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Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Russian Orthodox Church
Representation to the European Institutions

Eglise Orthodoxe Russe
Representation pres les Institutions Europeennes
Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Europaica Bulletin
No 89 (March 06, 2006)

En français:
Le patriarche Alexis a reçu le Commissaire du Conseil de l’Europe aux droits de l’homme, M. A. Gil-Roblès, et son successeur, M. T. Hammarberg
Le patriarche Alexis réaffirme son adhésion totale au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat
Evêque Hilarion Alfeyev: Que signifie pour les orthodoxes l’abandon par le pape du titre de «patriarche d’Occident»?

In English:
Bishop Hilarion Alfeyev: Pope’s Title “Patriarch of the West” Removed. What Does It Mean for the Orthodox?

Auf Deutsch:
Der Präsident der Russischen Föderation V. V. Putin besuchte die Mariä-Entschlafungskathedrale in Budapest


Le patriarche Alexis a reçu le Commissaire du Conseil de l’Europe aux droits de l’homme, M. A. Gil-Roblès, et son successeur, M. T. Hammarberg

Le 28 février 2005 dans sa résidence au monastère Danilov à Moscou le patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie a reçu le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, M. Alvaro Gil-Roblès, et son successeur, M. Thomas Hammarber, qui accèdera à ses nouvelles fonctions à partir du 1er avril de cette année. A la rencontre ont pris part également le prêtre Vsevolod Tchaplin, vice-président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, et l’higoumène Philarète Boulekov, représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès du Conseil de l’Europe.

Le patriarche Alexis a souligné l’attention avec laquelle l’Eglise orthodoxe russe suit l’activité, jugée efficace, du Conseil de l’Europe dans le domaine de la défense des droits de l’homme. «De son côté, a affirmé le patriarche, l’Eglise orthodoxe russe a toujours eu un grand intérêt aux droits et à la dignité de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Notre Eglise désire apporter sa contribution active au renforcement des fondements spirituels de la collaboration entre les peuples de l’Europe, d’une part, par l’intermédiaire de ses fidèles habitants dans de nombreux pays et, d’autre part, au moyen d’un dialogue direct avec avec les organisations européennes».

Le patriarche Alexis a salué l’initiative de M. Gil-Roblès d’accorder un statut consultatif aux représentations religieuses auprès du Conseil de l’Europe. «Nous espérons, dit-il, que notre Eglise aura la possibilité de devenir un partenaire du Conseil de l’Europe».

Le commissaire Gil-Roblès a, de son côté, remercié l’Eglise russe pour le soutien qu’elle apporte au dialogue des Eglises avec le Conseil de l’Europe. Il a souligné également que le principe de la laïcité des Etats ne doit pas signifier une ignorance en matière des affaires religieuses.


Le patriarche Alexis réaffirme son adhésion totale au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat

Dans l’interview accordée à la revue annuelle «Primat» et destinée à dresser le bilan de l’année 2005 le patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie a commenté la question des «contacts politiques» de l’Eglise orthodoxe russe. Il a, premièrement, décliné toutes les accusations de fusion avec l’Etat et a réaffirmé sa totale adhésion au principe stricte de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ce n’est qu’en observant ce principe que l’Eglise russe restera, selon son primat, fidèle à sa vocation et ne se transformera pas en un appareil d’Etat.

Le patriarche Alexis a souligné que la préservation du statut autonome de l’Eglise russe lui permettra d’évaluer librement les processus qui se déroulent dans la société à partir des «positions éthiques qui ont été définies par le Seigneur lui-même». Dans un cas contraire, l’Eglise perdrait la possibilité «d’élever en toute liberté sa voix de contestation si l’Etat portait atteinte à ses principes», ce qui serait inadmissible.

Le patriarche a caractérisé les relations établies aujourd’hui entre l’Eglise russe et l’Etat comme «respectueuses et d’égal à égal»; dans certains domaines il s’agit d’un partenariat. Cela concerne particulièrement l’éducation spirituelle, la bienfaisance, le soin des pauvres et la sauvegarde du patrimoine culturel.

En commentant le fait que les rencontres entre les autorités et la hiérarchie ecclésiale se multiplient, le patriarche Alexis a affirmé: «Souvent les fonctionnaires sont confrontés à des malentendus dans les relations avec l’Eglise. Les rencontres permettent de clarifier ces rapports et de résoudre les questions qui concernent la vie des diocèses».


Evêque Hilarion Alfeyev: Que signifie pour les orthodoxes l’abandon par le pape du titre de «patriarche d’Occident»?

Récemment la presse a annoncé que la nouvelle version de Annuario pontificio pour l’année 2006 omettra un des neuf titres du pape, celui de «patriarche d’Occident». De cette façon le pape sera désigné dans l’avenir comme «évêque de Rome, vicaire de Jésus-Christ, successeur du prince des apôtres, souverain pontife de l’Eglise universelle, primat d’Italie, archevêque-métropolite de la province romaine, souverain de l’Etat de la Cité du Vatican et le serviteur des serviteurs de Dieu».

Certains ont vu dans cet abandon du titre de patriarche d’Occident un signe du désir du pape d’améliorer les relations avec l'Eglise orthodoxe. Cependant, il reste mystérieux de quelle façon la suppression de ce titre peut améliorer les relations du siège de Rome avec les orthodoxes. Bien au contraire, ce geste peut être interprété comme une preuve des prétensions de plus en plus croissantes de l’évêque de Rome à la primatie universelle, bien soulignée dans les titres conservés.

A l’époque byzantine il existait quatre patriarcats orientaux : Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem. Le patriarcat de Rome était considéré comme le premier parmi les égaux; c’est en premier lieu que l’évêque de Rome était cité dans les dyptiques orientaux jusqu’en 1054. Ainsi, tandis qu’en Occident il n’y avait qu’un seul patriarcat, en Orient il y en avait quatre. Ensemble, les patriarcats d’Occident et d’Orient formaient ce qu’on appelle la «pentarchie».

De tous les titres du pape le plus acceptable pour les orthodoxes est celui de l’évêque de Rome. Les titres d’archevêque-métropolite de la province romaine et de primat d’Italie sont également reconnus par les Eglises orthodoxes. Ces trois désignations pourraient tout à fait être celles du pape si la communion devait être rétablie entre l’Orient et l’Occident. Dans ce cas le pape serait considéré aussi comme le patriarche d’Occident, c’est-à-dire le chef des chrétiens qui ne relèvent pas de la juridiction des patriarches orientaux.

Le modèle éventuel de l’unité entre l’Orient et l’Occident sera étudié par la Commission mixte internationale catholique-orthodoxe qui se réunira après six ans de pause en Serbie en automne 2006. Bien entendu, ce modèle aura un caractère hypothétique, car il existe encore de nombreux obstacles d’ordre dogmatique et ecclésiologique à élucider. Toutefois, les théologiens orthodoxes cosidèrent comme le principal et le plus grand obstacle à l’unité la doctrine latine de l’autorité universelle de l’évêque de Rome. Ce problème sera le premier à l’ordre du jour du travail de la Commission mixte.

Dans ce contexte les titres les plus inacceptables et même scandaleux de l’évêque de Rome sont ceux qui soulignent sa prétension à la juridiction universelle: vicaire de Jésus-Christ, successeur du prince des apôtres et souverain pontife de l’Eglise universelle.

Selon le point de vue orthodoxe, il n’y a pas et il ne peut y avoir de vicaire unique du Christ sur la terre. Le titre de successeur de l’apôtre Pierre a été utilisé par Rome dans un sens déformé, signifiant la soumission de toute l’Egluse universelle au siège romain. Le titre de souverain pontife (pontifex maximus) a été porté par les empereurs païens de Rome. L’empereur Constantin n’y a pas renoncé en devenant chrétien. Dans le cas de l’évêque de Rome le titre de souverain pontife de l’Eglise universelle une fois de plus renvoie à sa prétendue autorité universelle qu’aucune Eglise orthodoxe n’a jamais reconnue et ne peut reconnaître. Si le pape voulait faire un geste ou donner un signe aux orthodoxes, comme il le promettait dès son premier discours en tant qu’évêque de Rome, c’est au titre de souverain pontife qu’il aurait dû renoncer.

Espérons que le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens donnera une explication officielle de ce geste.


Bishop Hilarion Alfeyev: Pope’s Title “Patriarch of the West” Removed. What Does It Mean for the Orthodox?

The mass media reported that in the new edition of the “Annuario Pontificio” for 2006 the pope’s title “Patriarch of the West” has been dropped. Now the official list of titles includes: “bishop of Rome, vicar of Jesus Christ, successor of the prince of the apostles, supreme pontiff of the Universal Church, Primate of Italy, archbishop and metropolitan of the Roman Province, sovereign of the State of the Vatican City, servant of the servants of God”.

Some analysts saw in this omission the desire to improve the relations with the Orthodox Church. The former prefect of the Congregation for the Oriental Churches, Cardinal Achille Silvestrini is reported to have said that the deletion was a “sign of ecumenical sensitivity” on the part of Pope Benedict. The cardinal said that in the past some people used the title to provoke negative comparisons between the claims of universal jurisdiction by the worldwide “Patriarchate of the West” and the more restricted size and jurisdiction of the traditional Orthodox patriarchates. According to the cardinal, the pope’s gesture “is meant to stimulate the ecumenical journey.”

However, it is not at all clear how the removal of the title could possibly ameliorate Catholic-Orthodox relations. It seems that the omission of the title “Patriarch of the West” is meant to confirm the claim to universal church jurisdiction that is reflected in the pope’s other titles, and if the Orthodox reaction to the gesture will not be positive, it should not be a surprise.

In the Byzantine epoch there were four Eastern Patriarchates: of Constantinople, of Alexandria, of Antioch, and of Jerusalem. The Patriarchate of Rome was considered as “first among equal” in the diptychs up until 1054, when the ecclesiastical relations between East and West were interrupted. Thus, in the West, there was only one Patriarchate of Rome, while in the East there were four Patriarchates. The Patriarchate of the West together with the four Eastern Patriarchates constituted the so-called “pentarchy”.

It is the title “bishop of Rome” that remains then most acceptable for the Orthodox Churches, since it points to the pope’s role as diocesan bishop of the city of Rome. The title “archbishop and metropolitan of the Roman Province” shows that the pope’s jurisdiction includes not only the city of Rome, but also the province. The title “primate of Italy” indicates that the Bishop of Rome is “first among equals” among the bishops of Italy, i.e., using Orthodox language, primate of a Local Church. With this understanding, neither of the three titles would pose any problem for the Orthodox in case of the re-establishment of the Eucharistic communion between East and West.

In this case the pope of Rome could also be considered as the “Patriarch of the West”, i.e. the spiritual leader of all those Christians who do not belong to the ancient “Eastern Patriarchates” or to those Local Orthodox Churches that appeared in the second millennium.

The model of church unity between East and West will be discussed by the Mixed Catholic-Orthodox Theological Commission that will meet after a six-year break in the fall of 2006. It is clear that this model will be hypothetic, since there remain many obstacles, both of dogmatic and of ecclesiological character, for the restoration of the full communion. However, the main obstacle to unity, according to many Orthodox theologians, is the teaching on the primacy of the Bishop of Rome. It is this teaching that will be discussed in the framework of the Mixed Commission.

In this context unacceptable and even scandalous, from the Orthodox point of view, are precisely those titles that remain in the list, i.e. Vicar of Jesus Christ, Successor of the Prince of the Apostles, Supreme Pontiff of the Universal Church.

According to the Orthodox teaching, Christ has no “vicar” who would govern the universal Church in his name.

The title “successor of the prince of the apostles” refers to the Roman Catholic teaching on the primacy of Peter that was passed on to the Bishop of Rome and that submitted to him the universal Church. This teaching has been criticized in Orthodox polemical literature from Byzantine time onwards.

The title “supreme pontiff” (pontifex maximus) originally belonged to the pagan emperors of Rome. It was not rejected by Emperor Constantine when he converted to Christianity. With relation to the pope of Rome the title “supreme pontiff of the Universal Church” points to the pope’s universal jurisdiction which is not and will never be recognized by the Orthodox Churches. It is precisely this title that should have been dropped first, had the move been motivated by the quest for “ecumenical progress” and desire for amelioration of the Catholic-Orthodox relations.

It is to be hoped that the Pontifical Council for Promoting Christian Unity will publish an official comment on the removal of the title.


Der Präsident der Russischen Föderation V. V. Putin besuchte die Mariä-Entschlafungskathedrale in Budapest

Am 1. März 2006 besuchte der Präsident Russlands V. V. Putin zum Abschluss seines Staatsbesuchs in Ungarn die Mariä-Entschlafungskathedrale in Budapest.

Der Diözesanbischof der Diözese von Ungarn Hilarion, Bischof von Wien und Österreich und Vertreter der Russischen Orthodoxen Kirche bei den Europäischen Organisationen, begrüßte das Oberhaupt des russischen Staates am Eingang zur Kirche.

Bischof Hilarion stellte dem Präsidenten den Klerus der ungarischen orthodoxen Gemeinden vor: den Erzpriester Istvan Magyar, den Erzpriester Ioann Kadar, den Priester Nikolaj Kim, den Priester Michail Tarko und den Diakon Kirill Tatarka. Der bischöfliche Chor sang die Stichiren zu Ehren der russischen Heiligen.

Der Präsident begab sich in die Kathedrale, küsste die lokalen Ikonen und entzündete Kerzen. Danach wandte sich Bischof Hilarion mit einem Grußwort an ihn (Text des Grußwortes s. weiter unten).

Zum Andenken an den Besuch überreichte Bischof Hilarion V. V. Putin ein Kristallkreuz.

Nachdem der russische Präsident dem Bischof herzlich gedankt hatte, überreichte er als Gabe für die Mariä-Entschlafungskathedrale eine Kopie der Ikone der Gottesmutter von Tichvin.

Grußwort des Bischofs von Wien und Österreich Hilarion, des Leiters der Diözese von Ungarn und Vertreters der Russischen Orthodoxen Kirche bei den Europäischen Internationalen Organisationen an den Präsidenten der Russischen Föderation V. V. Putin während seines Besuches der Mariä-Entschlafungskathedrale in Budapest am 1. März 2006

Hochverehrter Valdimir Vladimirovič!

Ganz herzlich begrüße ich Sie in der Mariä-Entschlafungskathedrale – der Kathedralkirche der ungarischen Diözese des Moskauer Patriarchats.

Diese Kirche wurde Ende des XVIII. Jahrhunderts von Vertretern verschiedener ethnischer Gruppen, darunter Griechen, Makedonier-Walachen, Albanern und Ungarn erbaut. Seit ihrer Errichtung bis zur Hälfte des XX. Jahrhunderts befand sich die Kirche in der Jurisdiktion des serbischen Bischofs von Buda. Die Gottesdienste fanden in griechischer Sprache statt, obwohl die Gemeindemitglieder schon seit dem XIX. Jahrhundert diese Sprache immer weniger und weniger verstanden. In der ersten Hälfte des XX. Jahrhunderts war die Zahl der Mitglieder der Gemeinde so stark zurückgegangen, dass sie allem Anschein nach zum Aussterben verurteilt war, wenn sie nicht im Jahre 1949 in die Jurisdiktion des Moskauer Patriarchats übergetreten wäre.

Das Recht, die Gottesdienst in ungarischer Sprache abzuhalten, das der ungarischen Gemeinde vom Moskauer Patriarchat zugestanden wurde, eröffnete neue Möglichkeiten für sie. Alle wichtigen Texte der Gottesdienste wurden ins Ungarische übersetzt, es entstand eine eigene ungarische liturgische Tradition. Im Laufe der letzten fünfzig Jahre wuchs die Gemeinde bedeutend. Mitglieder der Gemeinde sind heute sowohl alteingesessene Ungarn, darunter auch Nachkommen der Gründer dieser Kirche, als auch Russen, Ukrainer und Vertreter anderer Nationalitäten.

Vor einigen Jahren erhob das Patriarchat von Konstantinopel einen Eigentumsanspruch auf die Kathedrale. Das Stadtgericht von Budapest, danach das Schiedsgericht und zuletzt das Oberste Gericht der Republik Ungarn wiesen die Klage des Patriarchats von Konstantinopel ab, da dieses niemals – weder zur Zeit der Österreichisch-Ungarischen Monarchie noch nach dem 1. Weltkrieg – die Kathedrale als Eigentum besessen hatte. Wir akzeptieren die gerechte Entscheidung der ungarischen Gerichtsinstanzen mit Genugtuung, gleichzeitig bedauern wir aber den Schaden, den die unbegründeten Ansprüche des Patriarchats von Konstantinopel der Einheit der Orthodoxen Kirchen in Ungarn zugefügt haben.

Verehrter Vladimir Vladimirovič! Unter den Gemeindemitgliedern der Russischen Orthodoxen Kirche in Ungarn sind Gläubige verschiedner Nationalitäten, und für alle ist die Begegnung mit Ihnen ein bedeutendes Ereignis. Aber besonders wichtig ist dieses Treffen für die russischen Gemeindemitglieder, die, obwohl sie auch in der Fremde leben, dennoch ihre Verbindung mit der Heimat bewahren und Sie als ihren Präsidenten schätzen. Für sie ist Ihr Besuch eine große moralische Stütze.

Erlauben Sie mir, Ihnen zum Abschluss Weisheit, Kraft, Geduld und Gesundheit zu wünschen. Der Herr möge Ihre Arbeit zum Wohle des russischen Volkes segnen und Sie auf viele gute Jahre erhalten.

Übersetzung aus dem Russischen: Erzdiakon Viktor Schilowsky



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