture islamique», de la «culture bouddhiste» etc.

Tous les pays qui comptent avec leur identité culturelle prennent des moyens pour préserver les traditions locales, y compris religieuses. Ainsi, dans certaines villes européennes il est interdit de construire un bâtiment cultuel qui dépasse une certaine dimension ou est en dissonance totale avec le style architectural local. Je crois que c’est une mesure sage, car une telle approche entretient et préserve l’amour du pays, de son histoire et de sa culture.

Je peux citer un exemple précis: la communauté orthodoxe russe a demandé aux autorités de Zurich la permission de construire une église dans le style russe. Plusieurs projets ont été déposés, mais les autorités ont refusé, parce que ce style ne correspondait pas à celui de la ville. En appeler aux droits de l’homme et se plaindre des discriminations des minorités religieuses aurait été déplacé dans cette situation.

Ces derniers temps nous avons été témoins d’une discussion au sujet de la construction d’un temple de Krishna dans le centre historique de Moscou, dans un endroit historique et symbolique pour la mémoire populaire. Les dimensions prévues de ce temple devaient largement dépasser les besoins actuels et futurs de la petite communauté krishnaïte de Moscou: de hauteur égale à celle d’une maison de 15 étages il devait être aussi spacieux que la cathédrale du Christ Sauveur. La construction d’un tel temple laissait transparaître le désir de voir grandir en Russie le nombre des tenants de cette religion exotique. La communauté krishnaïte devait augmenter grâce à la conversion des Orthodoxes, des Musulmans, des Bouddhistes… Non seulement ce projet portait atteinte à la liberté religieuse de la majorité des citoyens, mais il témoignait en plus du désintérêt complet pour le visage architectural du centre historique de Moscou. C’est pour cette raison que les ambitions des krishnaïtes ont choqué non seulement les croyants, mais également les moscovites sans religion.

De tels problèmes existent entre la société et les religions aux origines étrangères. Ces dernières ont souvent peu de fidèles, mais d’importants moyens financiers. Ces moyens leur permettent de mener une activité missionnaire qui dépasse leur poids dans la vie du pays ou de la région. Sous prétexte de porter une aide médicale ou éducative, certaines de ses organisations font carrément du prosélytisme: ils «pêchent» les âmes de nos concitoyens défavorisés et déforment l’identité culturelle de la Russie. De plus, très souvent de telles organisations agissent sans l’autorisation des autorités civiles. Ainsi, l’exigence de proportionnalité à l’égard des communautés religieuses agissant sur le territoire de la Russie et la préservation de l’identité de notre peuple est la justice vis-à-vis des droits religieux des citoyens et le moyen de préserver la particularité spirituelle, culturelle et historique de notre pays.

L’existence de ce problème n’exclut en aucun cas la collaboration avec les communautés religieuses qui ont le même avis que l’Église orthodoxe russe sur l’organisation des relations interconfessionnelles et interreligieuses en Russie. Depuis 1998 il existe dans notre pays le Conseil interreligieux de Russie qui en plus de l’Église orthodoxe russe comprend les communautés musulmanes, juives et bouddhistes. De même, l’Église orthodoxe russe est ouverte à la réalisation de projets culturels et sociaux communs.

En conclusion je voudrais souligner ceci: le principe de la liberté religieuse ne doit pas être absolutisé au profit de quelques conceptions abstraites. Il doit être cumulé avec d’autres repères, tels que la proportionnalité de l’activité sociale et missionnaires des communautés religieuses à leur poids dans la société et le soin de préservation de l’identité culturelle de la Russie. Sans cela il est impossible de créer des relations interreligieuses pacifiques et équilibrées.

Traduit du russe par le hiérodiacre Alexandre (Siniakov)


Nouvelles de l’Église orthodoxe russe en bref (juillet 2004)   

Concile épiscopal de l’Église orthodoxe ukrainienne
Le 28 juillet les évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne (Église autonome au sein du Patriarcat de Moscou) se sont réunis en concile à la Laure des Grottes de Kiev. Ils ont reçu le projet de loi sur la conception des relations entre l’État et les communautés religieuses, élaboré par le Parlement ukrainien. L’Église devra formuler sa réaction définitive à ce texte pour le 15 août. Les évêques ont déjà signalé quelques défauts du projet: l’absence de mention du christianisme orthodoxe comme religion traditionnelle du pays, le silence au sujet de l’enseignement de l’histoire des religions et de la culture orthodoxe dans les écoles, l’ambiguïté du statut juridique des communautés religieuses.

Délégation de l’Église orthodoxe russe en Slovénie
Du 22 au 26 juillet une délégation de l’Église orthodoxe russe, présidée par l’évêque Théophane de Stavropol, s’est rendue en Slovénie. La délégation a pris part dans la rencontre annuelle des Russes et des Slovènes. De telles rencontres sont organisées depuis 1991 par la société «Slovénie – Russie». L’évêque Théophane a célébré un office des défunts en souvenir des prisonniers russes de la Première guerre mondiale qui avaient construit la route à travers le pic Vrshic. L’évêque Théophane était accompagné des séminaristes de Stavropol. La délégation a également assisté à la messe catholique, célébrée en mémoire des victimes russes.

Visite du métropolite Cyrille de Smolensk en Finlande
Du 22 au 25 juillet le métropolite Krill, Président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a effectué une visite dans les paroisses orthodoxes russes de Finlande. Au cours de sa visite le métropolite Kirill a rencontré le métropolite Ambroise d’Helsinki, hiérarque de l’Église orthodoxe autonome de Finlande, ainsi que l’archevêque de Turku Yukka Paarma, chef de l’Église luthérienne.

Réunion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine
Le 26 juillet, à la Laure des Grottes de Kiev s’est tenue la réunion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou) sous la présidence du métropolite Vladimir. Le Synode a adressé un message aux fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne à l’occasion des prochaines élections présidentielles. Pour promouvoir la connaissance de l’Orthodoxie le Synode a décidé de créer dans chaque canton un poste de responsable d’enseignement religieux et de confier cette tâche aux laïcs.

Arrivée en Russie des reliques de sainte Elisabeth, martyre et grande princesse de Russie, et de sainte Barbara
Le 25 juillet les reliques des saintes Elisabeth et Barbara sont arrivées à Moscou. Sainte Elisabeth est la soeur de la dernière impératrice russe, Alexandra Feodorovna, femme de Nicolas II. D’origine allemande et luthérienne, elle est devenue l’épouse du grand prince Serguei Alexandrovitch, gouverneur de Moscou. Après la mort de son mari, Elisabeth a fondé le couvent de Marthe et Marie dont les religieuses se consacraient entièrement au service du prochain (soin des malades, orphelinat, accueil de personnes âgées). En avril 1918 la grande princesse, ainsi que sa compagne moniale Barbara, ont été arrêtées et déportées à Alapaievsk. Le lendemain de l’exécution de la famille impériale, le 5/18 juillet Elisabeth et Barbara, ainsi que quelques autres membres de la famille impériale, ont été abandonnées dans une mine où elles ont trouvé une fin de martyres. Les reliques des deux saintes sont conservées dans le monastère de Marie Madeleine dans le jardin de Gethsémani à Jérusalem. Ce monastère se trouve dans la juridiction de l’Église orthodoxe russe hors frontières. Les reliques seront apportées dans de nombreux diocèses de l’Église russe. Leur voyage à travers la Russie, décidé par le Synode de l’Église hors frontières, est considéré comme le signe de la réconciliation des deux Églises de tradition russe.

Célébration des 250 ans de la naissance de S. Séraphin de Sarov
L’année dernière, à Divéevo et à Sarov (diocèse de Nijni Novgorod), l’Église russe a solennellement célébré le centenaire de la canonisation de S. Séraphin de Sarov, un des saints les plus vénérés de Russie. Le Patriarche Alexis avait présidé la fête à laquelle le président Poutine avait pris part. Cette année, du 20 au 21 juillet, les Orthodoxes russes font mémoire des 250 ans de la naissance du saint moine. Les fêtes ont débuté à Kursk, lieu de naissance du saint, et ont été présidées par le métropolite Vladimir de Kiev et de nombreux hiérarques ukrainiens, russes et biélorusses. Le Patriarche Alexis ne s’est pas rendu à Kursk, contrairement à ce qui avait été prévu, à cause des problèmes de santé. Le 31 juillet et le 1er août, jour de la fête de S. Séraphin, les solennités se sont poursuivies à Divéevo et Sarov, les lieux où le bienheureux moine avait passé sa vie. Pendant ces deux jours le monastère de Divéevo a accueilli plusieurs milliers de pèlerins, de nombreux hiérarques de l’Église orthodoxe russe et des Églises autocéphales, ainsi que des représentants des autorités civiles.

Rencontre du métropolite Kirill avec l’ambassadeur de Chine en Russie
Le 13 juillet, l’ambassadeur de la République populaire de Chine, S. E. Lu Guchan, a donné une réception en l’honneur du métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, Président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou. Au cours du dîner, M. Lu Guchan a annoncé que les autorités chinoises ont décidé, selon la demande de l’Église russe, de faire déménager des deux anciennes églises orthodoxes de Shanghai les organisations de distraction qui s’y trouvaient et d’affecter ces deux églises à des buts culturels.

Colloque entre les représentants des Patriarcats de Constantinople et de Moscou à Kiev
Les 13-14 juillet les représentants du Patriarcat de Constantinople (archevêque Vsevolod de Skopelos et le hiéromoine Philippe Iagnysh) ont rencontré les représentants du Patriarcat de Moscou (archiprêtre Nicolas Balachov, secrétaire pour les relations interorthodoxes du Département des relations extérieures, et S. N. Hovorun) pour étudier les problèmes liés aux schismes en Ukraine. Les accords entre les deux Patriarcats prévoient l’organisation régulière de tels colloques.

Visite du Patriarche Alexis à Saint-Pétersbourg
Le Patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie s’est rendu dans le diocèse de Saint-Pétersbourg du 6 au 9 juillet. Le 8 et le 9 juillet, ensemble avec le métropolite Germain, primat de l’Église orthodoxe d’Amérique, le métropolite Vladimir de Saint-Pétersbourg et de nombreux hiérarques des Églises orthodoxes russe et américaine, le Patriarche Alexis a célébré les vigiles et la divine Liturgie pour la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Tikhvin au monastère de Tikhvin auquel l’icône vient d’être restituée. Le 8 juillet, le Patriarche a reçu au monastère de Saint-Jean le président de Bulgarie, M. G. Pyrvanov.

 
Bishop Hilarion of Vienna and Austria: Is There a ‘Real’ Communion between Christian Churches?

Intervention at the meting of the Plenary Commission on ‘Faith and Order’, Kuala Lumpur (Malaysia), 30 July 2004

The ‘Faith and Order’ paper No 181, ‘The Nature and Mission of the Church’, includes a section on ‘communion real but not fully realised’. This section contains the following statement:

One blessing of the ecumenical movement has been the gradual and increasing discovery of the many aspects of life in Christ, which our still divided churches share; we already enjoy a real, if imperfect communion.

I would like to challenge the very notion of ‘a real if imperfect communion’, which appears also in other ‘Faith and Order’ documents in various modifications. This notion seems to me to be questionable, misleading and deceitful. The only ‘real’ communion that could exist between Christians is Eucharistic communion, and if we do not have a common Eucharist, it means that there is no ‘real’ communion among us. We may – and indeed should – lament about this fact, but we should not deny it and pretend that we have already reached, or almost reached, the koinonia which is to be the crown of our ecumenical endeavour.

Our inability to share the Eucharist, in turn, reflects the most profound division in dogma, spirituality, ethics, in the very experience of faith that exist among various bodies calling themselves ‘Christian churches’. Metropolitan Gennadios of Sassima in his response to the paper in question has rightly pointed out that ‘there is little ontological unity and little agreement among those… who confess Christ as God and Saviour’. And let us be honest to one another and not pretend that the question is about a ‘unity in diversity’: we are deeply disunited, in spite of almost a century of the ecumenical movement.

The tragedy of contemporary Christianity, I believe, consists in the fact that, while we are all engaged in a laudable struggle for unity, processes are underway within some Christian communities which alienate us from one another ever more profoundly. And I think it is no longer the divisions between the Catholics and the Protestants, or the Orthodox and the Reformed, or one confessional family and another that should be an object of our primary attention. We must address very seriously the fundamental discrepancy between the traditional and the liberal versions of Christianity.

I believe that the recent liberalization of ‘faith and order’, of dogma and morality within a number of Western churches of the Reformation has alienated them from the traditional churches – notably from the Roman Catholic and Orthodox Churches – more than several preceding centuries of Protestant history. As a result of this liberalization and in spite of many decades of ecumenical quest for unity, we are now more profoundly divided among ourselves than ever before.

I would like to conclude my intervention by a plea to take more seriously the tragedy of division existing among Christians of different confessions, and to look more honestly at the sources of our disunity instead of pretending that the ‘real’ – even if ‘imperfect’ – communion which we are all seeking is already achieved.


The Holy Transfiguration of the Lord

Sermon by Bishop Hilarion of Vienna and Austria after the Divine Liturgy celebrated by the Orthodox participants of Faith and Order Plenary Commission in Kuala Lumpur, Malaysia, on 6 August 2004

Today many Orthodox Churches throughout the world celebrate the Holy Transfiguration of our Lord and Saviour Jesus Christ. Today we hear the powerful Gospel message about God who emptied Himself and became human in order than we may become gods, and who in His fragile human body was transfigured in order that we may be transfigured together with Him.

The Transfiguration of Christ was a manifestation of the glory which God the Father eternally bestows upon His Son, and which His Son wants to bestow on every one of us. It is this glory that Jesus spoke of when praying on the eve of His Crucifixion: ‘Father, I want those whom You gave me to be with Me where I am, in order that they may see the glory which You gave Me’ (John 17:24). And it is this glory which St Paul meant when addressing the Romans: ‘Receive one another, as Christ received you into the glory of God’ (Rom 15:7).

We must receive one another if we want to partake of the glory of God. We must receive one another with all our differences, with all our human deficiencies, with all our imperfection and unworthiness. Our Lord did not wait until we become perfect in order to share His glory with us: He gave it to us as a gift and as a pledge of that perfection which is the goal of our existence. In the same way each of us should receive the others as they are, without waiting until they become perfect or faultless.

The glory of God was manifested in the Holy Transfiguration in the form of light. But what was the nature of this light? According to the Orthodox teaching, expounded by St Gregory Nazianzen, St Symeon the New Theologian and, indeed, St Gregory Palamas, this light is uncreated, unspeakable, immaterial, immutable, infinite, inextinguishable, immortal, limitless and timeless. This light is nothing else than divine energy, which is God Himself in His revelation to humankind.

This divine light is not something that appeared only once in human history and that was seen only by the three chosen disciples of Jesus. In fact, the vision of the divine light has been an important feature of Orthodox ascetical and mystical tradition throughout centuries. We read of mystical revelations of St Symeon the New Theologian, who contemplated the divine glory and divine light many times and who described his visions in numerous orations and hymns. St Symeon emphasized that, when seeing the divine light, an ascetic is himself transfigured, like Jesus Christ on Mount Tabor: ‘He shines in my poor heart, illumining me from every side by His immortal radiance, lightening all my members by His rays... I partake of His light, I participate in His glory, and my face shines as the face of my Beloved, and all my members become light-bearing. I become then more beautiful than the most beautiful… and much more precious than all visible things.’

We know of many other saints, who had the same visions and the same experience. St Seraphim of Sarov, for example, is known as having been transfigured in the eyes of his disciple in the middle of a winter forest.

And we believe that the experience of transfiguration is not something distant and unreachable for us. We believe that sanctity is still present in the Church, and so are the gifts of grace which are poured so abundantly on every Christian. We realise this, in particular, when we receive the holy Body and the precious Blood of Christ, through which we become partakers of God’s essence. Partaking of Christ spiritually and physically, not only are we received by Him into the glory of God, but we are also able to receive one another in a most profound way, as members of one and the same body of Christ, which is the One Holy, Catholic and Apostolic Church.

As we depart to our homes, let us remember this precious moment of unity, which was given to us here, in Malaysia, and let us pray for one another in order that all of us – sooner or later – are received into the glory of God. Amen.

 
Igumen Damaskin (Orlowskij): Zwei Jahrzehnte im Kampf gegen Religion und Kirche (I)

Unmittelbar nach der Machtübernahme durch die Sowjets setzten in Russland die Verfolgungen gegen die Russische Orthodoxe Kirche ein. Das Dekret vom 20. Januar 1918 schuf die entsprechende Rechtsgrundlage. Nach diesem Dekret verlor die Kirche ihr gesamtes Vermögen und wurde rechtlos. Zu diesem Zeitpunkt begannen die planmäßigen, massenweisen Morde an Erzpriestern, Priestern und Laien. In manchen Eparchien (Bistümern) - so in Perm, Stawropol, Ekateri-nenburg und Kasan - erreichten sie solche Ausmaße, dass ganze Landkreise ohne Geistliche blieben. Diese Zeit der ersten großen Verfolgung dauerte bis 1920. Dort aber, wo die Bolschewiken die Macht später übernahmen wie z. B. im Fernen Osten, zogen sie sich bis 1922 hin. Wegen der Brutalität und Grausamkeit dieser Verfolgungen kann man diese Zeit mit den ersten Jahrhunderten des Christentums vergleichen, als Christen nicht nur ermordet, sondern auch schwer misshandelt wurden, um sie auf diese Weise zu zwingen, ihren Glauben zu verleugnen.

Im Glauben treu bis in den Tod

Es gibt keine genaue Statistik über die Opfer dieser Zeit. Auch die Regierungskommission beim Präsidenten der Russischen Föderation für die Rehabilitierung der Opfer der politischen Repressalien nennt keine genauen Zahlen. Angegeben werden lediglich allgemeine Schätzungen, die vom Orthodoxen Theologischen Institut des Hlg. Tichon erarbeitet wurden. Nach diesen Schätzungen wurden 1918 etwa 3000 Geistliche erschossen und 1500 Geistliche anderen Repressalien unterworfen. 1919 wurden 1000 Geistliche erschossen und 800 inhaftiert, verschleppt oder misshandelt.

Als Märtyrer sind in dieser ersten Zeit der Verfolgungen folgende bekannte Hierarchen ums Leben gekommen: Metropolit Wladimir (Bogojawlenskij) von Kiew; Erzbischof Andronik (Nikolskij) von Perm und Kungursk; Erzbischof Silwester (Olschewskij) von Omsk und Pawlodar; Erzbischof Mitrofan (Krasnopolskij) von Astrachan; Bischof Lawrentij (Knjasew) von Balachnin; Bischof Maka-rij (Gnewuschkin) von Wjasma; Bischof Warsonofij (Le-bedew) von Kirillow; Bischof Germogen (Dolganow) von Tobolsk; Bischof Feofan (Ilmenskij) von Solikamsk; Bischof Efrem (Kusnetzow) von Selengin und andere.

Die zweite Phase ebenso blutiger Verfolgungen begann im Frühjahr 1922. Durchgeführt wurde sie unter dem Vorwand der Konfiszierung der Kirchenschätze. Während die erste Phase der Verfolgungen von 1918 bis 1920 meist ohne Einhaltung irgendwelcher juristischen Formalitäten verlief, wurden die Verfolgungen von 1922 unter Einbeziehung von Gerichten und Revolutionstribunalen durchgeführt. Fast in allen Gouvernementsstädten wurden Gerichtsprozesse inszeniert und Bischöfe, Priester und Laien angeklagt. Einige dieser Prozesse, z. B. in Moskau, Petrograd und Smolensk, endeten mit Todesurteilen für einen Teil der Angeklagten. In diesem Zusammenhang wurden in Petrograd der heilige Märtyrer, Metropolit Wenjamin (Kasanskij) von Petrograd, Archimandrit Ser-gij (Schein) sowie die Laien Jurij Nowitzkij und lohann Kowscharow erschossen. In Moskau wurden die Erzpriester Alexander Saoserskij, Wasilij Sokolow, Christofor Na-deschdin, der Mönchspriester Makarij (Telegin) und der Laie Sergej Tichomirow exekutiert. Die Übrigen wurden zu Gefängnisstrafen und Verbannung in entfernte Ortschaften verurteilt. Obwohl die Anzahl der Opfer in dieser Zeit unter Priestern und Kirchenbediensteten Tausende erreichte, sind leider genaue Angaben darüber nicht bekannt.

Die dritte Phase der blutigen Verfolgungen umfasst die Zeitspanne zwischen 1929 und 1933.1928 war das Jahr, in dem die Machthaber begannen, sich auf eine groß angelegte Aktion - die Verbannung der Bauern - vorzubereiten. Die meisten dieser Bauern waren orthodoxe Christen, die die alte religiöse Lebensweise im Alltag beibehalten hatten. Mit anderen Worten: Für sie war der Glaube nicht nur eine Art zu denken, sondern auch eine Lebensweise, Anleitung zum Handeln und Orientierung für das Leben.

Ende 1928 begann das Politbüro mit der Vorbereitung der Verfolgungen. Als Grundlage dieser Verfolgungen diente ein Dokument, in dem die Grenzen und Ausmaße genau abgesteckt worden waren. Mit der Ausarbeitung dieses Dokumentes beauftragte man Lazar Kaganowitsch, Stalins Verantwortlichen für die Zwangskollektivierungen und die großen Säuberungen in den Jahren 1935 bis 1938, und Emilian Jaroslawskij, den Vorsitzenden der »Union der Gottlosen«. Sie besprachen die vorläufige Fassung des Dokuments mit Nadeshda Krupskaja, Lenins Frau, und P. G. Smidowitsch. Am 24. Januar 1929 bestätigte das Zentralkomitee (ZK) der Kommunistischen Partei den endgültigen Text des Erlasses, der an alle ZK's der nationalen kommunistischen Parteien, an alle Komitees der Regionen, Gebiete, Gouvernements und Kreise - d. h. an alle Vertreter der Macht im sowjetischen Russland versandt wurde. Das Dokument trug den Titel »Über Maßnahmen zur Verstärkung der antireligiösen Arbeit«, stammt vom 14. Februar 1929 und trägt die Unterschrift des ZK-Sekretärs Lazar Kaganowitsch.

Dieses Dokument stand am Anfang der Massenverhaftungen von Geistlichen und Laien und leitete die Schließung der Kirchen ein. Im Einzelnen hieß es in diesem Dokument: »Die Beschleunigung des sozialistischen Aufbaus und die Verstärkung der sozialistischen Offensive gegen Elemente der Kulaken und der Gewinnler der Neuen Ökonomischen Politik provoziert den Widerstand der bürgerlichen und kapitalistischen Schichten. Dieser Widerstand macht sich besonders an der religiösen Front bemerkbar, wo wir die Belebung unterschiedlicher religiöser Organisationen beobachten. Nicht selten vereinigen sich diese Organisationen miteinander, sie nutzen die gesetzliche Lage und die traditionelle Autorität der Kirche aus.«

An anderer Stelle heißt es in diesem Dokument: »Die Verletzung der sowjetischen Gesetzgebung durch die religiösen Gemeinschaften darf unter keinen Umständen zugelassen werden, insbesondere wenn man berücksichtigt, dass die religiösen Organisationen ... die einzigen legal existierenden konterrevolutionären Organisationen sind, die über einen Einfluss auf die Massen verfügen. Das Volkskommissariat für innere Angelegenheiten (NKWD) muss seine Aufmerksamkeit auf die bis heute andauernden Zustände richten, dass städtische Wohn- und Gewerberäume als Gebetshäuser vermietet werden, und zwar häufig auch in Arbeiterbezirken. Schulen, Gerichte und Standesämter müssen den Geistlichen endgültig aus der Hand genommen werden. Partei- und Exekutivkomitees müssen die Frage stellen, wie die Standesämter zur Bekämpfung des Popentums, der kirchlichen Rituale sowie der Überbleibsel der alten Lebensweise genutzt werden können. Kooperative Organisationen und Kolchosen müssen darauf Acht geben, dass es notwendig ist, die von religiösen Organisationen gegründeten vegetarischen Kantinen in Besitz zu nehmen.«

Selbst die Ikonenherstellung sollte unterbunden werden: »Heimindustrieverbände müssen dafür Sorge tragen, dass in den Bezirken, wo Gegenstände des religiösen Kultes, der Ikonenmalerei u. a. hergestellt werden, neue Zweige der Heimindustrie gegründet werden.«

Der Aufruf zum Kampf gegen Kirchen und Klöster ließ in diesem Dokument nichts an Deutlichkeit vermissen: »Die Fraktionen der Sowjets müssen die Initiative übernehmen und eine Reihe von Maßnahmen erarbeiten, die es ermöglichen, die breiten Massen zum Kampf gegen die Religion zu organisieren. Die ehemaligen Kloster- und Kirchengebäude sowie die Ländereien sind richtig zu verwenden: In den ehemaligen Klöstern sollen starke landwirtschaftliche Kommunen, landwirtschaftliche Stationen, Verleihstellen, Industriebetriebe, Krankenhäuser, Schulen, Schulwohnheime usw. eingerichtet werden. Unter keinen Umständen ist die Existenz religiöser Organisationen in diesen Klöstern zuzulassen.«

Am 4. Juni 1929 legte der Vorsitzende der Antireligiösen Kommission, Emilian Jaroslawskij, dem Politbüro einen Bericht über die Tätigkeit dieser Kommission in den Jahren 1928 und 1929 vor. In diesem Bericht heißt es zur Situation der Klöster, die Antireligiöse Kommission habe einen speziellen Ausschuss beauftragt, die genaue Anzahl der noch nicht liquidierten Klöster zu ermitteln und ihre Umwandlung in sowjetische Einrichtungen (Wohnheime, Kolonien für Minderjährige, Sowchosen usw.) vorzubereiten. »Dabei wird Kurs gehalten auf die Zerstreuung der dort versammelten Elemente des Mönchtums, die ihre reaktionäre Tätigkeit unter dem Aushängeschild von Arbeitskommunen tarnen.«

Die Repressalien nahmen zu und immer mehr Kirchen wurden geschlossen. Aus der Sicht Stalins und des Politbüros war das Wirken der schwerfällig operierenden Antireligiösen Kommission dennoch ein Hindernis bei der groß angelegten Verfolgung gegen die orthodoxe Kirche. Die Verfolgungen und Erschießungen von Geistlichen in den Jahren 1918 und 1922 sollten ja jetzt nicht nur wiederholt werden, sondern die Maßstäbe dieser Verfolgungen sollten noch viel größer sein. Diesmal ging es um die Masse der Gläubigen der Russischen Orthodoxen Kirche, nämlich um die Bauern.

1929 eröffneten die Machthaber die neuen Verfolgungen gegen die orthodoxe Kirche. Dabei kam es erneut zu Erschießungen. So wurde etwa der heilige Märtyrer Fjodor Kolerow und mit ihm zwei Laien in der Stadt Kimry erschossen. Für das Jahr 1930 planten die Machthaber neue Verfolgungen, die noch umfassender und erbarmungsloser sein sollten. Am 30. Dezember 1929 verabschiedete das Politbüro des ZK die Verordnung über die Liquidierung der Antireligiösen Kommission und die Übergabe ihrer Angelegenheiten an das Sekretariat des ZK. Später wurde eine Kommission für Fragen der Kulte beim Präsidium des Zentralen Exekutivkomitees der UdSSR (ZEK) gegründet. So wurde die Steuerung der Verfolgungen an einer zentralen Stelle konzentriert.

Am 11. Februar 1930 bestätigte das Präsidium des ZEK der UdSSR die entsprechende Verordnung des ZEK und des Rates der Volkskommissare der UdSSR (RVK) »Über den Kampf gegen die konterrevolutionären Elemente in den führenden Organen der religiösen Vereinigungen«. In dieser Verordnung hieß es: »Mit dem Ziel, die Versuche sowjetfeindlicher Elemente zu bekämpfen, die religiösen Gemeinschaften als Stützpunkte für ihre konterrevolutionäre Arbeit zu benutzen, beschließt das ZEK und der RVK der UdSSR Folgendes: Den Regierungen der Unionsrepubliken wird vorgeschlagen, unverzüglich die Organe, welche die Registrierung der religiösen Gemeinschaften durchführen, zu beauftragen, die Zusammensetzung der leitenden Gremien dieser Gemeinschaften zu überprüfen mit dem Ziel, Kulaken, Personen, denen die Rechte aberkannt wurden, sowie andere sowjetfeindlich gesinnte Personen aus diesen Gremien zu entfernen. Das Eindringen der genannten Personen in diese Gremien soll in Zukunft nicht zugelassen werden. Die Registrierung der religiösen Gemeinschaften soll ihnen bei Vorliegen der genannten Umstände systematisch verweigert werden.«

Aus dem Buch: Hinhören und hinsehen. Beziehungen zwischen der Russischen Orthodoxen Kirche und der Evangelischen Kirche in Deutschland. Leipzig–Moskau, 2003. Fortsetzung folgt.



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