Merry Christmas! Joyeux Noël! Frohe Weihnachten!
En français:
Message de Noël du Patriarche de Moscou et de toute la Russie Alexis II aux hiérarques, aux pasteurs, aux moines et à tous les fidèles enfants de l’Eglise Orthodoxe Russe, 2004/2005
Message du Patriarche de Moscou et de toute la Russie Alexis II aux jeunes réunis pour la rencontre de la communauté de Taizé à Lisbonne
Évêque Hilarion Alfeyev: Fête de la nouvelle création. Discours pour la Nativité du Christ de saint Grégoire de Nazianze
In English:
Christmas Message by His Holiness Patrarch Alexy II of Moscow and All Russia to archpastors, pastors, the monastics and all the faithful children of the Russian Orthodox Church, 2004/2005
Bishop Hilarion Alfeyev: ‘Christ Is Born, Glorify Him’. St Gregory Nazianzen’ Christmas Sermon
Auf Deutsch:
Weihnachtsbotschaft des Patriarchen von Moskau und der ganzen Rus’ Aleksij II. an die Bischöfe, den Seelsorgeklerus, die Angehörigen des monastischen Standes und allen Söhnen und Töchtern der Russischen Orthodoxen Kirche, 2004/2005
Weihnachtsbotschaft des Bischofs von Wien und Österreich Hilarion, an die hochwürdigen Seelsorger und die gottgeliebten Gläubigen der Diözese der Russischen Orthodoxen Kirche von Wien und Österreich, 2004/2005
Message de Noël du Patriarche de Moscou et de toute la Russie Alexis II aux hiérarques, aux pasteurs, aux moines et à tous les fidèles enfants de l’Eglise Orthodoxe Russe, 2004/2005
Une lumière nous est apparue, ô Christ Dieu, ta venue;
Lumière de lumière, reflet du Père,
Tu as illuminé toute la création et tout souffle Te loue.
Image de la gloire du Père, Toi qui es, et fus avant tout
et as illuminé la Vierge, Dieu, aie pitié de nous.
Stichère de "Seigneur, je crie vers Toi" de la fête de la Nativité du Christ
Bien-aimés dans le Seigneur Vénérables hiérarques, honorables prêtres de l'Eglise, serviteurs de Dieu dans le rang de diacre et de moine, chers frères et soeurs en Christ Jésus!
Aujourd'hui, nous glorifions à nouveau l'Enfant divin né à Bethléem. "Dieu est avec nous – s'exclame la Sainte Eglise – les hommes marchant dans les ténèbres ont vu une grande lumière; vous qui viviez dans la contrée et à l'ombre de la mort, la lumière a brillé sur vous; car un Enfant nous est né, un Fils nous est donné, car Dieu est avec nous". Descendu des cieux, le Seigneur S'est révélé aux hommes, pour guérir les maladies et imperfections humaines, pour illuminer les âmes enténébrées par le péché par Sa lumière sans déclin et donner la vie éternelle dans le Royaume céleste!
Nous, chrétiens, croyons et savons: la venue du Christ Sauveur dans le monde a fondamentalement changé la vie humaine et notre nature même. Nous ne sommes plus esclaves du péché, mais des serviteurs libres de Dieu. Nous ne craignons plus les tempêtes de l'océan de la vie, car nous avons un havre espéré dans le Royaume du Christ. Nous ne sommes plus seuls en ce monde, car Dieu est avec nous, qui tend Sa main pour nous venir en aide.
Tout cela nous est donné dans la Nativité du Christ. Mais chacun peut user à sa manière de ce don sans prix, car la liberté de choix est donnée à l'homme et même le Dieu tout-puissant ne la transgresse pas. Nous pouvons cacher ce don, comme le talent de l'Evangile enterré dans le sol; nous pouvons l'oublier dans la vanité de la vie quotidienne avec ses soucis insignifiants et ses préoccupations; mais nous pouvons aussi le multiplier, en éclairant nos jours par l'oeuvre de la prière, l'amour sincère de Dieu et de nos proches, l'accomplissement des préceptes évangéliques, et la participation à la vie de la Sainte Eglise-Mère. Et nous verrons alors comment, en même temps que notre âme, la vie autour de nous change aussi, comment le monde environnant s'illumine et est transfiguré.
La remise joyeuse à la Providence divine de toute notre vie, le remerciement constant à Dieu et une prière fervente, provenant du plus profond de notre âme, sont les dons que nous devons, comme les mages bibliques, apporter à notre Sauveur. Comme le disait saint Tikhon de Zadonsk, le Seigneur "entend la demande humble. Il entend aussi notre humilité, si seulement nous nous prosternons devant Lui, imitant les mages très sages; prosternons-nous donc devant Lui, Qui n'est plus emmailloté de langes, mais Qui siège sur le Trône de gloire avec le Père et l'Esprit. Au lieu de l'or, de l'encens et de la myrrhe, apportons notre demande humble et brisée."
Le chrétien est appelé à la perfection, car il participe à la perfection de Dieu (Mt. 5,48). Dieu est avec nous, ce qui signifie que nous devons être un exemple de foi, d'espérance, d'amour en un monde agité et spirituellement assoiffé. Dieu est avec nous; qu'à travers-nous Il agisse partout, où les hommes ont besoin d'aide en paroles et en actes.
L'année écoulée ne fut pas facile pour notre pays. Ayant, dans leur folie haïssable à Dieu, attaqué les choses les plus sacrées, des terroristes ont levé la main sur des enfants. La perte de victimes innocentes est devenue notre peine commune, et a résonné en souffrance et en larmes dans le coeur de chacun. Mais en même temps, cette tragédie terrible a montré que dans le peuple vivent des idéaux moraux: face à la mort, beaucoup de personnes ont montré des exemples d'amour sacrificiel envers leurs proches, ayant, selon le mot de la Sainte Ecriture, "sacrifié leur vie pour leurs amis" (Jn. 15,13).
Garder courage dans les circonstances difficiles est impossible sans une foi profonde en la Providence divine, qui mène chaque homme et des peuples entiers au salut. Que le Seigneur nous aide à supporter avec dignité et patience les tentations qui nous ont été dévolues! Nous devons puiser nos forces dans l'histoire séculaire de notre patrie, qui nous enseigne la fermeté et le courage. L'une de ces leçons historiques dont nous pouvons nous inspirer est la bataille de Koulikovo polié [Champ des Merles], dont le 650e anniversaire aura lieu en 2005. Cette date sera largement commémorée par notre Eglise. Il y aura des célébrations au Champ des merles, à Kolomna, au monastère de St Nicolas-Ougrechsky, fondé par le saint prince Dimitri Donskoï, et en d'autres lieux, liés à cette grande bataille, qui a changé le cours de l'histoire russe. La commémoration de tels événements a une grande signification. La jeune génération doit sentir le lien vivant, indéfectible avec l'histoire pluriséculaire de sa Patrie.
Alors, il y a plus de six siècles, la libération de la Russie a commencé avec la prière du grand saint aimé de Dieu le Bienheureux Serge de Radonège et de ses compagnons, décuplée par la prière commune de tout le peuple, après quoi la protection de la Reine des Cieux a permis le salut. Prions, nous aussi, et espérons que par la miséricorde divine, par l'action de sa grâce purificatrice nous soient données les forces de vaincre le mal, qui se lève contre nous.
Glorifiant le Sauveur du monde, né sur la terre, souvenons-nous que le Seigneur, toujours présent en Son Eglise, nous donne de grandes joies spirituelles. La vie ecclésiale renaît. De plus en plus de gens – jeunes, actifs, pleins d'énergie – commencent à oeuvrer dans le champ du Christ. Après de longs périples, des trésors sacrés orthodoxes reviennent dans leur patrie. Durant l'année écoulée est revenue en Russie l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Tikhvin. Le Seigneur m'a permis d'aller à la rencontre de cette sainte image à Moscou, et de la remettre au monastère de la Sainte-Dormition de la Très-Pure dans la ville ancienne de Tikhvin. Combien de foi en la protection de la Mère de Dieu avons-nous vue chez les dizaines de milliers de personnes, venues vénérer ce trésor sacré! Parmi les trésors sacrés revenus chez nous, il y avait aussi une copie très vénérée de l'icône de la Mère de Dieu de Kazan, qui de longues années s'est trouvée hors des frontières de notre patrie.
Nous avons aussi reçu la visite des saintes reliques des saintes martyres, la grande-duchesse Elisabeth et la moniale Barbara. La venue des saintes reliques de ces saintes aimées de Dieu fut la première oeuvre commune du Patriarcat de Moscou et de l'Eglise Russe hors-frontières, une étape mémorable sur le chemin du dépassement des divisions. Notre Eglise a solennellement commémoré le 250e anniversaire de la naissance de saint Séraphim de Sarov, qui a prophétisé la renaissance de la Sainte Russie.
Les succès de la renaissance religieuse ont été soulignés par le saint Concile épiscopal, qui s'est tenu à Moscou, et a posé les premiers jalons de la vie de l'Eglise orthodoxe russe au début du XXIe s. et du 3e millénaire depuis la Naissance du Christ. Le Concile a constaté les changements positifs dans beaucoup de domaines du service ecclésial et a déterminé les tâches pour les temps à venir. Comme tâche principale, l'on a appelé au renforcement de l'unité de l'Eglise du Christ, si nécessaire pour un témoignage ferme de la vérité de la Sainte Orthodoxie, ce don sacré, à nous confié par le Seigneur lui-même.
Je rends grâce au Seigneur de m'avoir permis d'atteindre ce grand âge de vie – 75 ans depuis le jour de ma naissance – qui a été marqué l'an dernier. Je remercie les hiérarques, les pasteurs, les moines et mon troupeau bien-aimé, dont je ressens en permanence l'aide et le soutien en prière durant toutes ces années de service patriarcal.
Bien-aimés frères et soeurs! Encore et encore, je vous félicite tous à l'occasion de la Fête de la Nativité du Christ! Dieu est avec nous – suivons donc sa guidance sur le chemin vers Son Royaume éternel!
J'adresse mes félicitations les plus cordiales à l'occasion de la nouvelle année à tous les chrétiens de notre planète, aux personnes de différentes croyances et convictions. Oeuvrons ensemble pour la paix et le bien-être de nos peuples. Souvenons-nous des paroles du saint apôtre Paul: "tribulations et angoisses pour toute âme humaine qui fait le mal… gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien." (Rom., 2, 9-10).
Que le Seigneur envoie la paix et la joie, la fraternité et la bienveillance, la sagesse et l'espoir à tous les hommes.
Que la bénédiction du Seigneur et Sauveur incarné "pour nous les hommes et pour notre salut" soit avec nous tous. Amen.
Traduction française du P. Serge Model
Message du Patriarche de Moscou et de toute la Russie Alexis II aux jeunes réunis pour la rencontre de la communauté de Taizé à Lisbonne
Je suis heureux que la foi dans le Christ Sauveur anime les nombreux jeunes - de divers pays, peuples, cultures et engagements - de votre rassemblement.
De telles rencontres sont importantes aujourd’hui où nous voyons malheureusement la société occidentale s’éloigner toujours plus des valeurs chrétiennes. Il en résulte que beaucoup, particulièrement des jeunes, perdent leurs repères spirituels et moraux pour se trouver dans une impasse.
Comme jeunes chrétiens, vous représentez l’avenir de l’Europe et beaucoup dépend de vous. Je vous invite à ne pas tenter d’être « comme tout le monde » en vous conformant à un style de vie orienté seulement vers la poursuite des biens matériels et des satisfactions. Témoignez du Seigneur sans peur et que tous vos efforts soient dignes de l’espérance chrétienne. Soyez la lumière du monde (Mt 5, 14)! Rappelez-vous que l’espérance et l’amour, sans lesquels la vie humaine perd son sens, doivent être solidement unis à notre foi.
Un arbre ne peut vivre sans racines. De même, une société qui oublie ses origines perd sa vitalité. Et une personne qui perd le lien avec le Créateur se condamne elle-même à la souffrance. L’âme humaine, par sa propre nature, recherche Dieu pour trouver en lui le sens de son existence. Un des héros de l’Eglise indivise, Augustin d’Hippone, a dit: «Tu nous as fait pour Toi, et notre cœur ne sera pas en paix tant qu’il ne repose en Toi».
Je souhaite que votre rencontre soit une confirmation de ces mots et rappelle que le christianisme a été, demeure et sera un fondement de la civilisation européenne. Je crois que la jeunesse d’Europe, inspirée par l’amour du Christ, sera pleinement capable de déployer ses talents pour le service de Dieu et du prochain.
Évêque Hilarion Alfeyev: «Fête de la nouvelle création. Discours pour la Nativité du Christ de saint Grégoire de Nazianze»
L’homélie de Grégoire de Nazianze (4e siècle) pour la fête de la Nativité du Christ (Discours 38) inaugure le cycle des quatre Discours dédiés aux fêtes, prononcés à Constantinople en 379-380 (Discours 38-41). L’homélie commence fort poétiquement et prolifère de citations bibliques: «Le Christ naît, rendez gloire; le Christ vient des cieux, allez à sa rencontre; le Christ est sur terre, élevez-vous. Chantez au Seigneur, toute la terre. Et pour dire les deux à la fois: Que se réjouissent les cieux et qu’exulte la terre à cause de celui qui est céleste et ensuite terrestre. Le Christ est dans la chair; exultez avec tremblement et joie: tremblement à cause du péché; joie à cause de l’espérance. Le Christ naît d’une vierge; femmes, pratiquez la virginité, si vous voulez être mères du Christ (…). Que le peuple, assis dans les ténèbres de l’ignorance, voie une grande lumière, celle de la connaissance. Les choses anciennes ont passé, voici que toutes les choses sont devenues nouvelles. La lettre cède, l’esprit triomphe; les ombres se dérobent hâtivement, la vérité fait son entrée dans leur suite; c’est l’accomplissement de Melchisédech: celui qui est sans mère naît sans père, sans mère en premier lieu, sans père en second lieu; les lois de la nature sont suspendues (…). Que Jean crie: Préparez le chemin du Seigneur, je crierai, moi, la puissance de ce jour: celui qui n’a pas de chair prend chair, le Verbe prend épaisseur, celui qu’on ne peut voir est vu, celui qu’on ne peut toucher est palpable, celui qui est en dehors du temps a un commencement, le Fils de Dieu devient fils de l’homme» (Or. 38, 1, 1-2, 18: SC 358, pp. 104-106).
A l’aide de la méthode rhétorique d’opposition, Grégoire insiste sur le caractère paradoxal, sacré et merveilleux de l’Incarnation de Dieu. Tout événement de l’histoire biblique est prodige. Lors de la Naissance du Christ se produit la merveille de la rencontre de la Divinité avec l’humanité, de l’homme céleste, le Christ, avec l’homme terrestre, Adam, et par conséquent la rencontre de tout homme avec le Dieu incarné. Célébrant Noël, nous découvrons Dieu qui est sorti à notre rencontre, qui a fait tout le chemin de sa Majesté jusqu’à notre petitesse et est devenu un de nous. Mais nous aussi, nous sommes invités à sortir à la rencontre du Christ et de s’élever spirituellement de la terre jusqu’au ciel. Le chemin de Dieu vers l’homme et celui de l’homme vers Dieu, descente de Dieu sur la terre et ascension de l’homme au ciel, tels sont les sujets de la prédication de Noël de Grégoire: «Maintenant c’est la solennité de la Théophanie ou encore de la Nativité, car elle est désignée de l’une et de l’autre façon, deux noms étant attribués à une seule réalité. Dieu en effet est apparu aux hommes en naissant (…). Le nom de Théophanie vient du fait qu’il est apparu, le nom de Nativité, du fait qu’il est né. Telle est pour nous la solennité, telle est la fête que nous célébrons aujourd’hui: c’est la venue de Dieu chez les hommes, afin que nous partions pour nous rendre chez Dieu, ou que nous y revenions – car il est plus exact de parler ainsi -, afin que nous déposions le vieil homme et revêtions le nouveau, et, de même que nous sommes morts en Adam, que nous vivions de même dans le Christ, naissant nous aussi avec le Christ, étant crucifiés avec lui, étant ensevelis avec lui, et ressuscitant avec lui» (Or. 38, 3, 1-4, 7: SC 358, pp. 108-110).
Grégoire appelle Noël fête de «la nouvelle création» (Or. 38, 4, 17), le sacrement «du second testament» de Dieu avec les hommes (Or. 38, 14, 35-41). L’histoire de l’humanité commença avec la création de l’homme, mais le salut du monde déchu fut inauguré par l’Incarnation du Fils de Dieu. La partie principale de l’homélie de Grégoire est le récit de l’histoire biblique depuis la création jusqu’à la venue du Christ Sauveur dans le monde. Grégoire y raconte également toute la vie terrestre de Jésus de sa naissance jusqu’à son Ascension; chaque événement de la vie du Christ y est appelé «sacrement», parce que chacun d’eux se rapporte directement au salut de l’homme: «Un peu plus tard tu verras Jésus se purifier dans le Jourdain pour me purifier, ou plutôt sanctifier les eaux par sa purification, car il n’avait évidemment pas besoin de purification, lui qui enlève le péché du monde; tu verras les cieux se fendre et Jésus recevoir le témoignage de l’Esprit, son parent; puis tu verras Jésus tenté, vainqueur du tentateur et servi par les anges; tu le verras guérir toute maladie et toute infirmité, rendre la vie à des cadavres (…); tu le verras chasser les démons tantôt par lui-même, tantôt par l’intermédiaire de ses disciples; tu le verras nourri des milliers des gens avec quelques pains et marcher sur la mer; tu verras livré, crucifié et crucifiant avec lui mon péché; tu le verras livré en tant qu’agneau, offrant en tant que prêtre, enseveli en tant qu’homme, ressuscité en tant que Dieu, ensuite montant au ciel et devant venir avec sa propre gloire. Que de nombreuses solennités à propos de chacun des mystères du Christ! Mais ils ont tous un seul principe: me conduire à la perfection, me remodeler, me ramener au premier Adam» (Or. 38, 16, 1-19: SC 358, pp. 140-142).
Grégoire avait une relation très personnelle à Jésus-Christ qu’il appelait souvent «mon Jésus», «mon Dieu», «mon Roi»; chaque commémoration de la vie du Christ était pour lui sa propre fête, car il était convaincu que tous ces évènements étaient en rapport immédiat avec son salut, son rétablissement et sa divinisation. Dans l’expérience du Nazianzène, chaque «sacrement» de la vie du Christ devenait un moment de sa propre biographie spirituelle: à tel point fut complète pour lui l’identification de sa propre vie à celle de l’Église, dans laquelle la vie du Christ devient celle de chacun de ses fidèles.
Selon Grégoire, toute fête de l’Église doit devenir pour le chrétien une nouvelle étape dans son chemin de perfection, une nouvelle révélation de la vie et de la rédemption de Jésus-Christ. Nous devons célébrer «non pas d’une façon mondaine, mais divinement, non pas selon le monde mais de la manière extra-terrestre» (Or. 38, 4, 13-14). Pour Grégoire la fête chrétienne ne consiste pas en décoration des maisons et des rues, en danses, en spectacles et en musique, ni en déguisement en habits doux, décorés de pierres précieuses et en or, en maquillage, ni en festins composés de plats somptueux et de vins onéreux où l’on dépasse l’un l’autre dans l’incontinence. La fête est pour le fidèle la liturgie dans l’Église à laquelle il tire plaisir de la parole de Dieu et adore le Verbe incarné.
L’objectif de toutes les fêtes est d’inciter les chrétiens à ressembler au Christ à toutes les étapes de sa vie. La vie humaine est pleine de souffrances, mais celle du Christ consistait des souffrances permanentes, depuis la fuite en Égypte jusqu’à la mort sur la Croix. La passion et la mort aboutirent pour le Christ à la résurrection et la gloire; de même la vie du chrétien, s’il imite le Christ en vertu et en ascèse, s’il souffre et se crucifie avec le Christ, est couronnée par la gloire et la divinisation. Ayant suivi le Sauveur en toutes les étapes de son chemin de croix, le chrétien ressuscite avec lui et entre à sa suite dans le Royaume des Cieux: «Il est bon de fuir avec le Christ persécuté. S’il s’attarde en Égypte, rappelle-le d’Égypte, où il est adoré d’une manière parfaite. Passe irréprochables par tous les âges du Christ et par toutes ses vertus, en disciple du Christ. Purifie-toi, circoncis ton cœur, retire le voile qui t’enveloppe depuis ta naissance. Ensuite, enseigne dans le Temple, chasse les vendeurs sacrilèges, sois lapidé, s’il faut que tu subisses cela, tu échapperas à ceux qui lancent des pierres, je le sais bien, et tu fuiras en passant au milieu d’eux comme Dieu: le Verbe n’est pas atteint par des pierres. Si tu es amené devant Hérode, évite même le plus souvent de répondre: il respectera ton silence plus que les longs discours des autres. Si tu es flagellé, recherche encore les autres supplices: goûte au fiel parce que tu as goûté <au fruit défendu>, abreuve-toi du vinaigre, recherche les crachats, accepte les coups, les soufflets, laisse-toi couronner d’épines par l’aspérité d’une vie selon Dieu, revêts le manteau écarlate, reçois le roseau et les adorations de ceux qui se jouent de la vérité, enfin empresse-toi avec le Christ d’être crucifié, de mourir, d’être enseveli, pour ressusciter, être glorifié, régner avec lui, en voyant Dieu et en étant vu par lui, qui est glorifié et adoré dans la Trinité…» (Or. 38, 18, 4-24: SC 358, pp. 146-148).
Extrait du livre Vie et doctrine de saint Grégoire le Théologien (sous presse dans les éditions de l’Institut Saint-Serge, Paris). Traduit du russe par le hiéromoine Alexandre (Siniakov)
Christmas Message by His Holiness Patrarch Alexy II of Moscow and All Russia to archpastors, pastors, the monastics and all the faithful children of the Russian Orthodox Church, 2004/2005
Thy coming is the light which illumines us, O Christ God;
Light of Light, the radiance of the Father,
Thou didst illumine the whole creation, everything that has breath praises thee.
Thou who art the image of the glory of the Father and who was before all things and who shone forth from the Virgin, O God, have mercy upon us.
Stanza for 'Lord I have cried…' for the Feast of the Nativity of Christ
Beloved in the Lord your graces the archpastors, all-honourable priests of the Church, servants of God in the diaconal and monastic ranks, dear brothers and sisters in Christ Jesus!
Today we anew glorify the Divine Infant who has been born in Bethlehem… 'God is with us!' – the Holy Church proclaims – 'People who walked in the darkness have seen a great light; those who live afar and in the shadow of death, the light has shone upon you; for a Child has been born unto us, a Son, and he has been given to us, for God is with us!' In coming down from the heavens, the Lord has shown himself to people so that he may heal human infirmities and imperfections, illumine souls darkened by sin with his light which never fades and grant life eternal in the heavenly kingdom.
We Christians know and believe that the coming into the world of Christ the Saviour has changed at its root human life and our very nature. We are no longer slaves to sin but the free servants of God. We no longer fear the stormy elements of the sea of cares of this life for we have a haven of hope in Christ's kingdom. We are no longer alone in this world, for God is with us, who stretches forth his hand in help.
All of this has been granted to us in Christ's Nativity. Yet each person can use this precious gift in his own way, for the human person has been given free will and even Almighty God cannot destroy this. We can hide this gift like the talent of the Gospels buried in the earth, we can forget it in the vanities of our everyday life with its petty cares and worries, and we can increase it by illumining our days with the feat of prayerful labour, sincere love of God and neighbour, by fulfilling the Gospel commandments and by taking part in the life of the Holy Mother Church. And then we shall see how life is transformed around us with our souls, how the world around us is enlightened and transfigured.
The joyful dedication to Divine Providence of all of our life, the constant rendering of thanks to God and ardent prayer issuing forth from the depths of the soul are the very gifts which we, as the wise men in the Bible, ought to bring to our Saviour. As St. Tikhon of Zadonsk says, the Lord 'condescends to a humble petition. He condescends to our humility; let us fall down before him in imitation of the three wise men, let us fall down before him not wrapped in swaddling clothes but seated on the Throne of glory with his Father and Holy Spirit. Instead of gold, frankincense and myrrh, let us offer him our humble and contrite petition…'
The Christian is called to perfection, for he is a co-participant of the All-Perfect God (Matthew 5:48). God is with us, and this means that we are to be an example of faith, hope and love in this spiritually hungry and restless world. God is with us, and may he act through us in every place where people need our help, whether in word or deed.
The past year was a difficult year for Russia. In their insane resistance to God, terrorists trampled upon all that is holy in raising their hand against children. The death of innocent victims has become our common grief and pain, and resounded agonizingly in each of our hearts. Yet at the same time this terrible tragedy showed that moral ideals are still alive in the nation: faced with death, many people demonstrated lofty examples of sacrificial love of neighbour by laying down, as it says in Scripture, 'their lives for their friends' (John 15:13).
It is impossible to maintain courage in difficult circumstances without strong faith in Divine Providence, leading each person and whole nations to salvation. May the Lord help us with dignity and patience to bear those trials which befall our lot. We are to draw strength from the many centuries of the history of our motherland, which teaches us valour and courage. One such inspiring lesson is the Battle of Kulikovo Field, the 625th commemoration of which will take place in the coming New Year of 2005. This date will be widely celebrated by our Church. There will be solemn festivities at Kulikovo Field, Kolomna, and the Ugreshi Monastery of St. Nicholas (which was founded by the right-believing prince St. Dimitry Donskoy) and at other places connected with this great battle which changed the course of Russian history. The younger generation ought to feel a living, unbroken link with the many-centuries history of their Fatherland.
Then, more than six hundred years ago, the liberation of Russia began with the prayer of the great saint of God Sergius of Radonezh and his comrades, magnified by the common prayer of the whole nation, after which salvation came through the intercession of the Queen of Heaven. Let us too hope and pray that by God's mercy and the action of his all-purifying grace that we will be granted the strength to overcome the evil which arises against us.
In glorifying the Saviour of the world who has been born on earth, let us recall that the Lord who forever abides in his Church grants to us many spiritual joys too. Church life is being reborn. More and more people – young and active, full of energy – are beginning to labour in Christ's field. In the outgoing year the miraculous Tikhvin icon of the Mother of God returned to Russia. The Lord judged that I should greet this holy image in Moscow and return it to the Monastery of the Holy Assumption in the ancient town of Tikhvin. Such faith we saw in the intercession of the Mother of God in tens of thousands of people who venerated this holy icon! Among other holy objects returned to us was a venerated copy of the Kazan icon of the Most Holy Mother of God, for many years located beyond the borders of our Fatherland.
We were visited by the honorable relics of the martyr and Grand Duchess St. Elizabeth and the nun St. Barbara. The bringing of the holy relics of these saints of God was the first joint act of the Moscow Patriarchate and the Russian Church Abroad and an important landmark on the path of overcoming divisions. The Church solemnly celebrated the 250th anniversary of the birth of St. Seraphim of Sarov, the seer of the rebirth of Holy Russia.
The successes of Church rebirth were witnessed by the Episcopal Council which took place in Moscow and which summed up the life of the Russian Orthodox Church at the beginning of the twenty first century and the third millenium since the Nativity of Christ. The Council noted positive changes in many spheres of Church service and set tasks for the foreseeable future. The main task was considered to be the strengthening of unity in Christ's Church, so much needed for the powerful witness to the truth of Holy Orthodoxy, this sacred gift that the Lord has entrusted to us.
I thank the Lord that he has vouchsafed me to live till the great jubilee date of my seventy-fifth birthday, which I celebrated in the past year. I thank the archpastors, pastors and monks and my beloved flock whose help and prayerful support I have been constantly aware of throughout all the years of my Patriarchal service.
Beloved brothers and sisters! Again and again I congratulate you all on the feast of the Nativity of Christ. God is with us, and may we through his guidance follow the path towards his eternal kingdom.
I sent cordial greetings on the occasion of the New Year to all Christians of the world, to peoples of different faiths and convictions. Let us together labour for peace and the well being of our peoples. Let us recall the words spoke by St. Paul: 'Tribulation and anguish on every soul of man who does evil, … but glory, honour, and peace to everyone who works what is good' (Romans 2: 9-10).
May the Lord send down peace and joy, brotherhood and virtue, wisdom and hope to all people.
May the blessing of the Lord and Saviour who has come down to earth 'for us men and for our salvation' abide with all of us. Amen.
‘Christ Is Born, Glorify Him’. St Gregory Nazianzen’ Christmas Sermon
Bishop Hilarion Alfeyev
St Gregory Nazianzen (4th century), known in the Orthodox Tradition as Gregory the Theologian, composed 45 Orations, among which seven are dedicated to the church feasts: one to the Nativity of Christ, two to the Epiphany, two to Easter, one to the 1st week after Easter, and one to Pentecost. Each exerted enormous influence on the understanding of feasts in the Byzantine Church: throughout many centuries Gregory’s festal orations were read in the churches; certain passages from them even entered liturgical hymnography and became part of the worship.
Gregory’s Oration 38, dedicated to the Nativity of Christ, opens a series of four festal orations delivered in Constaninople between 379 and 380 AD. It begins with a solemn poetic declamation with many biblical quotations and allusions: ‘Christ is born, glorify Him. Christ from heaven, go out to meet Him. Christ on earth; be exalted. Sing to the Lord, all the earth (Ps. 96:1); and that I may join both in one word: Let the heavens rejoice, and let the earth be glad (Ps. 96:11), for Him who is of heaven and then of earth. Christ in the flesh, rejoice with trembling and with joy; with trembling because of your sins, with joy because of your hope. Christ of a Virgin; O matrons live as virgins, that you may be mothers of Christ… The people that sat in the darkness of ignorance, let it see the great light of full knowledge. The old has passed away, behold, the new has come (2 Cor. 5:17). The letter gives way, the Spirit comes to the front… He Who is not carnal is Incarnate; the Son of God becomes the Son of Man, Jesus Christ the Same yesterday, and today, and for ever.’
Gregory emphasizes the paradoxical, mystical and the miraculous character of God’s Incarnation. Every event in biblical history is a miracle: in remembering this we become part of it. The Nativity of Christ, is the miracle of an encounter between God and humanity; the heavenly man, Christ, meets earthly man, Adam, and by extension, all humanity comes to the Incarnate God. Celebrating the Nativity of Christ, we recognize the God who moved mysteriously from divine greatness to human misery, and who became one of us. We are called ascend in our intellect to heaven and to meet Christ. God’s path towards humans, and humanity’s path towards God. These are two principal motifs in Gregory’s sermon on the Nativity of Christ: ‘The present festival is the Theophany or Nativity, for it is called both, two titles being given to the one thing. For God was manifested to man by birth… The name Theophany is given to it in reference to His manifestation, and that of Nativity in respect of His birth. This is our present festival; it is this which we are celebrating today, the coming of God to man, that we might go forth, or rather… that we might go back to God—that putting off the old man, we might put on the new; and that as we died in Adam, so we might live in Christ, being born with Christ and crucified with Him and buried with Him and rising with Him.’
Gregory calls the Nativity of Christ a feast of ‘re-creation’, a mysterious ‘second communion’ of God with humankind. The history of humanity began with its creation by God, but its salvation began with the Incarnation of God. The main part of Gregory’s sermon contains a narration of the biblical history from the creation of the world to the coming of Christ on earth. Gregory also retells Jesus Christ’s biography; when speaking of particular events from it, he calls them ‘mysteries’, in that each one is concerned with the salvation of the world: ‘A little later on you will see Jesus submitting himself to be purified in the River Jordan for my Purification, or rather, sanctifying the waters by His Purification—for indeed He Who takes away the sin of the world had no need of purification (John 1:29)—and the heavens cleft asunder (Mark 1:10), and a witness was borne to him by the Spirit That is of one nature with Him; you shall see Him tempted and conquering and served by angels, and healing every sickness and every disease, and giving life to the dead… and driving out demons, sometimes Himself, sometimes through his disciples; and feeding vast multitudes with a few loaves; and walking dryshod upon seas; and being betrayed and crucified, and crucifying with Himself my sin; offered as a Lamb, and offering as a Priest; as a Man buried in the grave, and as God rising again; and then ascending, and to come again in His own glory. Why what a multitude of high festivals there are in each of the mysteries of the Christ; all of which have one completion, namely, my perfection and return to the primordial state of Adam.
Gregory speaks here of the annual cycle of church feasts and of how in the course of a single liturgical year, the life of Jesus Christ passes before the eyes of the believers. Gregory has a deeply personal relationship with Jesus: he calls Him ‘my Jesus’, ‘my God’, ‘my King’. He regards each event from Christ’s life as his personal feast and is convinced that all these events have a direct link with his own salvation, regeneration and deification. In this way every ‘mystery’ in Christ’s life becomes an event in Gregory’s personal spiritual biography: his own experience is completely identified with the experience of the Church, whereby Christ’s life becomes the personal story of each individual believer.
Every church feast, according to Gregory, must be a new step on one’s way towards perfection, a new insight into the life and economy of Christ the Saviour. We must celebrate ‘not after the manner of a heathen festival, but after a godly sort; not after the way of the world, but in a fashion above the world’. Church feasts consist neither in arranging dances, nor in decorating streets, nor in rioting and drunkenness, nor in ‘making tabernacles for the belly of what belongs to debauchery’, but rather in coming to church and venerating Christ.
The main aim of all church feasts is to teach Christians to imitate Christ at every stage in their lives. Suffering falls to everybody’s lot, but Christ’s life also consisted of suffering, from His flight to Egypt till His death on the cross. Suffering and death brought Christ to resurrection and glory. The same is true for the believer. If he imitates Christ in good deeds and ascetic struggle, if he suffers and is crucified together with Christ, this becomes for him a path towards deification. Having passed together with Christ through all of the stages on His way to the cross, Christians rise together with Him and enter the Kingdom of Heaven: ‘It is a grand thing to share the exile of the persecuted Christ. If He tarry long in Egypt, call Him out of Egypt by a reverent worship of Him there. Travel without fault through every stage and faculty of the Life of Christ. Be purified; be circumcised (Deut. 10:16); strip off the veil which has covered you from your birth. After this teach in the Temple, and drive out the sacrilegious traders. Submit to stoning if need be, for you will be hidden from those who cast the stones; you will escape even through the midst of them, like God. If you be brought before Herod, answer not for the most part. He will respect your silence more than most people’s long speeches. If you be scourged, ask for what they leave out. Taste gall for the taste’s sake; drink vinegar (cf. Matt. 27:48); seek for spittings; accept blows, be crowned with thorns, that is, with the hardness of the godly life; put on the purple robe, take the reed in hand, and receive mock worship from those who mock at the truth; lastly, be crucified with Him, and share His death and burial gladly, that you may rise with Him, and be glorified with Him and reign with Him. Look at and be looked at by the Great God, Who in Trinity is worshipped and glorified…’
From the book Vie et doctrine de saint Grégoire le Théologien (to be published in French by Les éditions de l'Institut Saint-Serge, Paris ).
Weihnachtsbotschaft des Patriarchen von Moskau und der ganzen Rus’ Aleksij II. an die Bischöfe, den Seelsorgeklerus, die Angehörigen des monastischen Standes und allen Söhnen und Töchtern der Russischen Orthodoxen Kirche, 2004/2005
Dein Kommen, Christus, Gott, hat uns das Licht erstrahlen lassen;
Du, Licht vom Licht, Glanz des Vaters,
hast die Schöpfung erleuchtet, jeder Odem lobt Dich.
Bild der Herrlichkeit des Vaters, der Du bist und vorher warst
und aus der Jungfrau erstrahlt bist, Gott, erbarme Dich unser.
Stichira zu „Herr, ich rief zu Dir“ zum Fest Christi Geburt
Im Herrn geliebte hochgeweihte Bischöfe, hochwürdige Priester der Kirche, Diener Gottes im Diakons- und Mönchsstand, liebe Brüder und Schwestern in Christus Jesus!
Heute verherrlichen wir wiederum das in Bethlehem geborene Göttliche Kind. „Gott ist mit uns!“ – ruft die Heilige Kirche aus – „Die Menschen, die in der Finsternis wandeln, haben ein großes Licht gesehen; euch, die ihr im Land und Schatten des Todes lebt, erstrahlt ein Licht; denn ein Kind wurde für uns geboren und uns geschenkt, denn Gott ist mit uns.“ Vom Himmel herabgestiegen, hat Sich der Herr den Menschen gezeigt, um die menschlichen Leiden und Unvollkommenheiten zu heilen, die durch die Sünde verdunkelten Seelen durch Sein abendloses Licht zu erleuchten und im Himmelreich das ewige Leben zu schenken!
Wir Christen glauben und wissen: Das Kommen Christi, des Erlösers, in die Welt hat das menschliche Leben und unsere Natur selbst radikal verändert. Wir sind nicht mehr Sklaven der Sünde, sondern freie Diener Gottes. Wir fürchten uns nicht mehr vor den stürmischen Elementen unseres Lebensmeeres, denn wir haben einen sicheren Hafen im Reich Christi. Wir sind in dieser Welt nicht mehr allein, denn mit uns ist Gott, der uns helfend Seine Hand reicht.
All das ist uns zum Fest Christi Geburt geschenkt. Aber mit dieser kostbaren Gabe kann jeder auf seine Art umgehen, denn dem Menschen ist die Willensfreiheit gegeben, und sogar der Allmächtige Gott verletzt sie nicht. Wir können diese Gabe – wie das in der Erde vergrabene Talent im Evangelium – verstecken, wir können sie in der Eitelkeit des Alltags mit all seinen Nöten und Sorgen vergessen, aber wir können sie auch vermehren, indem wir unsere Tage durch die Askese des Gebetes, durch aufrichtige Liebe zu Gott und den Nächsten, durch die Erfüllung der Gebote des Evangeliums und durch die Teilnahme am Leben der Heiligen Mutter Kirche erhellen. Und dann werden wir sehen, wie zusammen mit unserer Seele sich auch das Leben um uns ändert, wie unsere Umwelt hell und verklärt wird.
Frohes Anvertrauen unseres ganzen Lebens an die Göttliche Vorsehung, immerwährender und inniger Dank an Gott und aus der Tiefe unserer Seele kommendes Gebet – das sind die Gaben, die wir – wie die Weisen der Bibel – unserem Erlöser darbringen sollen. Wie der hl. Bischof Tichon Zadonskij sagt: Der Herr „… neigt sich zu demütigem Bitten. Er neigt sich auch zu unserer Demut; fallen wir nur vor Ihm nieder wie die weisen Magier, fallen wir vor Ihm nieder, der nicht mehr in Windeln gewickelt ist, sondern mit dem Vater und dem Geist auf dem Thron der Herrlichkeit sitzt. Statt Gold, Weihrauch und Myrrhe wollen wir Ihm unser zerknirschtes und demütiges Bitten darbringen….“.
Der Christ ist zur Vollkommenheit berufen, da er an Gottes Vollkommenheit teilhaben soll (Mt 5,48). „Gott ist mit uns“ bedeutet auch, dass wir in der spirituell durstenden und aufgewühlten Welt ein Vorbild des Glaubens, der Hoffnung und der Liebe sein sollen. Mit uns ist Gott – möge Er durch uns auch überall wirken, wo Menschen der Hilfe durch Wort und Tat bedürfen.
Das vergangene Jahr war für unser Land kein leichtes. Terroristen, die in ihrem gottwidrigen Wahnsinn alles Heilige zertreten, haben ihre Hand gegen Kinder erhoben. Der Untergang unschuldiger Opfer wurde zu unserem gemeinsamen Leid und erfüllte jedes Herz mit Gram und Schmerz. Aber gleichzeitig zeigte diese furchtbare Tragödie, dass die moralischen Ideale in unserem Volk lebendig sind: Angesichts des Todes erwiesen zahlreiche Menschen eine höchst vorbildliche aufopfernde Liebe zu den Nächsten, indem sie ihr Leben für ihre Freunde hingaben (Joh 15,13).
Ohne starken Glauben an Gottes Vorsehung, die jeden Menschen und ganze Völker zum Heil führt, ist es unmöglich, den Mut auch unter schweren Umständen zu bewahren. Der Herr möge uns helfen, mit Würde und Geduld die Erprobungen zu ertragen, die uns getroffen haben. Wir müssen aus der Jahrhunderte währenden Geschichte unserer Heimat, die uns Standhaftigkeit und Mut lehrt, Kraft schöpfen. Eine derartige beflügelnde historische Lehre ist für uns die Schlacht vom Schnepfenfeld, deren 625-jähriges Jubiläum im neuen Jahr 2005 begangen wird. Dieses Datum wird von unserer Kirche ausgedehnt gefeiert werden. Feierlichkeiten werden auf dem Schnepfenfeld, in Kolomna, im vom heiligen rechtgläubigen Fürsten Dimitrij vom Don gegründeten Nikolo-Ugreschkij-Kloster und an anderen Orten stattfinden, die mit diesem großen, den Lauf der russischen Geschichte verändernden Gefecht verbunden sind. Das Gedächtnis solch bemerkenswerter Ereignisse hat eine hervorragende Bedeutung. Die junge Generation soll die lebendige ungebrochene Verbindung zu der viele Jahrhunderte währenden Geschichte ihres Vaterlandes fühlen.
Damals vor mehr als sechs Jahrhunderten begann die Befreiung der Rus’ mit dem Gebet des großen gottgefälligen Heiligen Sergius von Radonezh und seinen geistlichen Mitstreitern; dieses Gebet wurde durch das Gebet des ganzen Volkes verstärkt, nach welchem durch die Fürbitte der Himmlischen Königin die Rettung kam. Auch wir wollen beten und hoffen, dass uns durch das Erbarmen Gottes, durch das Wirken Seiner allreinigenden Gnade Kraft geschenkt werde, das Böse zu überwinden, das sich gegen uns erhebt.
Wenn wir den auf Erden geborenen Erlöser der Welt verherrlichen, wollen wir dessen eingedenk sein, dass der Herr, der immer mit Seiner Kirche ist, uns auch viele geistliche Freuden schenkt. Das kirchliche Leben ersteht von neuem. Immer mehr Menschen – junge, aktive, kraftvolle – beginnen sich auf dem Arbeitsfeld Christi zu engagieren. Orthodoxe Heiligtümer kehren nach langen Irrfahrten in die Heimat zurück. Im vergangenen Jahr kehrte die wundertätige Mutter-Gottes-Ikone von Tichwin nach Russland zurück. Der Herr gewährte es mir, dieses heilige Bild in Moskau in Empfang zu nehmen und dem Mariä-Entschlafungs-Kloster in der alten Stadt Tichwin zurückzuerstatten. Wie viel Glauben an die Fürbitte der Mutter Gottes haben wir bei den Zehntausenden Gläubigen gesehen, die gekommen sind, um dieses Heiligtum zu verehren! Unter den zu uns zurückgekehrten Heiligtümern war auch ein verehrtes Abbild der Mutter-Gottes-Ikone von Kazan, das sich lange Jahre außerhalb unseres Vaterlandes befunden hatte.
Einen Besuch statteten uns die Reliquien der ehrwürdigen Märtyrerinnen, der Großfürstin Elisaveta und der Nonne Varvara, ab. Die Überführung der Reliquien der gottgefälligen Heiligen war die erste gemeinsame Unternehmung des Moskauer Patriarchats und der Russischen Auslandskirche, ein bemerkenswerter Meilenstein auf dem Weg zurr Überwindung der Spaltungen. Unsere Kirche beging in feierlicher Weise den 250. Geburtstag des ehrwürdigen Serafim von Sarov, des Sehers der Wiedergeburt der Heiligen Rus’.
Das in Moskau abgehaltene Bischofskonzil, das die erste Bilanz des Lebens der Russischen Orthodoxen Kirche zu Beginn des 21. Jahrhunderts und des dritten Jahrtausends seit Christi Geburt zog, bezeugte die Fortschritte der kirchlichen Wiedergeburt. Das Konzil konstatierte positive Veränderungen in vielen Sphären des kirchlichen Dienstes und bestimmte die Aufgaben für die nächste Zukunft. Als Hauptaufgabe wurde die Festigung der Einheit der Kirche Christi bezeichnet, die für ein starkes Zeugnis von der Wahrheit der Heiligen Orthodoxie nötig ist, jener heiligen Gabe, die uns der Herr selbst anvertraut hat.
Ich danke dem Herrn dafür, dass Er mich gewürdigt hat, mein großes Lebensjubiläum zu erleben, meinen 75. Geburtstag, der im vorigen Jahr gefeiert wurde. Ich danke den Bischöfen, Seelsorgern, den Angehörigen des monastischen Standes und meinen geliebten Gläubigen, deren Hilfe und Unterstützung im Gebet ich im Laufe aller Jahre meines Dienstes als Patriarch ständig gewahr werde.
Geliebte Brüder und Schwestern! Zum Fest Christi Geburt beglückwünsche ich Sie alle immer wieder von neuem! Gott ist mit uns, und wir wollen unter Seiner Führung auf dem Weg gehen, der in Sein ewiges Reich führt.
Ich sende meinen herzlichen Glückwunsch aus Anlass des Neuen Jahres allen Christen unseres Planeten, den Menschen der verschiedenen Religionen und Überzeugungen. Wir wollen gemeinsam für den Frieden und das Wohlergehen unserer Völker arbeiten. Wir wollen der Worte des heiligen Apostels Paulus eingedenk sein: „Not und Bedrängnis wird jeden Menschen treffen, der das Böse tut …. Herrlichkeit, Ehre und Friede werden jedem zuteil, der das Gute tut…“ (Röm 2,9-10)
Der Herr möge allen Menschen Ruhe und Freude, Brüderlichkeit und Tugend, Weisheit und Hoffnung herabsenden!
Der Segen des auf die Erde gekommenen, „für uns und zu unserem Heil Mensch“ gewordenen Herrn und Erlösers sei mit euch allen. Amen.
Übersetzung aus dem Russischen: DDr. Johann Krammer
Weihnachtsbotschaft des Bischofs von Wien und Österreich Hilarion, an die hochwürdigen Seelsorger und die gottgeliebten Gläubigen der Diözese der Russischen Orthodoxen Kirche von Wien und Österreich, 2004/2005
In Gott geliebte Väter, Brüder und Schwestern!
Von neuem feiern wir das große und lichte Fest der Geburt Christi. Von neuem erstrahlt für uns das heilbringende Licht des Sterns von Bethlehem, das die Welt erleuchtet und uns den Weg ins Himmelreich weist. Von neuem feiern wir die Geburt Christi – des vollkommenen Gottes und des vollkommenen Menschen, in allem Gott dem Vater gleich und in allem uns gleich außer in der Sünde.
Das große Wunder der Menschwerdung Gottes besteht darin, dass es in der Geschichte einmal geschah, sich aber in jedem Menschen erneuert, der zu Christus kommt. Im tiefen Schweigen der Nacht wurde das Wort Gottes Fleisch in der Welt: So wird Es auch Fleisch in den stillen Tiefen unserer Seele – dort, wo der Verstand verstummt, wo die Worte versiegen, wo der Geist des Menschen vor Gott steht.
Christus wurde in der Welt unbekannt und unerkannt geboren, und nur die Weisen und Hirten kamen zu Ihm zusammen mit den Engeln: So still und von den anderen unbemerkt wird Christus auch in der menschlichen Seele geboren, und sie geht Ihm entgegen, weil in ihr der Stern erstrahlt, der zum Licht führt.
Im Gebet begegnen wir Christus in geheimnisvoller Weise, wenn wir feststellen, dass unser Gebet angenommen und erhört wurde, dass Gott zu uns „gekommen ist und Wohnung in uns genommen“ und uns mit Seiner lebensspendenden Gegenwart erfüllt hat. Wir begegnen Christus in der Eucharistie, wenn wir nach dem Empfang des Leibes und Blutes Christi fühlen, dass unser eigener Leib von Seiner göttlichen Energie durchströmt wird und dass in unseren Adern Gottes Blut fließt. Wir begegnen Christus in den anderen Sakramenten der Kirche, wenn wir durch unsere Berührung mit Ihm erneuert und belebt werden für das ewige Leben. Wir begegnen Christus in unseren Nächsten, wenn sich ein Mensch für uns öffnet und wir bis in sein verborgenstes Inneres sehen können, wo das Bild Gottes strahlt. Wir begegnen Christus in unserem alltäglichen Leben, wenn wir inmitten des Lärms Seine einladende Stimme hören oder wenn wir Sein offensichtliches und plötzliches Einwirken auf den Gang der Geschichte sehen.
Ebenso plötzlich und unerwartet brach Gott vor 20 Jahrhunderten in das Leben der Menschheit ein, als Er durch Seine Geburt den gesamten Lauf der Geschichte umwandelte. Ebenso wird Er immer wieder in den Seelen von Tausenden Menschen geboren und verändert, verwandelt und verklärt ihr ganzes Leben, indem Er aus Ungläubigen Gläubige macht, aus Sündern Heilige und aus Verlorenen Gerettete.
Wir verherrlichen unseren Herrn Jesus Christus nicht nur als unseren Gott und Erlöser, sondern auch als unseren Freund und Bruder. Denn wenn auch viele Religionen dem Menschen versprechen, dass er in dieser oder jener Form Gott näher kommen kann, erlaubt dem Menschen keine andere Religion als das Christentum, Gott so nahe zu kommen, mit Ihm so ebenbürtig zu werden, mit Ihm eine solch feste und unzertrennliche Freundschaft einzugehen.
„Ihr seid meine Freunde, wenn ihr tut, was ich euch auftrage. Ich nenne euch nicht mehr Knechte; … vielmehr habe ich euch Freunde genannt“, sagt der Herr Jesus Christus (Joh. 15,14-15). Und der heilige Simeon der neue Theologe stellt fest, dass wir durch die Menschwerdung des Sohnes Gottes zu Söhnen Gottes des Vaters und zu Brüdern Christi geworden sind. Dies bedeutet, dass wir von Gott als Söhne und Töchter angenommen werden, Seine Freunde sowie Brüder und Schwestern Seines eingeborenen Sohnes werden, wenn wir Gottes Gebote befolgen, gute Taten tun und uns nicht nur Christen nennen, sondern auch wahrhaft solche sind.
Geliebte! Wenn wir uns über die Geburt des Erlösers in der Welt freuen, so teilen wir diese Freude mit den uns Nahestehenden, besonders mit denen, die in Not sind, einsam sind und leiden. Der Herr ist barmherzig zu uns, seien auch wir barmherzig zu den anderen. Der Herr liebt uns, lieben auch wir gemäß Seinem Gebot unsere Nächsten. Der Herr hat Sich selbst zu unserem Heil zum Opfer dargebracht, opfern auch wir uns für unsere Nächsten auf. Dafür hat Er uns auch in Seine Heilige Kirche berufen, damit Seine Größe durch unsere guten Taten offenbar werde.
Ich beglückwünsche euch alle, meine Lieben, die ihr in Österreich zerstreut seid, alle, die heute in Wien, Graz. Linz und anderen Städten Österreichs den neugeborenen Erlöser verherrlichen. Der Feier der Geburt Christi möge zu einem Fest der Geburt Christi in unseren Seelen und unserer Wiedergeburt in Christus werden. Möge in jeder Familie und in jedem Herzen das heilbringende Licht des Glaubens erstrahlen und die Freude über die Ankunft des Herrn in der Welt jedes Haus erfüllen.
Der Segen des Herrn komme auf euch, durch Seine Gnade und Menschenliebe, jetzt und immerdar und von Ewigkeit zu Ewigkeit.
Übersetzung aus dem Russischen: Erzdiakon Viktor Schilowsky